14 novembre 2012

Scholastique Mukasonga

Elle est rwandaise, tutsi, a connu les massacres de 1994, et vient d'obtenir le prix Renaudot 2012 pour son roman Notre Dame du Nil.
Imagine-ton un prénom plus exotique que Scholastique, qui - sans h - désigne l'enseignement de la philosophie et de la théologie dans les universités médiévales !
Je l'ai entendu il y a quelques jours dans la matinale de France Culture répondre avec pertinence et humour aux questions de Marc Voinchet. Et dire son plaisir d'avoir eu une école près de son habitation, où elle avait appris le français.
Je me souviens de propos similaires d'Henri Lopez nanto-congolais qui a exercé des responsabilités politiques importantes parallèlement à une carrière d'écrivain. Comme ministre de l'éducation congolaise ayant voulu réduire la place du français dans l'enseignement, il avait essuyé les vives critiques des familles de son village " Vous voulez nous priver du moyen d'améliorer notre condition par tout ce que permet la langue française ?"
Démographiquement et affectivement l'avenir de la langue française est en Afrique.

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17 février 2010

Henri Lopes à Nantes


C'est avec grand plaisir que j'ai assisté le 9 février dans l'amphi Kernéïs, à la conférence d'Henri Lopes, ambassadeur du Congo en France et écrivain. A la fois parce qu'il est un Nantais d'adoption, ayant passé plusieurs années comme interne au lycée Clemenceau - juste avant que je n'y arrive en 1957/1958 - mais surtout en raison de mes années congolaises de 1966 à 1970, à Brazzaville d'abord puis à Pointe Noire. C'est à cette époque qu'il a commencé sa carrière politique, en étant notamment ministre de l'éducation, dans un pays où la scolarisation des jeunes étaient de 100 %. Il a été ensuite Premier Ministre, et a été couronné du Grand prix de la francophonie de l'Académie française en 1993. Métis à plusieurs niveaux dans sa filiation, brillant, sachant remarquablement analyser les caractères spécifiques des civilisations " des Afriques " cela a été formidable de l'entendre parler de la francophonie - qu'il a failli diriger - de la littérature et de l'attachement des Congolais à notre langue dans un pays ou il n'y a pas moins de 43 langues vernaculaires. J'ai eu l'occasion d'échanger avec lui sur l'Ecole de peinture de Poto-Poto, qui fonctionne toujours et où j'avais fait la connaissance de peintres comme Gotène ou Iloki ( tableau joint).
Il y a toujours eu des liens forts entre la France et le Congo ( Brazzaville ) et ce n'est pas un hasard si aucune ville n'a été débaptisées à l'indépendance : Brazzaville a quand même été la capitale de la France Libre pendant plusieurs années.
J'ai acquis à cette occasion un de ses livres " Le chercheur d'Afriques " qui mélange subtilement ses souvenirs de là-bas et d'ici.

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