6 décembre 2013

Georges Malbrunot « L’angélisme des médias en France s’oppose au réalisme des reporters de terrain »

Nous avons accueilli ce matin dans le cadre des conférences de l'Observatoire des médias de Nantes (OMUP), Georges Malbrunot, grand reporter, l'un des meilleurs spécialistes de Moyen Orient. Le thème : les médias et l'Orient complexe et effervescent. Un sujet abordé du point de vue du journaliste qui depuis plus de 20 ans, parcourt le Liban, la Syrie, l'Irak ( où il a été plusieurs otages), l'Iran, le Qatar ( cf. dernier livre), les Emirats, l'Arabie Saoudite, etc...
Une analyse sereine, distanciée, loin des emballements des journalistes métropolitains. Et notamment les circonstances de sa récente interview de Bachar el Assad.
Compte rendu plus complet à suivre.
photos JCC

Après avoir relaté son itinéraire de grand reporter commencé au Liban, en Iran et en Irak, et la difficulté parfois à « s’extraire de notre passé chrétien » notant aussi, la difficile neutralité dans le conflit israéo-palestinien, Georges Malbrunot, souligne « L’angélisme des médias en France ». Les points de vue des reporters sur le terrain sont beaucoup plus réalistes. Ils mesurent mieux les difficultés et la complexité des situations, alors que les rédactions parisiennes, évoluent dans une complaisance alternative pour un camp, puis un autre, avec des glissements sémantiques ( du terrorisme aux forces de libération, du romantisme révolutionnaire au djihad). Il y a une bien pensance des médias qui résulte en partie de la réduction des moyens mis en œuvre dans les rédactions: l’Etranger ne fait pas vendre et le service correspondant n’a cessé de se réduire.
Il retient l’année 2003 marquée par l’amende honorable de la presse américaine au regard des « armes de destruction massive » et constate que cette autocritique est moins facilement mise en œuvre dans le presse française. Souligne les inconvénients des journalistes « embarqués ».
Les risques encourus comme par exemple en Syrie, entrainent l’afflux sur place de jeunes journalistes indépendants car les rédactions considèrent que les risques d’enlèvement sont trop élevés. Depuis 2002, on compte 80 prises d’otages. Il faut savoir aussi qu’une protection coûte 2000 € par jour…Et qu’il faut se méfier de tout le monde ( passeurs, fixeurs, etc). Concernant la publicité des enlèvements des otages, Georges Malbrunot estime qu’il faut agir avec précaution « C’est à double tranchant » et « On a écrit beaucoup de conneries sur les otages ».
Il estime indispensable de relayer la parole des responsables ce qui l’a conduit à interviewer récemment Bachar el Assad pendant 45 minutes. Il expose les modalités pratiques et diplomatiques d’une telle interview, la nécessité de tenir les télévisions à l’écart, les exigences de diffusion, et les questions de traduction qui sont tout à fait centrales.
Le souci de traiter l’information de façon équilibrée, le conduit à relever que le « Qatar bashing » dans certains médias français est excessif. Il est vrai que « Les bédouins n’aiment pas communiquer » et « Le Qatar n’achète pas la France, simplement l ‘émirat a des dizaines de milliards d’euros à investir chaque année ! ».
Dans l’effervescence et la complexité orientale et moyen-orientale, il faut constamment rechercher une position neutre et ne pas se situer dans le registre de l’émotion.

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24 septembre 2012

Hervè Ghesquière : des oeillères ?

Hervé Ghesquière qui, avec Stéphane Taponier, a été enlevé pendant 547 jours - 547 jours est le titre de son livre - dans des circonstances qui à l'époque avaient suscité des interrogations voire des polémiques. Hervé Ghesquière règle des comptes dans ce livre, avec notamment les militaires encadrant la presse sur place. un lieutenant-colonel traité de " lâche" a déposé une plainte pour diffamation. Le journaliste de France télévision bénéficie bien entendu d'un large soutien de ses collègues.
Le Monde du 22 septembre donne la parole aux militaires qui étaient sur place :
" Pendant ces 547 jours,dès qu'un indice laissait penser que la vie des otages pouvait être mise en cause, les opérations ont été stoppées. A chaque fois les insurgés ont reconstitué leurs forces et ont posé des engins explosifs improvisés. Les soldats ont contribué à la sécurité de la Kapisa et à la libération des otages. A aucun moment Hervé Guesquière ne fait état de ce rôle. Pendant ces 547 jours, 27 militaires sont morts."

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6 juillet 2011

Otages, remaniement, FMI, Sarkozy, DSK, Banon,semaine folle !

Comme l'indique le dessin de Pétillon dans le Canard Enchaîné de ce matin, qui fait dire à Ghéquière et Taponnier - les deux ex-otages français- entourés de personnages plongés dans la lecture de journaux ne parlant que de DSK : " On retourne vite à l'anonymat finalement..."
Il est des périodes où l'actualité passe de la léthargie à l'excitation extrème. ainsi la semaine dernière : à peine le temps d'accueillir les otages d'Afghanistan, et de présenter le remaniement ministériel, que Sarkozy se fait agressé, Lagarde élire à la présidence du FMI, et DSK un retour impromptu au bénéfice du doute propre à la justice américaine, mais aussitôt contrecarré par Tristane Banon qui n'a pas oublié une certaine interview de DSK ( déjà relatée dans " Sexus politicus " en 2005)
Pas de chance pour la presse écrite, c'est juste cette semaine là que le syndicat du Livre puis la CGT de Presstalis, ont choisi de se mettre en grève. Rien ne sera épargné aux journaux et surtout à leurs lecteurs...

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