3 juin 2014

La Loire Atlantique 5e roue de la Bretagne ?

800e chronique du blog, débuté en 2005

Cette article a été publié par le Conseil de développement de Nantes Métropole, par L'Hebdo Sèvre et Maine le 19 juin 2014 et dans La Croix le 7 juillet 2014

Ma contribution au débat sur la réforme des régions ( transmise ce jour au Conseil de développement Nantes Métropole)

Dans le grand débat de la réforme territoriale qui vient d’être lancé, l’affaire serait entendue : la Loire Atlantique demanderait son rattachement à la Bretagne, afin de reconstituer la Bretagne historique, et mettre fin à 50 ans d’anomalie administrative et politique. Déjà, en 2009, quand la question avait été évoquée dans le cadre du comité Balladur pour la réforme des collectivités territoriales, l’ancien président de la République s’en était  fait l’écho, et, un peu à la Ponce Pilate, avait laissé entendre qu’il laisserait faire. Depuis, le grand amplificateur médiatique et la forte mobilisation des militants de la  cause bretonne, qui ne manque ni de forces ni de talents, donnent le sentiment que dans la phase propice qui s’engage, il  faut passer à l’acte. L’acte de décès des Pays de la Loire.
Pour ce faire, les avantages que la Loire Atlantique retirerait de son rattachement à la Bretagne - comme le dernier wagon resté à quai  -  sont peu développés. En revanche, le procès fait au Pays de la Loire est sans appel : mosaïque informe, fille de Pétain, habitée de « ligériens » - appellation péjorative ! - sans Histoire, ni culture commune, et autres appréciations définitives.
Alors que l’air du temps est à la valorisation du métissage et de la diversité, reconnaissons au moins que les Pays de la Loire constituent un bel exemple d’enrichissement mutuel. L’histoire, les paysages, les territoires de vie, rapprochent les hommes et les départements de cette région.
Jules César le premier a détaché le Sud Loire pour le rattacher au Poitou, faisant de la Loire une frontière naturelle qui a perduré pendant presque 9 siècles. En suivant la Loire, faut-il rappeler le passé prestigieux du Maine et de l’Anjou bien symbolisé par l’Abbaye de Fontevrault. De la Hongrie à Jérusalem, de l’Angleterre au royaume  de Sicile, «  L’Europe des Anjou » a marqué l’histoire du XIIème au XVème siècle. Comment aussi ne pas évoquer  le passé douloureux du sud  de la région de 1793 à 1796, avec la Vendée au sens large englobant le pays nantais, qui a payé lourdement sa rébellion contre un pouvoir qui la méprisait. Les Vendéens dans leur errance du Mans à Savenay, ont sillonné cette région, et lui ont aussi donné des éléments d’identité.
Les paysages et leur lumière si particulière, les cultures avec les Vins de Loire, de Saumur à Clisson et au pays de Retz, constituent des éléments et des appellations ayant une forte identité.  Les cultures maraîchères qui suivent le fleuve : autant de marques de qualité connues bien au-delà de nos frontières. Faut-il appeler à la barre de ce procès, Julien Gracq ligérien célèbre qui écrivait «  Quand on va du nord au sud de la Loire, bien qu’on reste dans la région du schiste et du bocage, on change en réalité de pays…et même de manière villageoise de vivre et de philosopher ». Dans son   Dictionnaire amoureux de la Loire  parue récemment, l’académicienne – et angevine – Danièle Sallenave montre le lien fort et contrasté que constitue le fleuve dans une diversité insuffisamment soulignée « C’est dommage. Il y a un avant, sauvage quand elle [La Loire] creuse son chemin, et un après en pays nantais » (P.O. 8 mai 2014). Ce contraste est bien aussi celui de la Loire Atlantique, si bien nommée, avec ses ardoises au nord et ses tuiles au sud.
Comment ne pas voir enfin  le spectaculaire rapprochement des territoires de vie des habitants de cette région, avec les aires urbaines de Nantes, La Roche sur Yon, Cholet, Ancenis, Angers, toujours plus proches. Ce sont autant d’échanges, de projets communs, de migrations quotidiennes, qui avec l’attirance des Mayennais et Sarthois pour nos côtes, ont constitué un vrai territoire économique social et culturel. Nantes s’y inscrit naturellement comme pôle central et l’hôtel de région au milieu du fleuve tourné vers l’est, symbolise bien la dimension ligérienne, multipolaire. Comment imaginer la Loire Atlantique rompant tous ces liens et tournant définitivement le dos à la Loire ?

 Alors ne jetons pas la région des Pays de la Loire avec l’eau du fleuve. Gardons ce que l’histoire récente a façonné et enrichi. Et s’il faut trouver de nouvelles dimensions pour nos régions, nous avons davantage à gagner dans le dépassement pour constituer un ensemble plus vaste. La Bretagne, les Pays de la Loire, et pourquoi pas  le Poitou Charente, en mettant en commun ce qu’elles ont de meilleur, constitueraient un territoire tourné vers l’avenir, alliant dynamisme économique, démographique et culturel. Chacun pourrait y garder son identité et assurer son développement sans repli ni crispation.

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18 février 2013

La région PDL "achète" France 3 Pays de la Loire

900 000 € sur trois ans, c'est l'apport de la région des Pays de la Loire - qui ne connait pas la crise - au profit de France 3  PDL. La télévision régionale est pourtant financée par la redevance, mais apparemment cela ne suffit pas, elle fait la manche auprès de la région, qui de son côté voit là une belle occasion de faire sa pub à bon compte.
Le Club de la Presse Nantes Atlantique s'inquiète à juste titre de cette convention et notamment de l'article 2 qui indique que " les programmes auront pour vocation de suivre les  manifestations et évènements dans lesquels la Région des Pays de la Loire est impliquée" ( c'est moi qui souligne) Le Club s'interroge sur "la liberté éditoriale de traiter ou non un sujet lorsqu'une contrepartie financière est prévue" Le Club de la presse souligne à juste titre que c'est la liberté éditoriale qui est menacée. Comment refuser de traiter une manifestation où la Région est partenaire ?

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15 juin 2012

Rio + 20 : Ouest France y va


J'ai déjà évoqué le grand intérêt que portaient nos élus pour les manifestations internationales surtout lorsqu'elles ont lieu sur d'autres continents ( blog du 21 avril " argent public à voyage").
Ouest France qui sera du voyage ( à ses frais ?) fait 4 colonnes en page 7 le 7 juin 2012 sous le titre " Les jeunes donnent le coup d'envoi de " Rio + 20" Une délégation régionale ( d'au moins 16 personnes conduite par Jacques Auxiette NDLR) participera à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, du 20 au 22 juin. Cinq lycéens et apprentis seront du voyage."
L'article signé Edith Geslin ( sera-t-elle du voyage ?)est dithyrambique sur cette initiative qui bénéficie de la caution de Albert Jacquard. C'est le monde de bisounours.
Le journal La Tribune du 1er juin apporte quelques bémols et parle de scandale financier à propos d'un séjour à Rio " entre 3000 et 10000 € la semaine... pour faire de la figuration" et note un grand nombre de désistements : la région Champagne-Ardennes, la région Ile de France, du président de la région Rhône-Alpes, etc.

Bravo dans cette affaire à Presse-Océan qui ne sent pas obligé de relayer toutes les initiatives dépensières et inefficaces de la Région et qui n'envoie pas de journaliste à Rio...

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