3 juillet 2014

Paludiers de Guérande, la charnière des années 90

Une rencontre ce WE avec des paludiers de Guérande, a permis de faire un retour sur des souvenirs professionnels, en l'occurrence les négociations dans les années 1989/1990 entre le Groupement des paludiers au sein de la coopérative et l'administration fiscale dans laquelle j'avais notamment en charge la fixation des bénéfices forfaitaires servant de base à l'impôt sur le revenu et surtout aux charges sociales. La question était cruciale pour au moins deux raisons : face à une année 1989 où la production de sel marin était le quadruple d'une année moyenne en raison de la grande sècheresse , la stricte application de la règle fiscale " récolte levée = récolte taxée" aurait conduit à multiplier par 4 les impôts et charges sociales et donc surimposer en fonction de la récolte, alors que les ventes et donc les revenus sont relativement stables d'une année sur l'autre.(  la consommation de sel est stable)


D'où un risque d'asphyxie financière des paludiers et une profession désertée. Qui, deuxième raison, se trouvaient dans une période charnière, quand le groupement coopératif mené par des hommes de grande qualité comme Charles Perraud, voulait affirmer la vocation et la viabilité économique du métier de paludier. Ils étaient sur le point d'obtenir le Label Rouge, signal très important donné aux consommateurs et excellente défense à l'égard des Salins du Midi ( quasi monopole du sel en France) qui voulaient "avoir la peau des paludiers". Le dilemme était le suivant :

Soit les paludiers étaient transformés en gardiens du paysage et du site, comme dans un parc à coups de subventions européennes ou autres, soit, on assurait et confirmait la viabilité économique de l'expoitation des marais salants, et par là même la vie économique et sociale de cette région.
Nous avons mené, je crois, des négociations responsables et équilibrés, conscients des enjeux qui ont abouti positivement, et ont été validées par la Direction Générale des Impôts. Ce qui s'est passé depuis 25 ans montre que nous avions raison et qu'une administration bien comprise peut participer  au développement économique.

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