6 février 2020

Municipales : Vous n'êtes pas concerné !

" Habitant de la Métropole nantaise où se décide presque tous les choix de ma vie quotidienne, je suis spectateur de la campagne électorale nanto-nantaise qui seule aborde ces choix. Un électeur sur deux de la métropole qui n'habite pas Nantes est dans ce cas. C'est une aberration démocratique. Quels élus proposent de faire évoluer le système pour que tous les électeurs de la Métropole votent au niveau de la métropole ?

C'est une des questions que j'ai posée à Médiacités Nantes qui sollicite volontiers ses lecteurs. Je crains de connaître la réponse, tant notre système électoral local est biaisé puisque des centaines de milliers d'électeurs ne peuvent s'exprimer sur les questions essentielles de leur vie quotidienne. Vous n'êtes citoyen que dans le cadre étroit de votre commune où il faut surtout valoriser les maires.. Qui n'a plus beaucoup de compétence. Qui n'a pas entendu de nombreuse fois " Ah mais c'est de la compétence de la Métropole ?"

Libellés : , , ,

25 novembre 2019

Municipales : Une coquille(presque) vide


Nous sommes dans la période pré-électorale des élections municipales de mars prochain. Dans ce scrutin  plus de la moitié des 639 000 habitants  de Nantes Métropole n’auront à voter et débattre ni sur l’assainissement, la voirie, l’urbanisme, le logement, l'environnement, les déplacements, les transports sans parler des grands équipements et aménagements et d’une part importante des impôts locaux, qui sont de la compétence de la Métropole. Ces questions seront peut être abordées à Nantes même, qui de fait gouverne la Métropole, mais pour les 23 autres communes elles seront hors sujet, comme c’est le cas depuis près de 20 ans. Une aberration démocratique qui a la vie dure et qui “surfe” sur la bonne image des maires. Tout au plus a-t- on concédé  depuis 2014 que les listes communales doivent “flécher” les candidats susceptibles de siéger au Conseil communautaire de la Métropole. On a gardé le même nombre d’élus dans les communes qu’à l’époque où ils s’occupaient de tout. Maintenant leur rôle est on ne peut plus réduit et toutes les grandes décisions relèvent de la Métropole où la technostructure domine.
Ce qui est fascinant c’est de constater que ce mouvement touche maintenant la grande majorité des communes via les intercommunalités. Le pouvoir n’est plus local il est intercommunal, mais les élections restent exclusivement locales. Il y a toujours autant de conseillers municipaux, mais la grande majorité d’entre eux ne débattent plus  et ne se prononcent plus  sur les questions essentielles. Le pouvoir est ailleurs. Certains s’étonnent après cela qu’il y a dans notre cher pays un malaise démocratique...
Faute de mieux, il faudrait demander  dans la prochaine campagne électorale que  les têtes de liste nous fassent part dans leur programme  de leurs projets pour la Métropole ou pour les intercommunalités. Ce serait un service minimum.


Libellés : , , ,

13 mars 2014

Elections communautaires, une élection hors sol, en trompe l'oeil

Les documents officiels de préparation aux élections municipales des 23 et 30 mars prochains, ne manquent pas de préciser qu’il s’agit «  d’élections municipales et communautaires », ce dernier point étant présenté comme une avancée démocratique significative. Nous voterons donc aussi pour désigner les conseillers communautaires ayant en charge l’ensemble des compétences  de l’agglomération Nantes Métropole. Concrètement sur les bulletins de vote, seront soulignés ou mis sur une liste à part – « fléchés » en langage administratif -  les conseillers municipaux appelés à constituer le Conseil communautaire. C’est, par la méthode adoptée, une sorte de sous-ensemble, une élection « hors sol », un vote bloqué,  qui laissera perplexe la plupart des électeurs. La campagne électorale montre que l’intérêt porté à cette élection communautaire est inversement proportionnel aux enjeux politiques et financiers qu’ils représentent pour les 600 000 habitants de l’agglomération.
Ces grands enjeux qui concernent les déplacements, la mobilité, les franchissements de la Loire, les grands aménagements urbains, etc., sont débattus entre les têtes de liste à Nantes sous le regard passif de la moitié non nantaise des habitants de Nantes Métropole, qui sont quand même concernés à la fois comme usagers de ses services ou de ses équipements et, en toute hypothèse, comme contribuables pour en assurer le financement. Certes avec quelque cynisme on nous dira que, puisque la majorité qui sortira des urnes à Nantes sera aussi majoritaire au conseil communautaire, une élection à part des conseillers communautaires ne changerait pas fondamentalement les choses. Sauf que s’il y avait deux véritables élections indépendantes, municipales et communautaires, le même jour, tout citoyen des 24 communes de Nantes Métropole pourrait en toute liberté exprimer le choix de ce qui lui convient le mieux, au plan de sa commune et au plan de l’agglomération. Ce qui donnerait une véritable légitimité au conseil communautaire.

En l’an 2 000, un rapport de Pierre Mauroy avait déjà proposé l’élection des conseillers communautaires au suffrage universel direct. Trois élections municipales et quatorze ans après, nous n’en sommes qu’à cette élection en faux-semblant qui ne laisse aucune initiative aux électeurs et que l’on voudrait faire passer pour un progrès remarquable. Comment s’étonner alors de la défiance des Français à l’égard du système politique, qui se renforce de sondage en sondage. Une récente étude Ipsos-Steria (Le Monde 08.02.14) montre que pour 63 % des sondés le système démocratique  « fonctionne de moins en moins bien » et autre illustration de cette défiance, trois sur quatre (74%) assurent se sentir « de plus en plus manipulés ».

Contribution adressée au Conseil de développement de Nantes Métropole et au forum Ouest France ( paru le 19 mars 2014)

Libellés : , , ,