11 octobre 2016

"Ceci, c'est la France "

"Ceci c'est la France " dit le poète Louis Aragon en conclusion d'un très bel hommage - reproduit en partie ci-dessous -  au sculpteur David d'Angers et au général vendéen Bonchamps. En 1793, ce dernier agonisant à Saint Florent-le-Viel près de la Loire, avait crié à ses troupes " Grâce aux prisonniers !" avant de mourir à 34 ans. Parmi ces 5 000 prisonniers graciés se trouvait le père du sculpteur.
L'oeuvre située dans l'abbaye de St Florent qui surplombe la Loire est imposante, d'un superbe classicisme, et traduit très bien le lien de reconnaissance entre David d'Angers et son sujet " La grandeur de l'art et du sentiment mêlés"...


Extrait du discours lyrique et rassembleur de Louis Aragon prononcé en 1957 à Angers. Les trois dernières strophes. "Essayer de sentir, ici,..."


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St Florent le Viel est un superbe site qui est aussi connu pour être la ville de Julien Gracq, cher aux Nantais, grand écrivain et poète du XXe siècle. C'est devenu un lieu littéraire et artistique.


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3 juin 2014

La Loire Atlantique 5e roue de la Bretagne ?

800e chronique du blog, débuté en 2005

Cette article a été publié par le Conseil de développement de Nantes Métropole, par L'Hebdo Sèvre et Maine le 19 juin 2014 et dans La Croix le 7 juillet 2014

Ma contribution au débat sur la réforme des régions ( transmise ce jour au Conseil de développement Nantes Métropole)

Dans le grand débat de la réforme territoriale qui vient d’être lancé, l’affaire serait entendue : la Loire Atlantique demanderait son rattachement à la Bretagne, afin de reconstituer la Bretagne historique, et mettre fin à 50 ans d’anomalie administrative et politique. Déjà, en 2009, quand la question avait été évoquée dans le cadre du comité Balladur pour la réforme des collectivités territoriales, l’ancien président de la République s’en était  fait l’écho, et, un peu à la Ponce Pilate, avait laissé entendre qu’il laisserait faire. Depuis, le grand amplificateur médiatique et la forte mobilisation des militants de la  cause bretonne, qui ne manque ni de forces ni de talents, donnent le sentiment que dans la phase propice qui s’engage, il  faut passer à l’acte. L’acte de décès des Pays de la Loire.
Pour ce faire, les avantages que la Loire Atlantique retirerait de son rattachement à la Bretagne - comme le dernier wagon resté à quai  -  sont peu développés. En revanche, le procès fait au Pays de la Loire est sans appel : mosaïque informe, fille de Pétain, habitée de « ligériens » - appellation péjorative ! - sans Histoire, ni culture commune, et autres appréciations définitives.
Alors que l’air du temps est à la valorisation du métissage et de la diversité, reconnaissons au moins que les Pays de la Loire constituent un bel exemple d’enrichissement mutuel. L’histoire, les paysages, les territoires de vie, rapprochent les hommes et les départements de cette région.
Jules César le premier a détaché le Sud Loire pour le rattacher au Poitou, faisant de la Loire une frontière naturelle qui a perduré pendant presque 9 siècles. En suivant la Loire, faut-il rappeler le passé prestigieux du Maine et de l’Anjou bien symbolisé par l’Abbaye de Fontevrault. De la Hongrie à Jérusalem, de l’Angleterre au royaume  de Sicile, «  L’Europe des Anjou » a marqué l’histoire du XIIème au XVème siècle. Comment aussi ne pas évoquer  le passé douloureux du sud  de la région de 1793 à 1796, avec la Vendée au sens large englobant le pays nantais, qui a payé lourdement sa rébellion contre un pouvoir qui la méprisait. Les Vendéens dans leur errance du Mans à Savenay, ont sillonné cette région, et lui ont aussi donné des éléments d’identité.
Les paysages et leur lumière si particulière, les cultures avec les Vins de Loire, de Saumur à Clisson et au pays de Retz, constituent des éléments et des appellations ayant une forte identité.  Les cultures maraîchères qui suivent le fleuve : autant de marques de qualité connues bien au-delà de nos frontières. Faut-il appeler à la barre de ce procès, Julien Gracq ligérien célèbre qui écrivait «  Quand on va du nord au sud de la Loire, bien qu’on reste dans la région du schiste et du bocage, on change en réalité de pays…et même de manière villageoise de vivre et de philosopher ». Dans son   Dictionnaire amoureux de la Loire  parue récemment, l’académicienne – et angevine – Danièle Sallenave montre le lien fort et contrasté que constitue le fleuve dans une diversité insuffisamment soulignée « C’est dommage. Il y a un avant, sauvage quand elle [La Loire] creuse son chemin, et un après en pays nantais » (P.O. 8 mai 2014). Ce contraste est bien aussi celui de la Loire Atlantique, si bien nommée, avec ses ardoises au nord et ses tuiles au sud.
Comment ne pas voir enfin  le spectaculaire rapprochement des territoires de vie des habitants de cette région, avec les aires urbaines de Nantes, La Roche sur Yon, Cholet, Ancenis, Angers, toujours plus proches. Ce sont autant d’échanges, de projets communs, de migrations quotidiennes, qui avec l’attirance des Mayennais et Sarthois pour nos côtes, ont constitué un vrai territoire économique social et culturel. Nantes s’y inscrit naturellement comme pôle central et l’hôtel de région au milieu du fleuve tourné vers l’est, symbolise bien la dimension ligérienne, multipolaire. Comment imaginer la Loire Atlantique rompant tous ces liens et tournant définitivement le dos à la Loire ?

 Alors ne jetons pas la région des Pays de la Loire avec l’eau du fleuve. Gardons ce que l’histoire récente a façonné et enrichi. Et s’il faut trouver de nouvelles dimensions pour nos régions, nous avons davantage à gagner dans le dépassement pour constituer un ensemble plus vaste. La Bretagne, les Pays de la Loire, et pourquoi pas  le Poitou Charente, en mettant en commun ce qu’elles ont de meilleur, constitueraient un territoire tourné vers l’avenir, alliant dynamisme économique, démographique et culturel. Chacun pourrait y garder son identité et assurer son développement sans repli ni crispation.

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27 avril 2011

Arrachage dans le muscadet


Ce n’est qu’un dégât collatéral d’une grave crise de surproduction du muscadet qui frappe douloureusement le vignoble nantais. Sous le printemps précoce et sans beaucoup d’échos, des milliers d’hectares d’un vignoble plusieurs fois centenaire, sont en cours d’arrachage. Un drame économique et humain pour beaucoup de viticulteurs, certains jeunes et endettés, qui doivent abandonner un métier qu’ils aiment et se reconvertir dans un contexte difficile et aléatoire.
Le spectacle de ces engins mécaniques qui arrachent des vignes installées là depuis des décennies laissant une terre retournée, encombrée de ceps et de sarments, est poignant. Le processus s’est considérablement accéléré ces derniers temps puisque l’échéance est l’automne 2011. Les plus belles parcelles sont touchées. La traversée du vignoble, de Vertou à Clisson, de Nantes à Vallet et ailleurs, permet de mesurer l’atteinte irréversible portée à des paysages parmi les plus agréables et pittoresques du département. Le magnifique coteau de Saint Fiacre présenté si souvent sur les affiches, reste préservé pour le moment, mais pour combien de temps ? Là où à perte de vue, s’étalait une campagne ordonnée, ouverte, sans clôture, qui dans la belle harmonie d’un relief varié, suivait le rythme et les couleurs des saisons, apparaissent désormais en grand nombre, des friches sauvages, des boisements spontanés, des prairies clôturées.
C’est tout un cadre de vie qui se transforme et se dégrade, un patrimoine qui est atteint. L’on ne mesure sans doute pas encore l’impact de ce choc. On ne peut s’empêcher de penser à Julien Gracq si attaché à sa région, qui écrivait : « Quand on va du nord au sud de la Loire, bien qu’on reste dans la région du schiste et du bocage, on change en réalité de pays…et même de manière villageoise de vivre et de philosopher ».Le vignoble est douloureusement atteint dans son identité. La dimension humaine et patrimoniale de cette opération a-t-elle été estimée et prise en compte ?

Paru dans le Forum Ouest-France Nantes le 27 avril 2011 et dans Presse Océan le vendredi 30 avril 2011 et dans l'Hebdo Sèvre et Maine le jeudi 5 mai

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19 juin 2010

Revue de presse perso

Presse Océan 19/20 juin 2010 Débat Nord Loire-Sud Loire :

Forum de Ouest-France Nantes 3 juin 2010

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3 mars 2009

La Loire Atlantique, 5ème roue de la Bretagne ?

Contribution à un débat d'actualité, où les Pays de la Loire passent trop facilement à la trappe.

Ainsi l’affaire serait entendue : la Loire Atlantique demanderait son rattachement à la Bretagne, afin de reconstituer la Bretagne historique, et mettre fin à 50 ans d’anomalie administrative et politique. Le président de la République – qui parle beaucoup – s’en est fait l’écho, et un peu à la Ponce Pilate, a laissé croire qu’il laisserait faire. Depuis le grand amplificateur médiatique et la forte mobilisation des militants de cette cause, donnent le sentiment que le redécoupage des régions a été l’activité principale de la commission Balladur, et qu’il faut passer à l’acte. L’acte de décès des Pays de la Loire.
Pour ce faire, les avantages que la Loire Atlantique retirerait de son rattachement à la Bretagne - comme un dernier wagon resté à quai - sont peu développés. En revanche, le procès fait au Pays de la Loire est sans appel : mosaïque informe, fille de Pétain, habitée de « ligériens » - appellation péjorative ! - sans histoire ni culture commune, et autres amabilités.
Alors que l’air du temps est à la valorisation du métissage et de la diversité, reconnaissons au moins que les Pays de la Loire constituent un bel exemple d’enrichissement mutuel. L’histoire, les paysages, les territoires de vie, rapprochent les hommes et les départements de cette région.
Faut-il rappeler le passé prestigieux du Maine et de l’Anjou bien symbolisé par l’Abbaye de Fontevrault. De la Hongrie à Jérusalem, de l’Angleterre au royaume de Sicile, « L’Europe des Anjou » a marqué l’histoire du XIIème au XVème siècle. Passé douloureux au sud de la région, avec la Vendée au sens large, qui a payé lourdement sa rébellion contre un pouvoir qui la méprisait. Les Chouans dans leur errance ont sillonné cette région, et lui ont aussi donné des éléments d’identité.
Les paysages et leur lumière si particulière, les cultures avec les vignobles du val de Loire au pays nantais – de Saumur à Clisson - les cultures maraîchères qui suivent le fleuve : autant de marques de qualité connues bien au-delà de nos frontières. Faut-il appeler à la barre de ce procès, Julien Gracq ligérien célèbre qui écrivait « Quand on va du nord au sud de la Loire, bien qu’on reste dans la région du schiste et du bocage, on change en réalité de pays…et même de manière villageoise de vivre et de philosopher ». C’est bien aussi la diversité de la Loire Atlantique, si bien nommée, avec ses ardoises au nord et ses tuiles au sud.
Comment ne pas voir enfin le spectaculaire rapprochement des territoires de vie des habitants de cette région, avec les aires urbaines de Nantes, La Roche sur Yon, Cholet, Ancenis, Angers, toujours plus proches. Ce sont autant d’échanges, de projets communs, de migrations quotidiennes, qui avec l’attirance des Mayennais et Sarthois pour nos côtes, ont constitué un vrai territoire économique social et culturel. Nantes s’y inscrit naturellement comme pôle central et l’hôtel de région au milieu du fleuve tourné vers l’est, symbolise bien la dimension ligérienne, multipolaire. Comment imaginer la Loire Atlantique rompant tous ces liens et tournant définitivement le dos à la Loire ?
Alors ne jetons pas la région des Pays de la Loire avec l’eau du fleuve. Gardons ce que l’histoire récente a façonné et enrichi. Et s’il faut trouver de nouvelles dimensions pour nos régions, nous avons davantage à gagner dans le dépassement pour constituer un ensemble plus vaste. La Bretagne, les Pays de la Loire, le Poitou Charente, en mettant en commun ce qu’elles ont de meilleur, constitueraient un territoire tourné vers l’avenir, alliant dynamisme économique, démographique et culturel. Chacun pourrait y garder son identité et assurer son développement sans repli ni crispation.

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11 septembre 2008

Le vignoble nantais : un pays aimable

Le vignoble nantais : un pays aimable
« Où il y a de la vigne, il n’y a pas de barbarie » dit Hubert de Mauvillé, vigneron bourguignon dans le film Mondovino. Et pour reprendre quelques citations de Julien Gracq publiées récemment dans un n° spécial de la revue Place Publique, le célèbre écrivain oppose volontiers, le nord Loire et ses « zones d’atonie » au sud Loire et ses campagnes plus riantes, plus ouvertes, plus chaudes : c’est déjà « l’horizon tout proche d’un Midi timide que les miroirs d’eau, les tuiles romaines, les briques et les arcades de Clisson viennent un moment italianiser ». Il ajoute « Quand on va du nord au sud de la Loire (…) on change en réalité de pays… et même de manière villageoise de vivre et philosopher » (N° mars avril 08 page 46 ). Il suffit de se promener sur les magnifiques coteaux du vignoble comme ceux de Saint Fiacre sur Maine pour s’en convaincre.
Etre né et avoir connu dans son enfance les rituels et le rythme des vendanges, longtemps si festives et joyeuses avec tous ces jeunes travaillant dur, mais si heureux de se retrouver le soir pour rire et s’amuser, est une chance qui ne s’oublie pas. La mécanisation et « l’industrialisation » nous ont fait changer d’époque. Le muscadet aussi a changé : plus rond, fleuri, plus normalisé, moins sec qu’auparavant, si bien que quelques anciens cherchent maintenant dans le Gros-Plant, le goût du muscadet d’autrefois…
Une question pour finir : pourquoi Nantes ignore-t-elle à ce point son vignoble ? Tout orientée vers l’estuaire, pourquoi tourne-t-elle le dos à l’axe Nantes Clisson ? Résultat de l’histoire et/ou complexe vis-à-vis de Bordeaux ?
Contribution à l'émission Transbordeur sur le muscadet

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