23 février 2017

J'ai vu Mehdi Meklat...

J'ai vu Mehdi Meklat jeudi dernier dans l'émission de François Busnel La Grande Librairie. L'invité principal était Kamel Daoud qui a mes yeux n'a pas été bien traité dans cette émission. J'ai fait la connaissance de Mehdi Meklat invité avec son collègue Badrou, venus faire la promotion de leur dernier livre Minute. N'étant plus auditeur de Pascale Clarke, ni lecteur des Inrocks , ni de Libération, le talent précoce de ces jeunes du Bondy Blog, m'avait échappé. Avec sa casquette américaine, sa chemise rouge haut boutonnée, Meldhi Meklat monopolisait la parole avec aisance, laissant peu de place à son co-auteur qui disait pourtant des choses très pertinentes. J'ai senti qu'il portait peu d'intérêt et sans doute, peu de considération, aux autres invités, particulièrement Philippe Val - qui semble-t-il lui avait ouvert les portes de France Inter - et Kamel Daoud ( question de génération ?).
Bref tout cela entre gens de bonne compagnie. Patatras ! le lendemain, grâce à des internautes persévérants, tout le monde apprenait que la coqueluche des médias parisiens le jour, était la voix de la haine, la nuit. Sous le pseudo de Marcelin Deschamps, de 2011 à 2016, ses tweets étaient d'un très grande violence, mysogines , homophobes, antisémites, racistes anti-blancs, souvent contre des personnes nommément désignées. Je me refuse à en reproduire tellement il sont odieux.  Les maisons d'éditions et de télé ont tout de suite pris leur distance - sauf Pascale Clark qui a trouvé que " Son personnage odieux, fictif ne servait qu'à dénoncer". Meldhi Meklat de son côté estimait que tout cela était " obsolètes" et présentait ses excuses. Tout en prenant soin le week end dernier de faire disparaitre près de 5 000 tweets de son personnage a "la duplicité maléfique"...

L'affaire Meklat est un " symptôme révélateur" écrit Le Monde dans son éditorial de ce jour.
" Cette duplicité en reflète une autre, celle de deux sociétés parallèles qui n'arrivent pas à converger: la société médiatique, artistique et politique, consciente des ratés  de l'intégration des minorités issues de l'immigration, désireuse d'y dénicher des profils nouveaux, brillants, de "héros positifs", mais réticente à faire elle-même le lent et laborieux effort d'intégration accompli dans certains autres pays, et la société des quartiers que ces difficultés d'intégration rendent de plus en plus rebelles et de plus en plus radicale dans l'expression de cette rebellion".
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Une illustration de la montée de la violence rhétorique amplifiée par les réseaux sociaux.
L'expérience montre qu'elle peut ouvrir la voie à de dangereux débordements.

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11 novembre 2010

Le Monde et BNP

Lecteur historique du Monde, j'observe avec circonspection le sauvetage en cours d'un journal en situation de faillite par le trio BNP. Je veux dire Pierre Bergé, Xavier Niel, Matthieu Pigasse - BNP - qui se sont associés pour assurer les fins de mois dans un premier temps, prendre partiellement le pouvoir, tout en étant applaudit par plus de 90 % des différentes instances du journal. J'ai simplement noté que dans ces différentes décisions, la Fondation des amis d'Hubert Beuve Méry s'est constamment retrouvée dans la minorité et, si j'ai bien compris, elle n'existe pratiquement plus dans les nouvelles instances.
Eric Fottorino le successeur de Jean-Marie Colombani en a profité pour faire un long éditorial et dire tout le bien qu'il pensait de la nouvelle organisation et tout le mal accompli par ses prédécesseurs et surtout Jean-Marie Colombani. Ce dernier viré en 2007 ( je crois) par un vote au couteau de la société des rédacteurs, le " soviet" interne, dans un texte intitulé sobrement "Quelques remarques" plaide sa cause, souligne que la situation était beaucoup moins mauvaise quand il est parti, et l'inélégance éditoriale de celui dont il a largement favorisé la carrière. Je ne trouvais pas Colombani toujours formidable comme éditorialiste - il traduisait bien un centre gauche auquel je continue à adhérer - mais en l'espace d'une décennie il avait développé un groupe multimédias, certes endetté, mais d'une grande ampleur. C'est dire si je suis un abonné inquiet aujourd'hui. Pour paraphraser Mme de Guermantes, je dirai " Les nouveaux actionnaire du Monde m'inquiètent" Le Monde du 8 novembre leur consacre une double page.
Pierre Bergé, grand protecteur, possessif d'Yves Saint Laurent( cf. le dernier film à ce sujet )m'a découragé par ses outrances et son agressivité tous azimuts, de continuer à donner au Sidaction. . Je crois qu'in sera vite insupportable.
Xavier Niel
a fait sa fortune dans le X, en débutant avec le minitel rose et comme le dit gentiment le rédacteur " par ivresse de la transgression" il devient " le roi du porno" et du peep-shows. Cela remplit les caisses mais le conduit via des questions de blanchiment à une condamnation pénale et à un mois ferme de prison. Il vit l'épreuve lit-on "comme une rédemption". Depuis, de Médiapart à rue89 et maintenant au Monde, il investit dans la presse.
Mathieu Pigasse c'est le banquier de l'équipe celui que je trouve le plus sympathique, amoureux du rock et de la presse, ce qui donne, entre autres Les inrokuptibles Ses sympathies à gauche sont connues, ce qui l'a certainement aidé dans sa conquête du Monde.
C trio aurait toujours selon ces portraits, été mis en relation par Pascal Houzelot fondateur de la chaîne gay Pink TV. Avec le journal catho La vie dans le groupe, voilà qui est proche du grand écart.
A suivre, les prochains épisodes pour voir comment cet équipage va tenir le gros temps qui attends Le Monde.

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