17 février 2019

Le Grand Débat pour tous : contribution fiscale

Malgré ma dernière chronique (qui vise les concertations "à la nantaise") j'ai apporté ma contribution au Grand Débat national, sur les questions de fiscalité. Au-delà des réponses aux questions posées (et fermées) j'ai joins un  texte  sous le titre :

 Réforme fiscale : La suppression de la taxe d’habitation doit être citoyenne

Les fiscalistes ont coutume de dire que les bons impôts sont les  « impôts vieux ». L’impôt sur le revenu a été créé en 1907, la TVA en 1954 et les impôts locaux – taxes foncières et taxes d’habitation - ont pris ce nom en 1974, succédant à des taxes locales dont elles se sont inspirées.  Ce n’est pas une raison pour ne rien faire. 
Progrès ou non, aujourd’hui  la fiscalité est dans le débat public et tout un chacun reconstruit un système qui serait plus juste, plus équitable, en ayant si possible, un bon rendement. Deux constantes apparaissent le plus souvent : il faut augmenter la pression fiscale sur les « autres » et alléger celle qui nous  concerne. Les médias participent à cet état d’esprit  en parlant volontiers des « gagnants » ou des « perdants » de telle ou telle nouvelle disposition. Ainsi le citoyen est systématiquement rangé dans un groupe, une catégorie socio économique, où il est sommé, ou supposé, ne s’occuper que de son intérêt particulier
Eh bien, puisqu'il le faut, j’assume cette mutilation citoyenne et je considère que la suppression de la taxe d’habitation doit concerner l’ensemble des contribuables. 
La taxe d’habitation n’est pas un impôt sur le revenu, c’est un impôt lié à la disposition d’un logement. De même qu’il touche quasiment tous les Français, sa suppression doit concerner tous les Français. Si ce n’est pas le cas, et si l’on ne garde cet impôt que pour les « nantis », il en résultera au moins trois conséquences dommageables. D’une part le Conseil Constitutionnel ne validera pas une  décision non conforme à l’égalité de tous les citoyens devant l’impôt. D'autre part, garder une taxe d’habitation qui ne concernerait que 20 % des contribuables, c’est ouvrir la porte à une augmentation constante de la TH de la part des collectivités locales à la recherche de nouvelles ressources et qui n’aurait nullement le souci d’épargner une population réputée favorisée. Enfin une nouvelle fois, le pouvoir politique calerait devant une mesure fiscale positive qui concernerait l’ensemble de la nation, et non telle ou telle catégorie comme cela se pratique depuis trop d’années,  fissurant ainsi une cohésion nationale tellement mise à mal.   
Jean-Claude Charrier
Janvier 2019

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15 février 2019

Démocratie "Canada Dry"


Abonné à Médiacités Nantes je partage l'avis de Benjamin Peyrel co-fondateur de Médiacités concernant la démocratie participative locale

Démocratie "Canada Dry"
Bonjour,
Cette semaine, alors que la France s’est lancée dans un « Grand débat national » suite à la crise des gilets jaunes, Mediacités s’est intéressé à la manière dont se pratique la démocratie participative au niveau local. A Nantes, en l’occurrence, ville souvent citée en exemple sur le sujet. Qu’en ressort-il ? Que « ces procédures donnent le change plus qu’elles ne changent la donne », comme le notait la politiste Cécile Blatrix, en 2007. La formule reste d’actualité tant elle pointe avec acuité les limites du dialogue tel qu’on le pratique dans notre pays depuis plusieurs décennies. De "conseils de quartiers" en "ateliers citoyens", de "consultations" en - petits ou grands - "débats", dans l’immense majorité des cas la montagne consultative accouche d’une souris politique.

Pourquoi ? Entre autres multiples raisons, parce que les citoyens sont le plus souvent appelés à dialoguer selon des procédures soigneusement balisées, sur des sujets sans risques ou, en tout cas, jamais susceptibles de remettre en cause le fond des politiques menées. Et ce quelle que soit la couleur politique de la collectivité. En caricaturant à peine, on leur laisse le soin de choisir le nom de la piscine ou la couleur d’un mur, tandis qu’élus et techniciens continuent de définir la politique sportive ou celle en faveur des quartiers.

En demandant, par exemple, aux Français dans quel type de dépenses publiques ils préfèrent tailler (l’Education, l’Environnement, la Défense, etc), sans leur permettre d’exprimer au préalable ce qu’ils pensent de cette politique d’austérité, le volet numérique du Grand débat national ne déroge pas à cette règle. Et participe, à l’échelle nationale, au développement de cette « médiocratie » participative que décrit dans nos colonnes Guy Lorant, ancien directeur de la communication de la ville de Nantes.

Notre pays, nos régions, nos villes méritent mieux que cette démocratie « Canada Dry », qui en a la couleur et l’odeur, mais dissimule très mal son arrière-goût amer de communication. Nous méritons mieux. D’autant que les pistes et propositions pour une véritable participation, un dialogue utile, constructif et efficace, existent. Vous en trouverez de nombreux exemples au fil des pages de notre dossier « Soigner la démocratie ». Bonne lecture et bon week-end.
 
 – Benjamin Peyrel, Journaliste, co-fondateur de Mediacités

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6 février 2019

"Mur des cons" le tribunal correctionnel condamne le syndicat de la magistrature

Après beaucoup de controverses et de polémiques, le tribunal correctionnel de Paris a condamné l'ancienne présidente du syndicat de la magistrature à propos du " Mur des cons" Le Monde 2 février 2019.



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1 février 2019

NDDL et la presse nantaise à l'OMUP

C'est notre rendez-vous de vendredi prochain


Retour sur Notre-Dame-des-Landes et les médias, un an après, conférence débat de l’Observatoire des médias de l’université permanente, le 8 février 2019, avec la participation de journalistes nantais.

Un après la décision gouvernementale d’abandonner le projet de transfert de l’aéroport Nantes Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes, l’Observatoire des médias de l’université permanente de Nantes, propose de débattre avec des journalistes nantais qui ont suivi pendant des années ce dossier.
 Il s’agira d’examiner comment les médias locaux ont travaillé sur ce projet sensible, les rapports entretenus avec les différentes parties prenantes, les éventuelles difficultés d’informer, le poids de l’opinion, les actions de lobbying, les pressions éventuelles, et comment depuis un an, malgré les difficultés qui subsistent,  le dossier s’est dénoué.
Participeront à ce débat :
-         Dominique BLOYET rédacteur en chef adjoint de Presse Océan
-         Christophe JAUNET Journaliste à Ouest France Nantes, en charge de ce dossier,
-         Florence PAGNEUX correspondante régionale du quotidien La Croix.
Conférence débat vendredi 8 février 2019 de 14 h 30 à 16 h Amphi 400 Fac de pharmacie 9 rue Bias à Nantes
Accès 8 € pour les personnes non abonnées au cycle des conférences de l’Observatoire des médias.
Présentation : Patrice Saint André

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27 janvier 2019

Le "Je t'aime,moi non plus", de la presse et des Français


L'enquête annuel publiée dans La Croix sur les rapports entre les Français et les médias, montre cette année une nette dégradation de l'appréciation portée sur la qualité de l'information. La crise des gilets jaunes n'est pas étrangère à cette évolution puisque l'enquête a été menée dans cette période.Il y a là matière à une vraie autocritique des journalistes même s'il faut éviter de trop globaliser : tous les supports n'ont pas la même attitude et des quotidiens comme Ouest France, La Croix, et d'autres, ont un réel souci, de hiérarchie, d'analyse et de contrôle de l'information. Mais l'autocritique doit aussi concerner les usagers de l'information qui ne font pas toujours l'effort de sélectionner les bonnes sources, qui reprennent volontiers les "bobards" diffusés par les réseaux sociaux, et font parfois le grand écart entre ce qu'ils disent souhaiter, et leur pratique réelle. Bref beaucoup de sujets de réflexion dans cette mauvaise évolution.

https://www.la-croix.com/JournalV2/medias-sommes-remettre-question-2019-01-24-1100997626?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20190123&utm_campaign=newsletter__crx_subscriber&utm_term=448&PMID=ce9e1aa72d55e6594beb7e16fe54362c

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23 janvier 2019

Isabelle Veyrat Masson invitée de l'OMUP


Isabelle Veyrat-Masson historienne et sociologue des médias, sera l’invitée de l’Observatoire des médias de l’université permanente de Nantes le 25 janvier, sur le thème  Télévision et campagne électorale.

Isabelle Veyrat-Masson est  directrice de recherche au CNRS, directrice du laboratoire Communication et politique (Irisso-Paris-IX), enseignante à Sciences Po et à Paris-Sorbonne.  Elle intervient fréquemment dans les médias audiovisuels. Elle a publié de nombreux ouvrages notamment publié Histoire de la télévision française de 1935 à nos jours (avec Monique Sauvage, Nouveau Monde, 2012) et en 2018 La puissance des images : du Moyen-Age à nos jours (avec Christian Delporte) aux éditions Nouveau Monde Eds.

Isabelle Veyrat-Masson interviendra devant l’Observatoire des médias  de l’université permanente sur le thème Télévision et campagne électorale.


Vendredi 25 janvier  2019 Amphi 400 Fac de pharmacie 9 rue Bias De 14 h 30 à 16 h
Accès 8 € pour les personnes non abonnées à l’Observatoire des médias de l’université permanente
Présentation : Patrice Saint André



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L'optimisme malgré tout

Certaines réalités doivent être dites et redites dans le climat morose et pessimiste qui nous entoure.
le Point de vue exprimé dans Ouest France y contribue opportunément.


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16 janvier 2019

Bonnes nouvellles du jour

13 janvier 2019

Jean-Marie Charon : suite - L'incertitude

Absent ( pour la première fois depuis 2006) de la conférence de l'Observatoire des médias de l'université permanente le 11 janvier, je dois à l'efficacité et la rapidité des collègues de l'équipe d'animation, d'avoir le compte rendu de cette rencontre passionnante.


Conférence du 11 janvier 2019
Les mutations des médias d'information
Jean-Marie Charon, sociologue et spécialiste des médias
Ingénieur d'études au CNRS, enseignant à l'IEP de Rennes

Conférence présentée par Patrice Saint-André

Un mot clé, incertitude : incertitudes des technologies, incertitudes des usages et des nouveaux supports de lecture, incertitudes sur l’avenir de la presse écrite
Au moment où nous sommes, on ne peut pas dire qu’il y a un modèle dominant de journal tout internet malgré le succès de certains journaux électroniques comme Mediapart. A court terme radios et télévisions sont moins ébranlées que la presse écrite.

Techniquement le numérique ce sont les appareils où on lit mais le numérique intervient aussi dans la production et la diffusion de l’information. La technologie numérique est une technologie flexible qui s'adapte aux modes de traitement de l'information, à la publicité et à la diffusion.
Sociologiquement on observe une plus grande individualisation du journalisme : de rédactions à des auteurs individuels,  disparition de la presse populaire générale et développement des magazines de niche.

Trois facteurs expliquent les mutations des médias d'information

1 - La presse, depuis le XIXe siècle, reposait sur un modèle financé par ses lecteurs, la publicité et les petites annonces dont les « rentrées » permettaient une accessibilité plus large de la presse, le journal étant cofinancé (à 40 % en France par la publicité, jusqu’à 80 aux Etats-Unis).
La numérisation s’est attaquée dès le départ aux ressources publicitaires. Les annonces publicitaires migrent sur des sites, y compris de services comme météo France.
Mediamétrie comptabilise les audiences des sites en France. Ce mois-ci sont en tête Google, Facebook puis les sites de Microsoft. Ces sites n’ont pas que la diffusion, le volume, mais le recueil des données des lecteurs permettant de placer les publicités au bon moment. Ce couplage est impossible dans les médias traditionnels qui perdent ces ressources.

2 - A l’origine d’internet il y a des chercheurs et des gens issus de la contre culture pour lesquels l’information devait être gratuite. Quand elle est allée sur Internet, la presse écrite pouvait difficilement demander un abonnement et le financement par la publicité n’est pas suffisant.

3 - Engouement des jeunes pour les blogs et les réseaux sociaux. Pour les usages il y a aussi des ruptures. Nous, dans notre génération, nous avons notre bouquet de médias, alors que  les plus jeunes ont un mode de recherche horizontal sur les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux, accompagnés par leurs amis Facebook et leurs recommandations ou par les algorithmes des moteurs de recherche. Ils iront éventuellement sur des pages de médias mais pas spontanément.

Pour la presse écrite ces trois facteurs ont des conséquences, d’abord la chute vertigineuse de son chiffre d’affaires qui entraîne la nécessité de se réinventer dans les contenus et de se réorganiser dans l’urgence. Des journaux comme the Gardian ou le Monde ont des rédactions qui travaillent 24 heures sur 24 avec des bureaux sur plusieurs continents. Les effectifs de journalistes fondent – 30% en Espagne ou aux USA.
La presse tente d’être multisupports. Or selon le moment de la journée, le lieu  et l’outil  de lecture ( smartphone, tablette, ordinateur…) les façons de lire sont très différentes, d’autant que Facebook recule devant Instagram chez les Jeunes, ce qui induit des modifications comme la réduction des texte et le développement des images, fixes ou animées. Cette diversification formelle est à conduire en parallèle avec le métier traditionnel de journaliste, recouper et vérifier les informations, mener des investigations. Dans certains journaux on voit une séparation entre des « chasseurs », pourvoyeurs de contenus sans souci de la forme et des « éditeurs »,  qui les mettent en forme pour tel ou tel support ou âge et qui sont parfois responsables des interactions avec les lecteurs. Des expérimentations, comme un « Journalisme de solution » à Nice matin  pour orienter les sujets en fonction des attentes des lecteurs.

« Concevoir un même contenu sur tous les supports est une solution où on a tout faux ! »

Questions des auditeurs
Gilets jaunes et médias
Les gilets ont une vive défiance vis-à-vis des journalistes. Depuis 30 ans les chiffres du baromètre bougent peu, la défiance existe. La télévision est maintenant la plus critiquée, notamment BFM, chaîne d’information continue. En 2005 dans les banlieues il y avait déjà de l’agressivité. Les journalistes sont des « empêcheurs de penser en rond », face au simplisme ambiant.

Autrefois la lecture du journal instruisait, diffusait des connaissances mais maintenant de nombreux lecteurs sont au moins aussi compétents que les journalistes pour les sujets qu’ils connaissent ou pratiquent. Pour accepter de payer l’information il faut donc avoir de l’expertise.
La fonction des médias a changé. Ils étaient partagés et discutés dans des entourages de classe, syndicaux, religieux … maintenant on est plus isolé.

« Fakes news » ou infox  (terme de la récente loi): elles arrivent trop vite et beaucoup plus par les réseaux sociaux. Les rédactions  fragilisées ont du mal à vérifier. Le Factchecking c’était au départ une agence pour rédactions leur permettant de vérifier les faits. L’AFP a créé une structure.

Compte-rendu réalisé par Jean-Pierre Benoît et Patrice Saint-André (12-01-2019)

Jean-Marie Charon a publié une vingtaine d'ouvrages. Le dernier en 2018, Rédactions en invention, essai sur les mutations des médias d'information (éditions UPPR)


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9 janvier 2019

Jean-Marie CHARON invité de l'Observatoire des médias


Jean-Marie CHARON, sociologue spécialiste des médias, invité de l’Observatoire des médias de l’université permanente de Nantes le 11 janvier 2019 sur le thème Les mutations des médias d’information

Jean-Marie CHARON  est  sociologue, spécialisé dans l'étude des médias et du journalisme. Il est ingénieur d'études au CNRS, rattaché au Centre d'étude des mouvements sociaux (EHESS) et  enseignant à l’IEP de Rennes. Il est l’auteur de plus de vingt ouvrages et vient de publier chez UPPR Rédactions en inventions.


Dans son dernier essai Rédactions en inventions, essai sur les mutations des médias d’information ( UPPR Edit 2018) Jean-Marie Charon montre que dans ce paysage de l’information « en complet bouleversement » depuis deux décennies, les rédactions sont forcées de se réinventer dans un climat d’« incertitude ». Il leur faut s’adapter, anticiper, innover, redéfinir la relation avec le lecteur, sans négliger pour autant leur ligne éditoriale ni l’exigence accrue de qualité et de fiabilité.
Jean-Marie Charon  constate que l’information de flux, consistant à produire rapidement des nouvelles sans analyse ni perspective, n’a plus d’avenir, si ce n’est pour des médias bénéficiant déjà d’une audience massive. Pour les autres, un défi s’impose : monétiser auprès des publics une information « qui se démarquera, se distinguera de celle, redondante, partout disponible ».
Le sociologue constate que les rédactions « ont du mal à définir et expliciter les critères » d’une information à valeur ajoutée, seule susceptible de déclencher l’acte d’achat, mais qui suppose de « renforcer les organisations nécessaires à sa production ».
Pour s’adapter au numérique, beaucoup de rédactions anglo-saxonnes ont effacé la barrière entre le papier et le Web pour faire travailler d’un côté des « producteurs » qui vont chercher l’information, et de l’autre, des « éditeurs », qui la mettent en forme en fonction des supports (numérique et papier). Une telle évolution peut nécessiter, selon le chercheur, « des phases intermédiaires » : des « expérimentations » dans ces laboratoires que sont devenues les rédactions.

Vendredi 11 janvier  2019 Amphi 9 Fac de médecine De 14 h 30 à 16 h
Accès 8 € pour les personnes non abonnées à l’Observatoire des médias de l’université permanente
Présentation : Patrice Saint André

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31 décembre 2018

Réparer les vivants ..et lancer des ponts

Dans un récit très fort, qui porte le titre " Réparer les vivants",  Maylis de Kérangal suit pas à pas l'aventure d'une transplantation cardiaque d'un jeune surfeur mort subitement vers une personne plus âgée en attente de ce don. C'est une course haletante, millimétrée, qui montre l'extraordinaire mobilisation de tous les acteurs, médecins, chirurgiens, familles, équipes de transport et équipes médicales.
A une échelle - heureusement - plus modeste, je viens de faire l'expérience de la "réparation des vivants" dans ce même service de chirurgie thoracique et cardiaque du CHU de Nantes. C'est une opération "à l'ancienne", très courante - au moins 400 par an - intrusive, qui nécessite 8-10 jours d'hospitalisation, et qu'on appelle pontage. Ce dernier peut être simple, double, triple, quadruple voire quintuple. En l'occurrence, il s'agit de suppléer les rétrécissements des coronaires autour du coeur en créant des dérivations à partir de prélèvements faits sur son propre organisme. Les artères mammaires du thorax sont prises en priorité, puis, si nécessaire, les veines saphènes des jambes. Cette opération est donc un bel exemple de collaboration du chirurgien et du patient, puisque ce dernier apporte " les pièces détachées". Bien sûr cela nécessite de larges cicatrices à la poitrine et aux jambes qui font que " les pontés" se reconnaissent. Et du temps. Et la satisfaction pour un "transbordé nantais" comme moi de voir que tout cela est très efficace...
Ne pas perdre de vue que notre système de santé à un coût (2141, 52 € le tarif journalier d'hospitalisation complète, affiché dans la chambre)) mais aussi une grande efficacité, avec des agents disponibles 24/24 et 7/7. Le calendrier et les fêtes ne sont pas perdus de vue comme en témoigne le menu de Noël, publié ce même jour, que j'ai bien apprécié ! ( Pendant ce temps l'un des chirurgiens de service effectuait une double transplantation coeur-poumon).

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Menu de Noël CHU Nord

16 décembre 2018

Toucher à la fiscalité...

Emmanuel Macron fait l'expérience d'une "loi" fiscale à laquelle sont confrontés les gouvernants qui veulent faire bouger les lignes. Elle peut s'énoncer ainsi : si vous accordez une réduction d'impôts ou une réduction de taxes à une catégorie de contribuables, il est vain d'attendre de leur part une certaine reconnaissance ou un soupçon de gratitude. Nenni ! Cette mesure n'est que la réparation normale d'une grande injustice, ou une mesurette sans importance au regard de tout ce qui est prélevé à côté. A contrario, si vous augmentez une taxe pour un motif à priori justifié ou si vous effectuez un prélèvement  exceptionnel en raison de circonstances exceptionnelles, ou diminuer même de quelques euros un avantage "acquis", vous allez devoir affronter une levée de boucliers contre une injustice sans nom qui vous disqualifie définitivement. On peut en déduire que n'importe quelle disposition nouvelle en matière de fiscalité, fait beaucoup plus de mécontents que de contents, et n'est pas payante politiquement. Faut il alors désespérer de toute réforme fiscale ? je suis parfois incité à le penser. Un exemple flagrant : l'impossible réforme de la fiscalité locale depuis sa mise en place dans les années 70. Tous les projets de réformes mis en oeuvre depuis cette date pour avoir un système plus juste, plus équilibré, suivant l'évolution économique,  sur lesquels l'Administration a travaillé parfois très longtemps, ont tous échoués, le pouvoir politique refusant au dernier moment de courir un risque politique disproportionné. D'où ce dicton des fiscalistes chevronnés " Les seuls bons impôts sont les impôts vieux". Désespérant ? En tout cas je ne crois pas qu'on puisse bouleverser le système du jour au lendemain.

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12 décembre 2018

Les Vénézuéliens immigrent en masse au Pérou fuyant leur pays en ruine

Un ami d'enfance, prêtre à Lima au Pérou, expose à ses correspondants français ce qui se passe actuellement dans son pays d'adoption : l'arrivée massive de Vénézuéliens fuyant la dictature de Maduro.
"Je voudrais vous parler d’ un grand déplacement de population qui a atteint le Pérou, après la Colombie. Il s’ agit des Vénézuéliens qui arrivent en masse à Lima. Ils sont partout. Dans les bus à vendre des chaussons aux pommes. Dans  la rue comme vendeurs ambulants. Dans mon quartier il n’ y a plus une seule chambre à louer, les Vénézuéliens ont tout pris . Ils  s’ entassent là à cinq ou six, hommes et femmes. Dorment par terre. Bons catholiques ma paroisse a nettement augmenté en nombre depuis cinq mois… Le Pérou n’avait jamais connu ça, c’ était au contraire dans les années 90 les Péruviens qui émigraient au Venezuela à cause de la violence politique du Sentier Lumineux. Les migrants du Vénézuéla  au Pérou ont franchi la barre du demi million. Et ils continuent d’ arriver : venant de Colombie, ils passent par l’ Equateur et franchissent la frontière à Tumbes, une petite ville frontalière, qui n’ en peut plus. En Colombie ils sont un million 800.000. Les premiers sont apparus chez nous en mars de cette année. Certains jours d’ octobre à Tumbes dix mille par jour passaient la frontière. Le Pérou a trente millions d’ habitants, la France en a le double ; imaginez qu’ en France un million d’ étrangers débarquent en neuf mois. C’ est arrivé vers 1962 avec les Pieds Noirs (français !) qui quittaient l’ Algérie, mais c’ était le temps des trente glorieuses et le choc n’ a pas été trop dramatique
Que s’ est-il passé ? Qui sont-ils ? Pourquoi le Pérou ?

Il s’ est passé qu’ un dictateur a provoqué la banqueroute à Caracas et il s’ accroche au pouvoir. De nom Maduro. Là-bas les étalages sont vides dans les supermarchés et il n’ y pas le minimum de médicaments dans les Hôpitaux. Les salaires sont tombés à quelques dizaines de dollars par mois. Les migrants que nous recevons ne sont pas les plus pauvres, 53% d’ entre eux ont des études supérieures. Je connais José , il est psychiatre et vend du café dans la rue ; Jonathan qui vient prier avec moi tous les matins est professeur  et il lave la vaisselle dans un restaurant. Des jeunes mamans m’ ont dit : on a eu très peur d’ accoucher chez nous, il n’ y a pas le minimum , on a fermé des maternités. Ici on nous a bien traitées. Pourquoi le Pérou ? Si la politique est gangrenée par la corruption, cependant l’ économie ne va pas si mal. Et Vizcarra notre nouveau président a ramené la confiance, qui va s’ exprimer envers sa personne le 9 décembre par référendum ."
Un point commun avec le récent exposé de Stephen Smith : ce ne sont pas les plus pauvres qui partent, ce sont ceux qui croient en leur avenir et qui vont le chercher là où il apparaît possible.


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L'Afrique un continent qui change



Je remercie Patrice Saint André pour son compte rendu de la conférence de Stephen Smith

Université Permanente – Observatoire des Médias
Afrique et Europe, défis démographiques,
enjeux politiques et économiques
Stephen Smith, professeur d'études africaines à l'Université Duke (USA)

Présentation de la conférence : Jean-Claude Charrier
(7 décembre 2018, amphi 8 de Faculté de médecine)

Stephen Smith, de père américain et de mère allemande, acquiert la culture française par la suite. Des études à Berlin, à la Sorbonne, une année sabbatique en Afrique, Stephen Smith travaille pour Radio France Internationale, puis comme correspondant à Libération et au journal Le Monde. Il est actuellement responsable des études africaines à l'Université Duke en Caroline du Nord aux Etats-Unis. En introduction de la conférence, Jean-Claude Charrier remercie le conférencier et son épouse, Géraldine Smith, journaliste et auteure d'un ouvrage Vu en Amérique, bientôt en France (Stock, octobre 2018) également Rue Jean-Pierre Timbaud (Stock 2016).



 Stephen Smith et Jean-Claude Charrier 

D'emblée, Stephen Smith dresse son constat : « Nous sommes passés à côté de l'Afrique et l'immigration est un défi majeur – et non une menace – pour l'Europe ». En 1930, l'Afrique comptait 150 millions d'habitants. Aujourd'hui, c'est 1,3 milliard d'Africains et, à l'horizon 2050, 2,5 milliards. 40 % de la population en Afrique a moins de 15 ans, deux fois plus qu'en France. Tous les 18 ans, la moitié de la population se renouvelle, générant un « horizon politique bas ». « La structure d'âge de la population est une donnée majeure pour expliquer le paysage humain de l'Afrique ». Ainsi, le conférencier précise que l'absence de démocratie n'a rien de culturelle, mais s'explique, entre autres, par le fait que 50 % de la population ne participe pas aux élections. « Un continent qui vit sur le principe de séniorité où la masse des jeunes n'a pas droit au chapitre ».
 
Dans ce contexte, l'immigration des jeunes Africains est vécue comme une « aventure ». On quitte la campagne pour échapper aux anciens. On immigre pour ne pas passer à côté de la modernité. L'immigration est alors vécue comme un rêve et ne s'explique pas seulement pour des raisons économiques. Sur 10 migrants, 7 immigrent au sein du continent Africain et chaque année, environ 200 000 africains arrivent en Europe. L'immigration vers l'Europe est accessible à la classe moyenne, identifiée, en Afrique, comme ayant un revenu entre 5 et 20 $ par jour. Pour immigrer en Europe, il faut entre 2000 et 3000 €. Plus grandira la classe moyenne en Afrique, plus sera grand le nombre de migrants voulant rejoindre l'Europe.

« Pourquoi l'Europe ? », s'interroge Stephen Smith. Plusieurs explications : la proximité géographique, la post-colonialité et l'existence de diasporas africaines en Europe qui facilitent l'arrivée de nouveaux migrants. « Moins une communauté est intégrée et plus elle joue le rôle d'aspirateur pour l'immigration ». Le conférencier rappelle aussi l'importance de la protection sociale en France. Stephen Smith conclut son intervention comme un aveu : « Si j'étais Africain aujourd'hui, je viendrais en Europe avec ma famille... »

La ruée vers l'Europe n'est pas un terme excessif, ni une expression pour faire peur. « L'Afrique est un continent qui change, il faut négocier avec l'Afrique. Les frontières ne doivent être ni tout à fait ouvertes, ni tout à fait fermées. La sécurisation des frontières fera partie de la solution, mais il faudra attendre au moins une génération pour passer le cap de la transition démographique en Afrique ».

Stephen Smith a publié de nombreux ouvrages et notamment Voyage en postcolonie et la ruée vers l'Europe en février 2018 (Prix du livre géopolitique 2018)

Patrice Saint-André – 8-12-2018

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5 décembre 2018

Stephen Smith invité de l'Observatoire des médias



Stephen SMITH – Ancien journaliste Afrique à Libération puis au Monde (1986-2005), il est actuellement professeur d’études africaines à l’université Duke aux Etats-Unis. Auteur de nombreux essais et reportages sur l’Afrique contemporaine, il a publié au printemps 2018 La ruée vers l’Europe, la jeune Afrique en route pour le Vieux Continent aux éditions Grasset -Prix d’Académie 2018 de l’Académie française et Prix Géopolitique 2018.

Il interviendra sur ce thème devant l'Observatoire des médias de l'université permanente de Nantes, vendredi 7 décembre de 14 h 30 à 16 h Amphi 8 fac de Médecine ( 8 € pour les non inscrits).

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1 décembre 2018

Ariane Chemin et notre époque




Ariane CHEMIN  est  écrivaine et grand reporter au Monde. Elle a publié de nombreux essais dont plusieurs en collaboration avec Raphaëlle Bacqué, notamment  La communauté en janvier 2018 (Albin Michel) où les deux journalistes du Monde sont allés à Trappes multipliant les entretiens sur place pendant un an. Une enquête fascinante comme une série,  «  un morceau de France, les défis d’aujourd’hui » précise Ariane Chemin. Elle a publié en mai 2018 Toute une époque, enquêtes et reportages 2005-2018-  Edit. Robert Laffont.
Elle était notre invitée à l'Observatoire des médias de l'université permanente de Nantes vendredi 30 novembre sur le thème de son dernier livre.
Comment saisir le tournant de notre siècle, ce basculement entre l'ancien et le nouveau monde ? Pour parler des nouvelles guerres de religion, de la fin des partis politiques, du réveil identitaire ou des fake news, Ariane Chemin a tourné le dos aux analyses et est allée sur le terrain attraper les détails tragiques ou comiques de notre quotidien. Ses croquis sont des fabliaux modernes. Elle raconte Emmanuel Macron à la basilique Saint Denis, le cimetière corse de Michel Rocard et son empathie lucide pour cette ile attachante, mais aussi Clichy-sous-Bois au lendemain des émeutes de 2005, les quartiers nord de Marseille, sa rencontre sidérante avec le « référent » des frères Merah, à flanc de montagne, près de Toulouse. Ariane Chemin a pris le temps de dialoguer avec des ombres oubliées par le tourbillon médiatique comme ce sous-préfet qui, en janvier 2015, dut enterrer son ami Bernard Maris et l’assassin de ce dernier. Elle dresse aussi des portraits qui incarnent l’esprit du temps. D'Élisabeth Levy à Éric Zemmour, de Jean-Luc Mélenchon à Claude Lanzmann, de Michel Houellebecq à Jean D'Ormesson,ou récemment sur cinq numéros du Monde, l'itinéraire du pape François, c'est toute une époque qu'elle raconte de la façon la plus vivante et la plus perspicace. Toute une époque.
"Je suis inquiète du nouveau monde" confiera-t-elle en ouvrant cette conférence débat

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25 novembre 2018

Ségolène Royal fait mal son job

Depuis des mois l'université permanente de Nantes avait programmé pour le vendredi 23 novembre 2018 une conférence de Ségolène Royal sur le thème « 3 ans après la COP21, inertie ou début d’action ? ». Ses titres dans ce domaine légitimaient son intervention :
 Ambassadrice pour les pôles Arctique et Antarctique, Envoyée spéciale pour l'alliance solaire internationale, Ancienne ministre - Présidente de la COP21.
Patatras ! vendredi matin Ouest France annonce  que Ségolène Royal ne sera pas présente à Nantes où selon les infos du journal (repris par Presse Océan samedi) elle venait pour la promotion de son livre " Ce que je peux enfin vous dire" et qu'elle était en désaccord avec les organisateurs qui avait prévu une entrée à 5 € pour certains spectateurs ( en l'occurrence les personnes non inscrites à l'université permanente). Restant à Paris elle a préféré passer une partie de sa matinée de vendredi dans une émission people avec Anne Roumanoff sur Europe 1 !
Beaucoup de malentendus et de mauvaise foi de la part de l'ancienne candidate à la présidence de la République. Elle ne pouvait ignorer que sa conférence n'était pas programmée pour faciliter sa relance dans la vie politique, mais qu'elle s'inscrivait dans le cadre d'un cycle citoyen, Géopolitique, sur un thème pleinement dans ses compétences, en principe. Qu'un public de  500 à 700 personnes de l'université permanente y aurait assister gratuitement dès lors qu'ils sont titulaires de leur carte d'étudiant. Préférer la promotion de son livre sur une radio à une grande conférence sur le désordre climatique, montre de la part de Ségolène Royal une grande désinvolture et bien  peu de considération pour les Nantais qui l'attendaient.
Accessoirement un mauvais point pour les journaux locaux qui n'ont été que les porte-parole de Ségolène Royal et n'ont nullement cherché à connaitre la réalité de la conférence prévue et l'avis de la présidente de l'université permanente ( qui a du envoyer en urgence un communiqué aux étudiants vendredi matin).

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16 novembre 2018

Médiacités Nantes : Nantes Chateaubriant le fiasco

L'hebdo d'enquêtes et d'investigation Médiacités Nantes apporte cette semaine des éclairages et informations sur plusieurs sujets sensibles.
J'en extrais ce passage à propos de la ligne TER Nantes Chateaubriant


   "Un peu plus d'un an après notre enquête sur l'échec de la ligne reliant Nantes au Castelbriantais, le trafic voyageur n'a qu'à peine progressé. Sa transformation semble d'autant plus inéluctable qu'au nord l'amélioration de la liaison Nantes-Rennes presse et qu'au Sud, un tram va venir le concurrencer.
        la fréquentation demeure inquiétante : seulement 1977 voyages quotidiens, en moyenne, en 2017. Loin, très loin de l’objectif de 11 200 voyages fixé par la Région Pays-de-la-Loire lors de la réouverture de la ligne, il y a quatre ans et demi. Un peu plus d’an après notre première enquête, la santé du tram-train nantais demeure donc très préoccupante. 
 ...
   Vu la facture réglée par la Région pour sa construction (124 millions d’euros, pour un coût total de 268 millions ), la ligne mérite bien cela. D’autant que les interrogations qui planent sur son avenir se font de plus en plus pressantes. "   

Etre au bout de 4 années de fonctionnement à 18 % des objectifs, ça ressemble fort à un fiasco. L'hypothèse d'en faire un maillon d'une nouvelle ligne Nantes Rennes est plausible, mais il faudra encore ajouter plusieurs dizaines de millions d'euros.
A suivre   

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15 novembre 2018

Liberté de la presse en danger ?


La liberté de la presse est-elle menacée en France ? conférence débat de l’Observatoire des médias de l’université permanente par Laurent Mauduit cofondateur de Médiapart  vendredi 23 novembre


Laurent Mauduit est  écrivain et journaliste d'investigation français spécialisé dans les affaires économiques, et la politique économique et sociale. Il travaille pour le journal en ligne Mediapart dont il est l'un des cofondateurs.  Il a été journaliste économique à Libération (1991-1994) et au Monde de 1995 à 2006.
Auteurs de nombreux essais, il a notamment publié Main basse sur l’information (Don Quichotte 2016) et en septembre 2018 La Caste, enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir  Editions La Découverte
Alors que le Conseil national de la résistance espérait, à la Libération, que la France se dote d’une presse indépendante des « puissances financières », celles-ci contrôlent désormais un très grand nombre de médias. Et la normalisation économique se double fréquemment d’une normalisation éditoriale, quand il ne s’agit pas d’une censure pure et simple. De Canal+ à France Télévisions, en passant par M6 ; de Libération au Monde, en passant par Le Parisien, Laurent Mauduit a enquêté et est bien placé pour parler de la reprise  en main dont toute la presse, ou presque, a fait l’objet ces dernières années. La liberté de la presse est-elle menacée en France ? sera le thème de la conférence débat que Laurent Mauduit animera le 23 novembre.
Vendredi 23 novembre 2018 Amphi 400 Fac de pharmacie 9 rue Bias, de 14 h 30 à 16 h
Accès 8 € pour les personnes non abonnées à l’Observatoire des médias de l’université permanente.
Présentation : Patrice Saint André

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9 novembre 2018

14-18 De Challans en 1881 à St Jean-sur-Tourbe 1915

J'ai répondu à une sollicitation du magazine municipal de Vertou à propos du centenaire de l'armistice 1918, et comment la guerre 14-18 avait pu marquer les familles. Dans le cas de mon grand père mort de ses blessures dans la bataille de Champagne en septembre octobre 1915, il était parti en 1914 en laissant un enfant unique d'un an, alors qu'il était l'aîné d'une famille de neuf enfants.
L'ironie de l'histoire est que mon père a été mobilisé en septembre 1939, quelques jours avant la naissance de son premier enfant... L'Histoire ne s'est pas répétée en raison de l'Armistice du 22 juin 1940, qui a permis le retour de nombreux soldats dans leur foyers. Et dans notre cas particulier, la naissance de trois enfants entre 1941 et 1944. Je n'ose pas dire que je fais partie en quelque sorte d'une "génération Pétain"...mais les dates sont là !
Bref, le texte paru dans Vertou magazine et quelques documents en hommage à mon grand père Alexandre inscrit sur le monument aux morts de Froidfond en Vendée.
Il nous reste ses deux médailles : la croix de guerre 14/18 et la médaille militaire (la "légion d'honneur" du simple soldat...).



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4 novembre 2018

Nantes: la sauce BOLO

La politique nantaise a la sauce Bolo: c'est le titre de l'excellente enquête d'Antony Torzec dans la dernière parution de Médiacités Nantes. Le début de cet article ci-dessous.


 Cumul des fonctions, des leviers de pouvoir et des saillies mordantes sur les réseaux sociaux... A 56 ans, Pascal Bolo, premier adjoint, vice-président de la métropole, conseiller départemental et président d'une myriade d'institutions est devenu l'homme clé de l'agglomération. Portrait d'un pilier des systèmes Ayrault et Rolland.

Adjoint au maire de Nantes chargé des finances, de l’évaluation des politiques publiques, du développement économique et de l’emploi ; vice-président de Nantes Métropole chargé des finances, de l’évaluation des politiques publiques, de l’emploi, du sport de haut niveau et des équipements sportifs d’intérêt communautaire ; conseiller départemental ; président de la Semitan (la société de transport public nantaise), du MIN (Marché d’Intérêt National de Nantes), de la Maison de l’Emploi, de la Mission Locale, de l’école de la 2ème chance, de l’association Trans-Cité (association nationale réunissant élus et techniciens du transport public), du CEEP France (le Centre Européen des Employeurs et entreprises fournissant des services Publics) ; membre des conseils d’administration ou d’orientation de NGE (SEM nantaise), de Nantes Métropole Développement (l’agence accompagnant les implantations d’entreprises), de la Samoa, de l’Auran (agence d’urbanisme), de l’Agence France Locale (un établissement de crédit spécialisé dans les prêts aux collectivités territoriales, installé à Lyon), de l’agence départementale de prévention spécialisée, etc, etc, etc.
Il est comme ça Pascal Bolo. A n’en juger que par les quelques lignes ci-dessus, l’homme aime les responsabilités, les leviers d’influence, le pouvoir. Et si cette litanie de titres est loin d’être exhaustive, elle en dit déjà suffisamment long sur l’emprise du personnage sur la vie publique nantaise. A 56 ans, dont près de 30 passés dans la politique, il est devenu « l’incontournable », un rouage central de la mécanique métropolitaine, un cumulard local omniprésent. Et il l’assume : « Je suis un bon ou un mauvais exemple, selon le point de vue d’où l’on se place, de cumul de fonctions et de mandats. Mais ces fonctions sont issues des délégations qui m’ont été données dans le cadre de mon mandat municipal et – accessoirement – départemental, justifie-t-il. Mais ce n’est pas un gâteau à se répartir. C’est d’abord du travail et des responsabilités. » Tellement de responsabilités qu’il avoue, goguenard, « je risque même d’en oublier certaines ». Bien vu ! Une semaine après notre entretien, ce SMS tombe : « Je vous avais dit que j’allais en oublier ! Trésorier de l’Auran ! Damned ! », suivi d’un émoticône « clin d’œil ». 
...     

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2 novembre 2018

Pourquoi le réchauffement climatique "n'imprime" pas

La mobilisation contre la hausse des carburants prend de l'ampleur et l'on entend peu d'intervenants dans les médias, mettre en avant la nécessité de la fiscalité verte et de  changer le comportement des consommateurs. De même dans les sondages exprimant les préoccupations des Français, tout ce qui touche à l'environnement arrive le plus souvent en fin de classement des priorités. La communication dans ce domaine est pourtant importante, quasi quotidienne. Alors pourquoi ça ne marche pas ? En d'autres termes, plus les preuves scientifiques du dérèglement climatique s'accumulent, moins les gens semblent préoccupés par ces questions ?
Un chercheur norvégien psychiatre-clinicien Espen Stoknes apporte des éléments de  réponses dans le Monde ( 21-22 octobre 18) sous le titre " A force de voir des catastrophes, l'esprit s'habitue".
Il identifie cinq barrières mentales qui nous empêchent de voir la réalité en face.

" Tout d'abord ce que j'appelle "la distance", qui nous fait envisager le réchauffement comme quelque chose de lointain, concernant avant tout les ours polaires.
Vient ensuite le "catastrophisme": la façon anxiogène dont le problème est présenté conduit notre cerveau à éviter totalement le sujet.
Troisième point, c'est la "dissonances cognitive". Quand on sait que l'utilisation de l'énergie fossile contribue au réchauffement, alors le fait de conduire, de manger du steak, de prendre l'avion, crée en nous un malaise intérieur, que l'on tente de dissiper en se disant que notre voisin a une voiture plus polluante que la notre.
Ensuite vient le "déni": on fait comme si on ne savait pas, alors qu'on sait.
Enfin, les mesures de luttes contre le réchauffement entre parfois avec notre" identité". La nécessité d'une régulation étatique peut par exemple, venir heurter mes convictions conservatrices et anti-interventionnistes, qui prennent le pas sur la réalité."

Il parle aussi de "fatigue de l'apocalypse" : a force de voir des catastrophes notre esprit s'habitue, la peur et la culpabilité diminuent et "à la fin vous ne prêtez même plus attention lorsqu'on vous parle de la fin du monde,.Vous entrez dans une logique d'évitement."

Pour ce chercheur, il faut sortir du piège de la " gouvernementalité", partir de la base, agir par les réseaux sociaux pour diffuser des normes sociales positives en exerçant une influence douce. les dirigeants suivront les nouvelles manières d'être.

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27 octobre 2018

Cap 44 : déjà les transbordés

Je reprend un texte récent à la presse du président des Transbordés Yves Lainé, à propos de l'avenir de l'immeuble Cap 44 situé devant la carrière Miséry  témoin de l'architecture béton et classé à ce titre.


En tant que président de l’association « Les Transbordés », je tiens à ajouter notre voix à celle des architectes : IL NE FAUT PAS DETRUIRE CAP 44 !
Pour les raisons invoquées dans votre article d’abord : son passé et son avenir.
Nous sommes quelque peu étonnés par la suggestion vague  d’« Infrastructures complémentaires à l’arbre aux hérons : restaurant, hôtellerie ou musée pour compléter l’offre ludique de la carrière Misery… », comme si la Société civile n’avait pas déjà fait des propositions.

C’est oublier que notre association, bien avant qu’on parle hérons sur ce site, avait réalisé une étude, sous le nom PORT JULES VERNE, qui prenait en compte la transformation du Cap 44 avec deux fonctions :
-          Accueil de croisières à Nantes – Quai St Louis - , le rez-de-chaussée en devenant le terminal avec un passage supérieur vers Misery au-dessus du bd de Cardiff
-          Non pas un musée, mais un  Espace scientifique « Jules Verne au XXIe siècle   VERNOSCOPE)» dans les étages, une telle idée – sous différents noms -  ayant d’ailleurs été retenue par les 2 candidates en 2016, ainsi qu’entre autres, Yannick Guin.
-          Toutefois l’immeuble a, selon nous, 2 ou 3 niveaux de trop.
-          En revanche, nous pensons qu’un doublement du bd de Cardiff en utilisant le quai st Louis comme voirie est une ineptie logistique qui ne mène – à défaut de franchissement bas en aval de Anne de Bretagne jamais exprimé publiquement -  qu’à créer un super « bottleneck » sur le Quai de la Fosse qui n’en a pas besoin.


Les transbordés relancent ainsi   l’attente  maritime et fluviale à Nantes en y ajoutant celle plus ancienne, mais qui reste justifiée d’un pont à transbordeur  et une nouvelle : un nouveau  bassin « fluvial » sur une partie de la petite Hollande.

Triple projet qui sera dévoilé le samedi 3 novembre. (voir invitation)   à la Maison de la Mer…


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17 octobre 2018

Bon appétit

C'est l'automne, les écureuils s'en donnent à coeur joie pour déguster les glands et autres fruits sauvages. Longue vie ! attention aux traversées des routes.





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Des sirènes pour quoi faire ?

Les inondations de l'Aude ont eu les conséquences lourdes et dramatiques parce qu'elles ont été d'une ampleur exceptionnelle, se sont produites la nuit, et que l'alerte rouge de météo france n'a été donnée qu'à 6 heures du matin.
Dans des circonstances comme celles-là qui touchent beaucoup de monde en pleine nuit, pourquoi n'utilise-t-on pas les sirènes d'alerte ? Généralement situées sur les toits des casernes de pompiers, elles sont testées chaque mois, souvent le mercredi à midi. Autrefois on les entendait souvent : elles servaient notamment à alerter les pompiers bénévoles lors d'un accident ou d'un incendie. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, leur usage est tombé en désuétude au profit des SMS et des radios. Sauf que la nuit, la plupart des gens dorment, n'écoute pas la radio, ne lisent pas les SMS.
Je pense aussi que cela aurait peut être réduit le nombre des victimes de la Fosse-sur-mer  en Vendée, lors de la tempête Xyntia, qui avait surpris un grand nombre de résidents en pleine nuit.

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13 octobre 2018

Arbre aux Hérons recrute

Dans Les off de la semaine de Presse Océan ce matin ( s'inspirant d'une info du blog " La méforme d'une ville" de Sven Jelure) :
La compagnie la Machine recrute en CDD un chargé d'économie de projet - Arbre aux Hérons. L'annonce stipule qu'il aura notamment pour mission " la réalisation d'une estimation complète et détaillée du coût du projet et des frais annexes ( études, expertises, coordination, assurances, communication etc.)"  Est-ce à dire que le coût avancé jusqu'alors, 35 M€, n'est pas le bon ?
 Information complétée cette semaine par l'enquête parue dans l'hebdo Mediacité Nantes sur Internet sous le titre "L'arbre aux Hérons "magnifique bricolage au (sur)coût inestimable"
[COMPLÉMENT D’ENQUÊTE] Combien coûtera au final la nouvelle et gigantesque création de la Compagnie La Machine ? 35 millions d'euros comme annoncé en 2013 ? A Nantes, personne ne semble en mesure de le savoir. Pour autant, et contrairement à Toulouse, pas question de resserrer la bride financière de ses talentueux créateurs. 
L'article souligne notamment combien l'Arbre avec ses milliers de soudure, ses plantes non pérennes, son exposition aux intempéries, ses contraintes réglementaires, va entraîner  des coûts de fonctionnement élevés sur lesquels Nantes métropole ferme les yeux, comme elle ferme les yeux sur les comptes et les finances des Machines qu'elle fait vivre. les récentes pannes de l'Eléphant devraient pourtant ouvrir les yeux.

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