12 août 2018

Ginkakuji Kyoto

Pour la beauté du geste



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28 juillet 2018

Bilbao, 125 ans toujours vivant et efficace

http://www.guiding-architects.net/fr/pont-transbordeur-bilbao-concept-intemporel/

C'est aujourd'hui le 125e anniversaire du 1er pont transbordeur du monde construit à Bilbao en 1893. Un superbe monument que nous avons utilisé en 2011. C'est l'occasion d'un congrès international sur place auquel participe notre ami Paul Poirier, auteur des projets sur Nantes et Marseille. Courage Paul : N







antes vaut bien un Pont transbordeur !

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15 juillet 2018

Mondial :la finale à chaud

La France vient de gagner sa 2è étoile de champion du monde de football. De haute lutte, accompagnée d'une chance incontestable que certains attribuent à "La chatte à Dédé" le totem chanceuxde Didier Deschamps, tellement cette chance s'est confirmée de match en match. Mener 2-1 à la mi-temps en n'ayant eu qu'un tir cadré - le penalty - sur le but croate, est certainement unique dans une finale de Coupe du monde. A la mi-temps, tout le monde était à la fois content du score, mais aussi inquiet, tant les Croates nous avaient donné un leçon de football avec leur rapidité, précision, multiplication des occasions. Cétait à eux le football, à nous les buts !
La 2è mi-temps nous a permis de mieux montrer les qualités de notre équipe, en particulier la percussion de Mbappé. Mais la boulette de Lloris a remis du piment dans le scénario. Je note que c'est Mandzukic qui marque ce but, lui même responsable du but contre son camp à la 16è minute, qui nous a beaucoup facilité les choses. De même que l'arbitrage vidéo sans lequel la faute de main de Persic, n'aurait sans doute pas été sifflée.
C'est ça le charme du football où le scénario n'est jamais écrit.
Bravo à Didier Deschamps qui a su créer une véritable équipe, moteur de cette victoire. Il a su insuffler un état d'esprit qui a permis de tenir dans les situations difficiles. Et contrecarrer l'individualisme ou les egos excessifs des joueurs que la presse ne cesse d'encourager.
Miroslan Blazevic qui a été entraîneur du FC Nantes de 1988 à 1991 et qui dirigeait la sélection croate au Mondial 1998, dit de DD dans Presse Océan ce matin " Deschamps est un grand stratège. C'est le plus grand atout de l'équipe, croyez-moi. Didier je l'ai mis comme capitaine à Nantes à 18 ans. J'avais remarqué que c'était un leader né" . Confirmation éclatante aujourd'hui à Moscou.

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9 juillet 2018

Les cornes des vaches dans la constitution


Nous devrions être plus attentif à ce qui se passe en Suisse. 
Un exemple rapporté récemment dans une chronique de Metin Arditi dans La Croix du 18 juin en porte témoignage. C'est l'initiative d'un paysan du canton des Grisons du nom de Armin Capaul, qui est parti en guerre contre l'habitude toujours plus étendue, de priver les vaches de leurs cornes. Pourquoi ? Pour gagner de la place et élever plus de vaches dans un même espace. Armin Capaud qui veut laisser les vaches "au naturel" estime qu'environ 90 % d'entre elles sont ainsi "amputées". 
Après bien des péripéties il a mis en jeu des mécanismes essentiels de la démocratie suisse 
qui doit conduire à une votation fin 2018 ou début 2019 de l'ensemble des électeurs de la Confédération..
Je lis que si c'est voté, la décision figurera dans la constitution fédérale ! La Constitution suisse sera modifiée pour maintenir aux vaches leurs cornes naturelles.
Chapeau la démocratie où un simple citoyen rencontrant l'adhésion d'au moins 100 000 
signatures, peut faire aboutir, si le peuple en décide ainsi, une telle interdiction.

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Pont Transbordeur à Gorges, clap de fin

Presse océan de samedi dernier, nous fait part de l’abandon du projet de Pont Transbordeur sur la Sèvre Nantaise au Liveau à Gorges.
Ce que les gens de Gorges appelait “ Le pont à Jean” en référence à l’initiateur du projet Jean Blaise via Le voyage dans le Vignoble, n’a pas résisté à la forte contestation qu’a suscité ce projet sur place. Ni les initiateurs, ni les élus, n’ont su convaincre de l’efficacité pratique et de l’intérêt touristique de cet investissement pourtant voté par les instances délibératives concernées. Ainsi – une nouvelle fois – les élus ne sont plus systématiquement les maître du jeu ( sauf à Nantes Métro où Jean Blaise garde la main ?).

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4 juillet 2018

Cristiano Ronaldo "l'avorton" de Madère ...

Avorton n'est pas tout à fait le terme car le petit Cristiano était plutôt un beau bébé, solide, quand il est né à Madère en 1985. Le médecin qui présidait à l'accouchement avait noté - prémonitoire - " Il a des pieds de footballeur" ! Ce qui est cocasse dans son histoire, nous rapporte Le Monde, c'est que sa mère Dolorès, qui avait déjà 3 ou 4 enfants, a tout fait pour s'en débarrasser et ne s'en cache pas dans un livre récent. L'avortement étant interdit à l'époque, elle avait tout essayé : faiseuse d'anges, mixtures extravagantes, etc. Le futur Cristiano a bien résisté. Peut être que le modeste embryon qu'il était à cette époque a trouvé là une première épreuve qui annonçait son tempérament flamboyant !
Soulignons qu'il aime beaucoup sa mère et qu'il a lui-même 4 enfants...Happy End.

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27 juin 2018

Equipe de France, Giroud à l'écart

Dans la consternation qui a accompagné le match France Danemark on ne peut s'empêcher de noter au moins trois choses dans l'attaque française :
- L'absence quasi  permanente de débordements des latéraux pour faire des passes en retrait.
- La persistance a essayer de passer balle au pied par le centre mais loin du but adverse.
- le quasi boycotte de Raymond Giroud  jamais servi dans ses appels et dont on semble ignorer q'il est notre meilleur marqueur de but de la tête. Quand on constate que Griezmann en principe animateur de l'attaque française, n'a fait que deux  passes (!) à Giroud dont l'une à contre temps, il y a là une carence inadmissible.
Depuis le début de ce Mondial, je n'ai pas vu un seul centre digne de ce nom sur Giroud, ni une seule ouverture de la part des défenseurs ou milieux de terrain vers notre avant centre. Il joue pourtant collectif en remises et en pesant sur les défenses adverses, mais il est ignoré de la plupart de ses partenaires.Nous sommes sans doute les champions du monde des passes latérales et en retrait au petit trot, mais notre jeu collectif en attaque est inexistant et nous nous privons des qualités de notre avant centre.
Nous avons bénéficié d'un tableau très favorable qui nous permet une qualification avec deux mauvais matchs et un match moyen ( Pérou). Cette chance ne durera pas.































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20 juin 2018

Sky Garden à Londres, un bel espace aérien

Le Sky Garden, " A greenhouse in the sky" que les londoniens appellent volontiers le "talkie walkie" en raison de sa forme, est un bel espace au sommet d'un immeuble récent de 35 étages. Comme son nom l'indique c'est un jardin luxuriant, ouvert, en plein coeur de la City où il fait bon se poser, boire un verre ou se restaurer - ce n'est pas obligatoire - où les vues sur le Grand Londres sont magnifiques. En plus, l'accès est gratuit. Il faut simplement réserver à l'avance. Un bel espace aérien.
Un incontournable comme le disent les guides.
Un modèle pour une rue aérienne au-dessus de la Loire à Nantes ? Je rêve !








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16 juin 2018

Mondial, une France sans panache

Quand on a vu vendredi soir le formidable match entre l'Espagne et le Portugal, suspens, intensité, technique presque parfaite, le match de ce jour entre la France et l'Australie a été on ne peut plus laborieux. Il faut bien le dire, comme d'habitude. Il faut remonter loin pour voir un match de l'équipe de France flamboyant, rythmé, et techniquement de haut niveau. L'Australie était qualifiée par Ouest France dans sa présentation du Mondial comme "l'une des équipes supposées les plus faibles..." de l'épreuve. Nous gagnons au bout du compte grâce à l'arbitrage vidéo - la faute sur Griezmann était incontestable mais non vue par l'arbitre - et grâce à un  bon coup de rein de Pogba sur une passe décisive de Giroud.
Girou tête de turc d'une partie de la presse, qui ne cessait de célébrer le trio d'attaquants Dembele, Griezmann, Mbappe, qui devait pulvériser les Australiens...Ce fameux trio d'individualités brillantes, ne joue pas collectif, et Deschamps, le pragmatique, a eu parfaitement raison de faire rentrer Fékir et Giroud à la place de Griezmann et Dembele. La différence a été immédiate et concrétisée par ce but dans les dix dernières minutes. Ouf !
Il faut dire qu'on s'était gravement compliqué la tâche avec le pénalty concédé par Umtiti qui relève quasiment de la faute professionnelle. Inadmissible. Didier Deschamps doit en tirer les conséquences pour le prochain match. Adil Rami est là pour faire le job.
Pour l'avenir je suis convaincu qu'il y a des complémentarités entre Griezmann, et Giroud  (ils l'ont montré) et Mbappe pour peu que ce dernier veuille bien servir Girou - qu'il ignore au profit de dribbles à répétition. Girou qui a un jeu de tête très efficace n'est pratiquement jamais  servi dans de bonnes conditions. Les nouveaux et jeunes latéraux Hernandez et Pavard, excellents aujourd'hui, devraient y contribuer.

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28 mai 2018

Un passage pour les noyés à Nantes

En prolongement d'un article dans le forum Ouest France Nantes, j'ai transmis ce texte pour la même rubrique


Noyades de la Terreur : une passerelle de mémoire

Avec beaucoup de pertinence dans votre Forum le 22 mai, un lecteur d’Orvault ( Bernard Cognaud) attire l’attention sur les défaillances de la mémoire nantaise au sujet des milliers de noyés en Loire, éliminés par « déportations verticales » selon la formule du proconsul de la République Jean-Baptiste Carrier durant l’hiver 1793-1794 sous la Terreur.
Cette amnésie à l’égard de perdants de l’Histoire est choquante et contraire à l’esprit d’une ville ouverte. Il est possible d’y remédier.
Juste en face du Mémorial de l’esclavage, il existe rive gauche, une passerelle métallique au-dessus de la Loire,  qui entoure deux anciennes piles du pont transbordeur et passe sous le pont Anne de Bretagne (photos). Cette passerelle ne porte pas de nom. Elle est symbolique par ses matériaux, sa proximité avec l’eau et son environnement historico-fluvial. Elle pourrait s’appeler «  Passerelle des noyés de Loire sous la Terreur 1793-1794 ». Cette plaque ferait écho et illustrerait une partie du texte figurant sur le quai où la plaque en mémoire du pont transbordeur indique notamment :
« …une transformation attentive engagée pour que les rues, les quais, les berges et les jardins témoignent d’une manière vivante de la mémoire des lieux [...] en aménageant les quais pour la promenade [..] l’Histoire est rendue visible »





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25 mai 2018

C'était le 22 mai 1958 - Déconstruction à Nantes...

C'était le 21 mai 1958 il y a 60 ans, la déconstruction ( pour reprendre une terminologie zadiste d'aujourd'hui) du pont transbordeur de Nantes ( cf. vidéo INA).  Un appauvrissement du paysage nantais. Une désolation pour Julien Gracq, Jacques Demy et beaucoup d'autres. L'époque du formica....
Il ne reste que les piles près du pont Anne de Bretagne, et un projet de nouveau Pont Transbordeur du XXIè siècle de Paul Poirier soutenus par les Transbordés. Pour des élus audacieux ayant une vision à l'horizon du siècle.
http://www.ina.fr/video/CAF97515202



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22 mai 2018

Mai 68 vu de loin

J'avais 26 ans, j'étais à Brazzaville en République populaire du Congo, où j'effectuais mon service national depuis 20 mois - en remplacement du service militaire - sans être rentré en France, et bien loin des évènements du mois de mai 68. Lecteur régulier du Monde, celui-ci comme le courrier, n'arrivait pas. Seule la radio France Inter ou Paris Inter, étroitement contrôlée par le pouvoir, distillait peu d'informations pour ne pas affoler "l'outre-mer". Très concrètement nous poursuivions nos missions de coopérants : contrôles fiscaux, cours de fiscalité à l'ENA locale pour moi, sans oublier de nous maintenir en forme à la piscine ou sur les cours de tennis en terre battue au bord du fleuve Congo, et la nuit congolaise qui commençait à 18 h 30- 19 h. Nous étions jeunes, impatients de vivre et de découvrir le monde. Le Mai 68 en France était vu comme une perturbation lointaine qui nous isolait un peu plus, et qui, comme la météo, devait passer.
Il y a cependant une certitude que j'avais en tête depuis dix ans, depuis mes quatre années d'internat au lycée Clemenceau de Nantes de 1958 à 1962, c'est que ce système "d'internement" quasiment identique depuis plus d'un siècle, allait exploser à plus ou moins brève échéance. On à peine à imaginer ce qu'était dans ces années 50-60 la vie de pensionnaire. J'ai déjà eu l'occasion de parler de cette communauté particulière des "blouses grises", de ces lycéens la plupart boursiers venant des campagnes, fils d'ouvriers ou de paysans pour beaucoup. L'internat était vraiment un internement. Sorties contrôlées le jeudi après-midi, le dimanche de 9 h 30 à 17 h sauf tous les 15 jours où le retour à la maison était possible le samedi mais retour le dimanche soir. Tous ces "privilèges" étant soumis aux humeurs des pions ou surveillants dont la bienveillance n'était pas toujours la qualité dominante.
Autres exemples: aucun local de détente, c'était ou la cour quelque soit la saison, ou les salles d'études. Les journaux  et la radio étaient interdits. Suivre les évènements de mai 58 était un exploit. Voulant préparer une école de journalisme, j'avais mis au point avec quelques collègues et la complicité de camarades externes, un circuit d'achat de quotidiens nationaux ( du Figaro à Paris-Jour ou le Monde) ou d'hebdomadaires comme l'Express de JJSS ( souvent censuré !).
Bref nous vivions dans un système archaïque, pesant, hors du temps, qui avait toutefois l'avantage de nous donner un enseignement de grande qualité ( à quelques exceptions) et le fameux bac à l'échéance.
Au total, le mai 68 des étudiants était pour moi à l'ordre du jour dix ans plus tôt. Mais l'essentiel était qu'il se produise.

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9 mai 2018

Miséry, la Lettre à LULU suite

Excellente BD dans le n° d'avril de la lettre à LULU qui met en boîte la novlangue chère à quelques cercles politiques locaux.

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7 mai 2018

Misery, la lettre à LULU

Le 100è numéro de la Lettre à LULU réserve une partie de sa une, au coût de l'opération de com en cours jusqu'à fin juin, pour populariser la carrière Miséry. A la version officielle qui chiffre à 500 000€ l'opération, il calcule un coût quatre fois supérieur dépassant les deux millions.
" Nous entrerons dans la carrière 
quand nos aînés n'y seront plus
Nous y trouverons leurs poussières
et l'exemple de leurs vertus..." apprenait-on à l'école primaire comme couplet enfant de La Marseillaise.
 Trouvera-t-on dans la carrière Miséry surtout des factures ?

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1 mai 2018

Carrière Miséry, lieu de mémoire

L'ami Paul Poirier sur facebook rappelle que la carrière Miséry est aussi un lieu de mémoire  du fait du grand nombre de vendéens fusillés dans ce lieu en 1793-1794. Un thème à approfondir.


Le bimestriel de Sciences et Vie d'avril «  Guerres et Histoire", à propos des guerres de Vendée rappelle qu'à Nantes, Le conventionnel Carrier a fait noyer - déporter verticalement  disait-il -  1 800 à 4 000 suspects (Peut être suivait-il "le spectacle" de son balcon de l'ile Feydeau ?). Quelques 3 200 à 3 800 autres seront fusillés ou guillotinés. Et 2 000 meurent du typhus en prison. Des chiffres qui ne sont pas contestés.
La mémoire nantaise est très discrète sur ces massacres. A ma connaissance il n'y a rien au sujet des noyades sur les rives de Loire. J'avais suggéré en son temps qu'une plaque soit apposé dans ou à l'extérieur du Mémorial de l'esclavage, justement au bord de la Loire. Pourquoi pas à proximité de la pile rive droite de l'ancien transbordeur ?
Ce n'aurait pas été incongru, à mes yeux de demi vendéen...

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27 avril 2018

Macron, Pleynel, Bourdin, réquisitoire et autocritique

Dans sa chronique hebdomadaire de La Croix (22.04.18), Bruno Frappat qui ne manque pas d'expérience journalistique,  est impitoyable à l'égard de ses deux confrères interwieveurs du Président de la République le dimanche 15 avril. Il en tire aussi une leçon de journalisme adaptée à notre époque. Extraits.



Le journalisme est un métier dévoyé par les maléfices de la télévision. Il ne s’agit plus de mettre en avant le réel mais de se faire voir soi-même, « Voyez mes ailes » dans une compétition de l’ego (« J’ai été bon? ») qui n’épargne que peu de vedettes de l’écran, de ces gens qu’on reconnaît dans la rue et n’en sont pas peu fiers même s’ils affectent d’en être lassés. Montrer sa bobine ne suffit pas, il faut se forger un personnage typé, bien installé dans une posture et campé, à coups de « talk-shows », dans le décorum de la culture audiovisuelle. Bourdin, c’est son métier et même son charisme, il est l’homme intraitable de la petite aube qui met sur le gril ses interlocuteurs sans ménagements avant de partager café et viennoiseries avec eux. Il est du genre qui ne s’en laisse pas conter, de ceux à qui « on ne la fait pas, ah mais! » Il est plutôt courtois à l’ordinaire. Mais, ce soir-là, il s’était mué en agresseur donneur de leçons, bretteur méchant accusant quasiment le chef de l’État de mensonge éhonté. Bourdin sorti de ses gonds était plus grimaçant que nature. Quant à Plenel, plus narquois que jamais derrière ses regards dissimulés, il méditait ses coups tordus avec la gentillesse d’un bolchevik envisageant la présence d’un social-traître dans le studio. Ce« trotskiste culturel », comme il aime à se définir lui-même, se voyait agent de l’histoire en train de se faire et défenseur non pas seulement de la veuve et de l’orphelin mais de l’humanité entière au nom d’une vertu intraitable qui sentait son Robespierre numérique. Il était comme dressé seul face aux atrocités des riches et des puissants.



N’est-ce pas que ces deux-là, ce soir-là, ont joué ensemble à caricaturer tout ce que nous avons, chacun dans notre registre et à notre place, considéré comme le sel de notre activité? N’as-tu pas, éditorialiste, passé ta vie à trancher de tout et de rien, y compris de choses auxquelles tu ne connaissais ni mie ni miette? N’as-tu pas, chroniqueur, répandu sur la terre entière tes présupposés, tes à-peu-près, tes mensonges même, sans te tenir modestement au plus près des vérités des autres? N’as-tu pas été toi aussi imposteur pour d’autres, irrespectueux comme les deux énergumènes qui, dimanche, ont déshonoré le métier? N’as-tu jamais péché par prétention, mauvaise foi ou excroissance de ton ego, vaine gloriole et abus de position?
Si cette émission n’a servi qu’à pousser les journalistes à s’interroger sur le sens de leur métier et les limites de leur potentat, elle n’aura pas été seulement une caricature de démocratie mais une pédagogie utile pour les confrères de demain. On leur souhaite de se faire projeter dans les écoles de journalisme cette funeste séquence pour qu’ils sachent ce qu’il ne faut pas faire si l’on veut s’attirer un minimum de respect et de considération.
Bruno Frappat ( La Croix 22.04.2018)


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