10 décembre 2017

Johnny porte sa croix

Jade, Joy et Laetita Hallyday portant la croix Johnny - 9 décembre 2017 - AFP

C'est un signe religieux qui pouvait être considéré comme ostensible, surtout le jour anniversaire de la loi de 1905 sur la laïcité, marquant la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais c'est ainsi, ce crucifix unique représentant une femme et une guitare (cassée ?) était le bijou auquel Johnny Hallyday était le plus attaché, une sorte de porte-bonheur. Laetitia Hallyday le portait avec élégance sur fond noir, lors des obsèques de Johnny devant des millions de téléspectateurs et la foule immense de Paris rassemblée avec ferveur dans la capitale.
Ce grand rassemblement transcendait les générations et les classes sociales, même si le peuple modeste était largement majoritaire. C'était la France des racines chrétiennes, du XXè siècle, de ses usines et de ses églises, éloignée de l'image dominante donnée par les grands médias. Ce n'était pas le peuple de " Je suis Charlie" , ni celui des quartiers où la diversité est dominante.
La cérémonie à l'église de La Madeleine, a montré également que les cathos restent ouverts, disponibles, à tous ceux qui peuvent  aboutir à l'église, après des chemins compliqués. Avec des prises de paroles, diverses, émouvantes, partagées, entre ceux qui croient et ceux  qui ne croient pas.( Un aparté: les journalistes qui  commentent ces cérémonies devraient savoir qu' une messe n'est pas la même chose qu'une célébration funéraire).
Pour finir sur ces références chrétiennes et sur cette vie secrète de Johnny, je serais tenté de dire à tous ses fans qui ne peuvent aller à Saint Bath et se sentent orphelins d'un lieu de pèlerinage, de regarder les anciennes croix érigées aux carrefours de nos campagnes et nos villes, il y a plus de cinquante ans ( et que le Conseil d'Etat ne semble pas connaitre !). Et de penser que pour leur idole Johnny,  ce symbole avait un sens. Sans être obligé de partager ce sens...

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11 janvier 2015

Je suis Charlie slogan réducteur

Le slogan " Je suis Charlie" a l'avantage de la simplicité, de la lisibité, du graphisme blanc sur noir, et de s'être répandu comme une trainée de poudre. Et historiquement de renvoyer à la phrase de J. F. Kennedy à Berlin en 1963 " Ich bin ein berliner" ( Je suis un Berlinois) ou l'éditorial de J M Colombani dans Le Monde après le 11 septembre 2001 " Nous sommes tous de Américains" Il a aussi des inconvénients que j'ai pu constater hier dans l'immense manifestation à Nantes : des tee-shorts, des parapluies, et autres objets, déjà logotés " Je suis Charlie" Je doute que Bernard Marie, l'économiste de Charlie Hebdo assassiné mercredi dernier, ait apprécié une  réaction mercantile aussi rapide.

 Charlie a été la grande victime de cet attentat, mais pas les seuls : les trois policiers et les quatre  personnes juives du magasin Hyper Casher une nouvelle fois victimes comme les juifs l'avaient déjà été  à Toulouse par Mohamed Merah en 2012 et à Bruxelles en mai dernier au musée Juif .
Personnellement j'ai préféré défiler avec une pancarte reprenant la Une de Ouest France de jeudi dernier " Un crime contre la liberté" tout à fait explicite.
Au début du défilé nous avons trouvé une pancarte à l'envers sur laquelle était écrit " Les musulmans : faites le ménage dans votre religion !" C'est sans doute marginale et pas un hasard si elle n'était pas exposée, mais de fait, piétinée. N'empêche, la " Grande Marche" c'était aussi cette diversité d'opinion.
Il n'y a pas eu  de Marseillaise à Nantes, ni de drapeau tricolore à ma connaissance, mais des salves d'applaudissements périodiques.



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