24 mai 2021

Rwanda : La démocratie selon Paul Kagamé

 Le Monde du 21 mai a consacré plusieurs textes au Rwanda dont une longue interview de Paul Kagamé Président du pays et au pouvoir depuis 1994 à l'issue du génocide. Il a été réélu en 2017 avec 98,8% des voix et a obtenu la possibilité de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2034. 

La très grande majorité de la presse française ignorant de très nombreux livres ou publications anglo-saxonnes, rallie les points de vue de Kagamé sur le génocide et l'histoire rwandaise. C'est le cas  de Pierre Lepidi et Piotr Smolar les journalistes du Monde qui ont fait cette interview, pourtant quelque peu malmenés par certaines réponses du président rwandais.

Extraits

Suite de la phrase " Il a été emmené en prison où il est mort. Alors forcément, on dit que s'il est mort en prison, c'est parce qu'il a été tué par le gouvernement qu'il critiquait. C'est ça, votre conclusion ?
Non, mais on ne peut ignorer que ce cas a suscité beaucoup d'émotion dans la société... et que cela ternit ce que vous avez accompli au Rwanda... complètent les journalistes

Plus loin à propos de Kizito : "On dit qu'il est mort parce qu'il critiquait le pouvoir. Des ONG des droits de l'homme et des journalistes font de moi un tueur. Mais si, si j'étais un tueur, beaucoup de gens ne seraient pas en vie.(...)

Dans le même journal Bernard Cazeneuve ancien premier ministre de François Hollande exprime son point de vue sur le rapport Duclert dont il conteste les mots " lourdes et accablantes" concernant les responsabilités de la France, tout en considérant qu'il " est honnête sur bien aspects"." Le rapport Duclert est une contribution à la vérité au Rwanda, il n'est pas la vérité".

A la fin de l'interview, il formule des questions, des interrogations qui, a mes yeux sont essentielles sur le génocide :

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J'espère qu'en allant cette semaine à Kigali, Emmanuel Macron aura en tête toute ces interrogations et n'abaissera pas la France devant un leader, vainqueur, dont la vérité est encore incertaine. 

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21 janvier 2021

Les grands médias aux ordres des réseaux sociaux

Xavier Gorce dessinateur des pingouins dans le Monde.fr vient de démissionner du journal. Sa décision intervient après que la nouvelle directrice de la rédaction ait exprimé ses regrets pour la publication d'un dessin exprimant sur le mode ironique une question autour de l'affaire Duhamel.https://www.google.com/search?q=xavier+gorce+dessin&rlz=1C1PRFI_enFR803FR803&sxsrf=ALeKk02GbZMlMTzo7Me2BDqf17I6_DGSDw:1611226475123&tbm=isch&source=iu&ictx=1&fir=S-HEL9vGwmKXaM%252Cyk_IlSsR-sLSCM%252C_&vet=1&usg=AI4_-kTk8a-hwAxCACdzGXj41np7UDJfVg&sa=X&ved=2ahUKEwi65c6t7qzuAhUCSxoKHdSrBXIQ9QF6BAgKEAE#imgrc=S-HEL9vGwmKXaM

Cela intervient peu de temps après la suspension d'Alain Finkielkraut de LCI après son intervention sur le même thème dans l'émission de David Pujadas le lundi 11 janvier. Sans parler du New York Times qui a abandonné depuis plusieurs mois la publication de tout dessin de presse.

Bref, la censure demandée par des minorités sur les réseaux sociaux marche à plein. Il est triste de constater l'acquiescement immédiat et sans débat de grands organes de presse à ces injonctions. La censure gagne tous les jours du terrain et les journalistes y mettent la main. Cette obéissance est paradoxale au regard de la critique permanente du contenu des réseaux sociaux qu'il conviendrait de mieux contrôler et réguler. Que les grands médias résistent d'abord à cette pression permanente de groupes ou lobbys qui ont leur légitimité, mais qui ne représentent qu'eux mêmes et sont ultra minoritaires.

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21 juin 2020

Coronavirus : trop de défiance

Dans les nombreux points de vue sur la gestion de la crise du corinavirus en France je retiens en particulier celui exprimé dans un interview dans Le Monde du 13 juin par une philosophe, professeure à l’université Panthéon Sorbonne, Sandra Laugier, spécialiste du “ care” (soin mutuel).
Extrait
En France, au contraire,on a vu s’installer rapidement un monopole de la connaissance, associé à un discours insidieux et paternaliste de dénigrement des capacités civiques des citoyens, soupçonnés d’indiscipline, d’égoïsme, de crédulité. Il y a eu un  contraste fort entre ce discours de défiance et de condescendance et la réalité du terrain, où l’on a vu se déployer la capacité des citoyens à prendre des responsabilités, à s’organiser pour lutter contre l’épidémie et pallier les insuffisances des pouvoirs publics, par exemple en produisant des masques ou en distribuant de la nourriture, y compris dans des conditions difficiles de dénuement, dans des quartiers habituellement catalogués comme des lieux de désobéissance et de chaos.”
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Elle en tire, comme beaucoup, des leçons sur notre fonctionnement démocratique. Et pour le monde de demain...

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21 janvier 2020

José-Alain Fralon et le temps fou des grands reporters


Le journalisme avant Internet  au temps fou des grands reporters thème de l’Observatoire des médias de l’université permanente de Nantes le vendredi 24 janvier  par Alain-José FRALON ancien grand reporter au Monde

José-Alain FRALON : Journaliste et auteur. Il a été rédacteur en chef-adjoint au Monde après en avoir été le correspondant à Bruxelles de 1985 à 1991. Grand reporter il a notamment couvert la guerre au Kosovo, le procès Papon, et la chute de Ceausescu en Roumanie. Il a publié une dizaine de portraits ou récits dont  Baudoin, l’homme qui ne voulait pas être roi Fayard 2001, Maurice Ronet, le splendide désenchanté, Equateurs 2013, Les secrets du Tour de France, Equateurs 2013. Son dernier livre Le journalisme avant Internet a été publié à  La Tengo Editions en 2019.

« …Cette aventure  là était peut-être en train de disparaître gentiment. Elle avait eu ses héros, ses vedettes, ses personnages, ses saltimbanques et aventuriers, des « figures » et des « calibres ». Il fallait raconter, mouliner à nouveau cette belle histoire à l’intention de la nouvelle génération – celle du multimédia, de la TV à toute heure et de la tyrannie des réseaux sociaux. Avant le numérique, le métier avait compté un certain nombre de « numéros ».
« Alors José-Alain Fralon […] se mit au clavier. L’objet de [son] récit en forme de galerie de portraits n’est pas la presse, ni même une réflexion savante sur cette non-entité qu’on appelle aujourd’hui « les médias ». Le sujet de Fralon, ce sont les journalistes – « baveux », « gratteux », soutiers ou vedettes – qui vidèrent des Montblanc et épuisèrent des Remington dans la préhistoire de l’ « avant –Internet »…Alain Frachon Le Monde 17/01/2019

Vendredi 24 janvier 2020 Amphi 400 Fac de pharmacie 9 rue Bias  De 14 h 30 à 16 h
Accès 8 € pour les personnes non abonnées à l’Observatoire des médias de l’université permanente (033300) et à l’Atelier des médias (033301).
Présentation : Jean-Claude Charrier

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15 décembre 2019

Hommage à mémé et mamie


"L'urgence environnementale offre une belle revanche à la culture "mémé".Celle-là même qu'avaient ringardisée la modernité consumériste des "Trente glorieuses", le tout jetable, le tout plastique.Sur les blogs écolos, et sur fond de tendres photos noir et blanc, le quotidien exhumé des grands-parents ou arrières-grands-parents, leur vie modeste, économe, leur proximité avec la nature et les saisons, redeviennent source d'inspiration. Les bocaux, les filets à provisions, le verre consigné, le compost, le potager, les poules et les lapins, le bidon d'eau de pluie au milieu du jardin, les conserves maison, l'art d'accommoder les restes et épluchures, le garde manger à la cave, l'achat en vrac chez le commerçant du coin, les serviettes de table et mouchoirs en tissu, les bouillottes, les couches lavables, le savon noir et le vinaigre blanc: tout ressort comme par magie de l'armoire normande."
Pascale Krémer Le Monde L'époque - 17 novembre 2019
Nous avons connu et vécu tout cela. Hommage soit rendu à nos mémés et mamie avant que la grande machine consumériste ne les transforme en "têtes de gondole".

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23 juin 2019

Les footballeuses, ces surhommes

Si les footballeurs étaient des footballeuses comme les autres, ils joueraient les matchs en 113 minutes au lieu de 90, sur un terrain 10% plus grand; avec des cages de 7,93 m de long ( au lieu de 7,32) et 2,64 de haut au lieu de 2,44; et un ballon de la taille et du poids de celui utilisé au basket. Aberrant ? C'est pourtant l'équivalent de ce que réalisent les footballeuses engagées dans le mondial féminin, en s'adaptant à des conditions de jeu et des règlements prévus pour les hommes.
C'est ce que relate Sandrine Cabut dans un article du Monde Sciences et Médecine du mercredi 19 juin, en faisant référence à une étude faite par des chercheurs et chercheuses norvégiens qui prend en compte " Les différences anthropométriques et physiologiques entre les hommes et les femmes". Notamment les hommes mesurent en moyenne de 10 à 15 cm de plus que les femmes, font quatre pointures de plus en chaussures, et pèsent 10 kgs de plus, sans parler de la vitesse, endurance et puissance musculaire.
Il y a donc quelque chose d'aberrant à imposer aux femmes, les cadres et modalités du football masculin. Avec les matchs à élimination directe, nous allons voir des matchs avec prolongations, sous la chaleur, pendant plus de deux heures, comme hier entre l'Australie et la Norvège. En matière de tennis à l'opposé, les matchs féminins sont toujours en deux sets gagnants, alors que les hommes jouent en trois sets gagnants les matchs des grands tournois.

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18 juin 2019

Médias: confiance en baisse

Lexpress.fr relate une enquête internationale annuelle sur la confiance dans les médias. Une situation contrastée avec une baisse préoccupante en France.


En France, on ne fait vraiment plus confiance aux médias
Par Audrey Kucinskas,publié le 14/06/2019 à 12:46

Le rapport annuel du Reuters Institute est sans appel : la confiance se dégrade un peu partout dans le monde. Mais surtout en France, notamment après la crise des gilets jaunes.
La confiance dans les médias d'information, télévisés et papiers, baisse. C'est le triste constat, mais finalement peu surprenant, du rapport 2019 du Reuters Institute, intitulé Digital News Report. Cette étude, menée dans 38 pays, dont la France, par l'organisme spécialisé dans les données YouGov (entre fin janvier et début février auprès de 75 000 personnes) affirme que 42 % des personnes interrogées font confiance aux médias en général, contre 44 % il y a un an.  
Et seulement 49% font confiance aux médias qu'elles consultent. Quant à la confiance accordée aux réseaux sociaux, elle reste inchangée quoique plutôt faible : 23 % des personnes interrogées font confiance à ce qu'elles lisent sur les réseaux sociaux, et 33 % à ce qu'elles trouvent lors d'une recherche internet. 
11 points en moins pour la France en un an
Si en Finlande (59 %), au Portugal (58 %) et au Danemark (57 %), les lecteurs et téléspectateurs font plutôt confiance aux médias, la France, elle, voit son score baisser de 11 points en un an. En 2019, après la crise des gilets jaunes, indique le rapport, ils ne sont plus de 24 % des interrogés à croire aux médias hexagonaux. "La plus grande surprise sans doute", indique le Reuters Institute. 
"Des journalistes ont été attaqués, parfois physiquement, pour ne pas représenter correctement les manifestants et pour leur appartenance à l'establishment. Mais un manque de confiance ne signifie pas forcément une baisse des scores : la chaîne d'information en continu BFM a réalisé certaines de ses meilleures audiences pendant que la confiance baissait de manière significative."  
Ainsi, Le Monde (noté 6,36/10) est le journal auquel les lecteurs français croient le plus, tandis que BFMTV (4,94/10) se trouve tout en bas de cette liste de 15 médias français. Derrière Le Monde, en deuxième position, on trouve Le Figaro (5,96/10), suivi de Mediapart (5,94/10), L'Express, Le Point et L'Obs, ex aequo avec une note de 5,87/10.  
Le site de vidéos "Brut", pourtant très populaire auprès des gilets jaunes, se situe étonnamment en fin de tableau juste au-dessus de BFMTV avec une note de 5,24/10. Ce sont les grands événements sociaux ou politiques, comme le Brexit en Angleterre ou les manifestations de gilets jaunes en France, qui pèsent sur le jugement de l'impartialité des médias, indique Reuters. "Ce qui peut nuire à la confiance," note le rapport.  
Partout dans le monde, "la polarisation politique encourage la croissance de projets partisans, qui, associés à des articles racoleurs et plusieurs formes de désinformations contribuent à décrédibiliser les médias, analyse le rapport. Ce qui soulève plusieurs questions sur la manière de délivrer des informations équilibrées et justes à l'ère du numérique."  
Et de noter que la diffusion de fausses informations est d'autant plus rapide grâce aux réseaux sociaux tels que WhatsApp ou Facebook. Ce qui conduit à une nette confusion du lectorat : en France, 67 % des personnes interrogées ont signifié leur inquiétude sur la manière de distinguer ce qui est réel ou ce qui est faux sur internet. C'est supérieur à la moyenne des 38 pays, qui s'élève à 55 % d'inquiets. 


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6 février 2019

"Mur des cons" le tribunal correctionnel condamne le syndicat de la magistrature

Après beaucoup de controverses et de polémiques, le tribunal correctionnel de Paris a condamné l'ancienne présidente du syndicat de la magistrature à propos du " Mur des cons" Le Monde 2 février 2019.



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1 décembre 2018

Ariane Chemin et notre époque




Ariane CHEMIN  est  écrivaine et grand reporter au Monde. Elle a publié de nombreux essais dont plusieurs en collaboration avec Raphaëlle Bacqué, notamment  La communauté en janvier 2018 (Albin Michel) où les deux journalistes du Monde sont allés à Trappes multipliant les entretiens sur place pendant un an. Une enquête fascinante comme une série,  «  un morceau de France, les défis d’aujourd’hui » précise Ariane Chemin. Elle a publié en mai 2018 Toute une époque, enquêtes et reportages 2005-2018-  Edit. Robert Laffont.
Elle était notre invitée à l'Observatoire des médias de l'université permanente de Nantes vendredi 30 novembre sur le thème de son dernier livre.
Comment saisir le tournant de notre siècle, ce basculement entre l'ancien et le nouveau monde ? Pour parler des nouvelles guerres de religion, de la fin des partis politiques, du réveil identitaire ou des fake news, Ariane Chemin a tourné le dos aux analyses et est allée sur le terrain attraper les détails tragiques ou comiques de notre quotidien. Ses croquis sont des fabliaux modernes. Elle raconte Emmanuel Macron à la basilique Saint Denis, le cimetière corse de Michel Rocard et son empathie lucide pour cette ile attachante, mais aussi Clichy-sous-Bois au lendemain des émeutes de 2005, les quartiers nord de Marseille, sa rencontre sidérante avec le « référent » des frères Merah, à flanc de montagne, près de Toulouse. Ariane Chemin a pris le temps de dialoguer avec des ombres oubliées par le tourbillon médiatique comme ce sous-préfet qui, en janvier 2015, dut enterrer son ami Bernard Maris et l’assassin de ce dernier. Elle dresse aussi des portraits qui incarnent l’esprit du temps. D'Élisabeth Levy à Éric Zemmour, de Jean-Luc Mélenchon à Claude Lanzmann, de Michel Houellebecq à Jean D'Ormesson,ou récemment sur cinq numéros du Monde, l'itinéraire du pape François, c'est toute une époque qu'elle raconte de la façon la plus vivante et la plus perspicace. Toute une époque.
"Je suis inquiète du nouveau monde" confiera-t-elle en ouvrant cette conférence débat

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2 novembre 2018

Pourquoi le réchauffement climatique "n'imprime" pas

La mobilisation contre la hausse des carburants prend de l'ampleur et l'on entend peu d'intervenants dans les médias, mettre en avant la nécessité de la fiscalité verte et de  changer le comportement des consommateurs. De même dans les sondages exprimant les préoccupations des Français, tout ce qui touche à l'environnement arrive le plus souvent en fin de classement des priorités. La communication dans ce domaine est pourtant importante, quasi quotidienne. Alors pourquoi ça ne marche pas ? En d'autres termes, plus les preuves scientifiques du dérèglement climatique s'accumulent, moins les gens semblent préoccupés par ces questions ?
Un chercheur norvégien psychiatre-clinicien Espen Stoknes apporte des éléments de  réponses dans le Monde ( 21-22 octobre 18) sous le titre " A force de voir des catastrophes, l'esprit s'habitue".
Il identifie cinq barrières mentales qui nous empêchent de voir la réalité en face.

" Tout d'abord ce que j'appelle "la distance", qui nous fait envisager le réchauffement comme quelque chose de lointain, concernant avant tout les ours polaires.
Vient ensuite le "catastrophisme": la façon anxiogène dont le problème est présenté conduit notre cerveau à éviter totalement le sujet.
Troisième point, c'est la "dissonances cognitive". Quand on sait que l'utilisation de l'énergie fossile contribue au réchauffement, alors le fait de conduire, de manger du steak, de prendre l'avion, crée en nous un malaise intérieur, que l'on tente de dissiper en se disant que notre voisin a une voiture plus polluante que la notre.
Ensuite vient le "déni": on fait comme si on ne savait pas, alors qu'on sait.
Enfin, les mesures de luttes contre le réchauffement entre parfois avec notre" identité". La nécessité d'une régulation étatique peut par exemple, venir heurter mes convictions conservatrices et anti-interventionnistes, qui prennent le pas sur la réalité."

Il parle aussi de "fatigue de l'apocalypse" : a force de voir des catastrophes notre esprit s'habitue, la peur et la culpabilité diminuent et "à la fin vous ne prêtez même plus attention lorsqu'on vous parle de la fin du monde,.Vous entrez dans une logique d'évitement."

Pour ce chercheur, il faut sortir du piège de la " gouvernementalité", partir de la base, agir par les réseaux sociaux pour diffuser des normes sociales positives en exerçant une influence douce. les dirigeants suivront les nouvelles manières d'être.

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4 juillet 2018

Cristiano Ronaldo "l'avorton" de Madère ...

Avorton n'est pas tout à fait le terme car le petit Cristiano était plutôt un beau bébé, solide, quand il est né à Madère en 1985. Le médecin qui présidait à l'accouchement avait noté - prémonitoire - " Il a des pieds de footballeur" ! Ce qui est cocasse dans son histoire, nous rapporte Le Monde, c'est que sa mère Dolorès, qui avait déjà 3 ou 4 enfants, a tout fait pour s'en débarrasser et ne s'en cache pas dans un livre récent. L'avortement étant interdit à l'époque, elle avait tout essayé : faiseuse d'anges, mixtures extravagantes, etc. Le futur Cristiano a bien résisté. Peut être que le modeste embryon qu'il était à cette époque a trouvé là une première épreuve qui annonçait son tempérament flamboyant !
Soulignons qu'il aime beaucoup sa mère et qu'il a lui-même 4 enfants...Happy End.

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20 mars 2018

Poutine : quelle participation ?

C'était, nous avait-on annoncé, la seule vraie incertitude du scrutin de l'élection présidentielle russe : quel allait être le taux de participation, combien de russes allaient se déplacer pour ce vote dont le vainqueur, Vladimir Poutine, était désigné d'avance.
Cette information considérée par beaucoup de commentateurs comme la plus significative, il a fallu la chercher dans les grands médias, aussi bien dimanche soir, que lundi. Dans la mesure où les autorités russes donnaient dans ce domaine, des informations partielles, différées, voire absentes, il y avait matière à s'interroger. Mais  très peu d'interrogations à ce sujet, chez les commentateurs, comme si le sujet était passé à la trappe. J'ai attendu lundi pour essayer d'y voir plus clair.
Aujourd'hui même, Ouest France indique dans son édition papier "La participation, seule inconnue du scrutin, a frôlé les 65 % , comparable à celle de 2012" tandis que Le Monde ( 20 mars) nous informe que "Selon les données préliminaires communiquées par la Commission électorale, le taux de participation a atteint 67,47%, davantage, là encore, qu'en 2012". Soit 2,5 points d'écart entre les deux journaux ...
Comment ces chiffres peuvent-ils ainsi différer, alors que le score de Poutine, 76,66% , ne souffre d'aucune incertitude dans les deux médias ? Ce pourcentage est tout de même calculé par rapport aux suffrages exprimés...qu'on ne semble pas connaître précisément. Autre lieu, autre démocratie.

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30 juillet 2017

Eté meurtrier

"Agée de 53 ans, Anne Dufourmantelle philosophe et psychanalyste a trouvé la mort le 21 juillet, sur la plage de Pampelonne près de Ramatuelle (Var) dans des circonstances tragiques en portant secours à deux enfants en difficulté, finalement sains et saufs.Au cours de ce sauvetage, Anne Dufourmantelle a succombé à un arrêt cardiaque" Le Monde 26 juillet
Auteur d'une oeuvre importante j'ai noté qu'elle avait publié en 2011 Eloge du risque aux Editions Payot qui paraît bien en lien avec son geste altruiste et hélas fatal. D'autres titres donnent envie de lire, notamment L'intelligence du rêve ( Payot 2012), La sauvagerie maternelle ( Calmann Levy) et Puissance de la douceur ( Payot 2013). Le Monde dans sa rubrique nécrologique relate que dans son livre Eloge du risque elle commente " la célèbre phrase d'Hölderlin " Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve" 

 Elle était très connue dans le monde de la presse et des médias. "petite fille de, femme de, mère de... Evelyne Prouvost aura souvent été décrite par les hommes qui l'ont entourée. Mais après sa mort, mercredi 19 juillet, des suites d'une chute de vélo à Belle-Ile-en-Mer, la propriétaire du groupe Marie Claire a été saluée comme une "grande figure de la presse" "Pionnière, entrepreneuse, audacieuse, inspirante, attachante, Evelyne Prouvost Berry était tout cela à la fois " a écrit le syndicat des éditeurs de la presse magazine" Le Monde 27 jullet 2017
Un banal accident de vélo : l'été meurtrier...

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16 juin 2017

Les vrais résultats des législatives

Le Monde du mardi 13 juin illustre parfaitement les vrais résultats du 1er tour des élections législatives. Cela met bien - ou remet bien - les rapports de force réels dans le pays. La masse grise est la plus inquiétante. Par rapport aux inscrits, LR+ et PS+ font davantage de voix que LRM. La répartition des sièges relève de notre système électoral dont les excès devront sans doute être corrigés.


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6 mai 2017

Macron, le talent, la chance et merci les médias

Emmanuel Macron est le grand favori de l'élection de demain. C'est une chance pour la France qui dans sa majorité rejette les extrêmes. Son talent, ses capacités intellectuelles, la cohérence de son programme, vont conduire à l'élection du plus jeune président de la Vè République. Après plus de 6 mois de luttes électorales, nous allons enfin avoir un peu de répit.
Beaucoup de talent chez Macron, mais que de chances : l'élimination successive de tous les concurrents ou adversaires qui pouvaient lui disputer la première place. Juppé éliminé aux primaires de la droite et du centre, Fillon empêtré dans ses affaires et victime d'un véritable Fillon bashing, Hollande poussé au bord du précipice et démissionnaire, Valls victime des primaires de "La belle alliance" ! noyautée par le gauchisme. S'il n'en reste qu'un !
S'y ajoute l'incroyable machine médiatique qui dans son immense majorité, en particulier la radio et la télévision publique, a fait ouvertement campagne pour Emmanuel Macron. A la fois par séduction pour ce jeune candidat qui - comme je l'ai déjà dit - " veut renverser la table sans casser la porcelaine", par le poids des lobbys financiers qui aujourd'hui ont la haute main sur les grand journaux. Voir Le Monde de Pierre Bergé et Xavier Niel critiquer l'épiscopat français et lui reprocher " La faute morale" de ne pas prendre position plus explicitement pour En Marche, a quelque chose de surréaliste ! Ce ne sont pas seulement les commentateurs - c'est leur droit - mais la quasi totalité des journalistes qui faisant fi de l'éthique de leur métier, se sont transformés en propagandistes à la soviétique ou à la cubaine. Surtout dans la dernière période où pour reprendre les termes de Régis Debray ( Le Monde) " La culpabilisation des hésitants et le tenez-vous correctement lancé 3 fois par jour par les rédactions unanimes et tout ce qui compte en France" ont rappelé la campagne de 2005 sur le référendum de la constitution européenne. J'ai trouvé cet engagement, cette absence de neutralité, comme une entorse à la démocratie, un mépris à l'égard de ceux qui ne partagent pas ce politiquement correct. Ces excès qui se répètent trop souvent nous éloignent de la raison,  risquent aussi de rendre la tâche difficile pour le nouveau président.

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4 septembre 2016

Angela Merkel a débuté au schnaps...

La presse écrite est irremplaçable. Si l'on veut encore bien lire une enquête de six double pages comme celles que publie en ce moment Le Monde, où Marion Van Enterghem dresse le portrait et l'itinéraire d'Angela Merkel.
 J'apprends des choses étonnantes. Comme sa première campagne électorale en 1990 où elle est allée à la rencontre de pêcheurs sur les bord de la Baltique. Ils l'ont invitée dans leur cabane ( voir photo - partielle digne d'un tableau : c'est devenu La cabane à Merkel !) sentant fort le poisson et le tabac. Elle a discuté deux heures. " Celui qui veut discuter avec nous, il doit savoir boire du schnaps et je dois dire qu'elle a bien tenu le coup" relate l'un des pêcheurs. Elle avait tout de suite saisit l'enjeu de chacune de ses gorgées " Au fur et à mesure que le temps passe, son visage s'estompe dans le brouillard de la fumée des cigarettes." ." Un jour on s'est mis à la voir à la télé. J'ai dit aux gars : Eh, c'est la dame qui est venu boire le schnaps à la cabane !".
C'était six mois après la chute du mur de Berlin et la jeune Angela se présentait dans cette région de l'ex-RDA au nord de l'Allemagne dans une circonscription qu'elle a toujours gardé depuis ( et où il y avait des élections dimanche). Elle avait l'avantage d'être de l'ex-RDA ( avec le style vestimentaire !) non pas pour y être née, car elle est née à l'Ouest, mais parce que son père, pasteur, avait fait le choix de passer " A l'Est"  après la guerre. On apprend sa formation scientifique, ses qualités exceptionnelles de matheuse, sa capacité d'écoute et de résolution des conflits. Etant russophone elle est rapidement envoyée en Russie pour tater le pouls du pays. "Elle revient de mission avec une seule phrase " Les Russes disent " Staline a gagné la seconde guerre mondiale et Gorbatchev est en train de la perdre" ".
L'enquête montre aussi comment Angela Merkel a su " tuer le père" en la personne d'Helmut Kohl pour lequel elle avait peu de considération. Un récit passionnant qui continu. L'occasion aussi de mesurer que les succès et la longévité au pouvoir, ne sont pas le fruit du hasard, mais de qualités intellectuelles et humaines exceptionnelles. A lire pour ne pas désespérer de la politique. Bravo Le Monde !

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4 août 2016

Fin de " L'affaire Barbarin", moins de 30 secondes au JT de France 2

J'ai critiqué, il y a 4 mois, l'emballement de grands médias ( notamment Le Monde et France 2, que je suis régulièrement) à propos de la mise en cause de Mgr Barbabin  pratiquement accusé de non dénonciation de faits de pédophilie dans son diocèse de Lyon.
http://polemiquevictor.blogspot.fr/2016/04/le-monde-france-2-barbarin-et-au-dela.html
Après instruction, le non lieu prononcé en début de semaine par le procureur de Lyon a fait l'objet d'une information plus ou moins confidentielle dans les médias qui parlaient de "L'affaire Barbarin ".
France 2 dans son JT de 20 h - mais pas avant 20 h 15 - y a consacré moins de 30 secondes avec juste une photo. Le Monde a quand même signalé l'info en bas de 1ère page.
De la matière pour le rapport annuel de l'Observatoire de la Déontologie de l'Information ( ODI ) ...

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24 juillet 2016

Attentats : faut-il diffuser les portraits des tueurs ?

Le Monde 19 juin 2016 Rubrique Débats - Tribune de Hasna Hussein sociologue des médias et chercheuse associée à l'Observatoire des radicalisations
Terrorisme : assez avec les scoops de l'épouvante !
Les experts médiatiques doivent cesser de reproduire sans critique, à la télévision, le matériau des djihadistes, faute de quoi ils ne font que s'en faire les portes-parole.
Extrait
"On peut se demander si les médias qui avaient diffusé des photos d'un Abaaoud ou d'un Merah souriants n'ont pas contribué à une "héroïsation" de ces personnages"
Le Monde 19 juillet 2016 -  Débats - Entretien avec Fethi Bensalama membre de l'Académie tunisienne,professeur de psychopathologie à l'université Paris Diderot
"Les médias ne devraient pas publier les photos du tueur"
Ceux qui commettent des attentats comme celui de Nice espèrent  trouver avec leur crime une renommée sanglante. La presse doit limiter la publicité qu'elle leur fait en ne donnant que leurs initiales. On évitera ainsi une sinistre émulation entre candidats à la terreur
La Croix - courrier des lecteurs 21.07.16
"Heureusement La Croix ne suit pas la mode des autres quotidiens et chaines de télévision qui nous saturent des portraits de ces assassins. Ignorent-ils que chaque fois que leurs têtes apparaissent sur les chaînes de télé au Moyen-Orient, dans les rangs de Daech, des vivats et des tirs d'armes automatiques saluent la gloire de ces héros martyrs, et dans notre pays, suscitent des vocations chez certains en mal d'intégration ?
Egalement sur le site change.org, une pétition pour ne pas diffuser les portraits des tueurs.

Je ne vois pas beaucoup de gens des médias se poser cette question. Là aussi,  faire comme les confrères et rechercher l'audience, est-ce un argument suffisant au regard des effets désastreux de cette publicité ?

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12 juillet 2016

Rocard , le contre exemple et la frustation

J'extrais de l'édito du Monde du 5 juillet, rendant hommage à Michel Rocard sous le titre " Le contre exemple", le dernier paragraphe qui correspond totalement à ce que je pense. J'ajouterai simplement au chapître de la frustration, celle qu'il a certainement ressentie dans sa vie politique, mais qui lui a donné en contrepartie une énergie fantastique jusqu'aux dernier jours de sa vie.


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3 mai 2016

Raphaëlle Bacqué " Il faut susciter la confiance"



Raphaëlle Bacqué   -" Il faut susciter la confiance" Notes prises à la conférence le 18 mars ( avec Patrice Saint André) sur le thème Enquêtes dans la presse écrite
VERBATIM

Ci-contre avec les collégiens de Paul Eluard de Gennes (49) à l'IUT de Nantes ( semaine Presse Ecole)
 Interview pour La Web TV de l'université

Un amphi de 400 places plein






« En écrivant Richie, le livre sur Richard Descoing, c'est un peu notre époque que je décris. Richie, c'est la transgression des règles que certains appliquent aux autres. Homme de réseaux, Richard Descoing était au cœur de l'élite française et de ses contradictions.
Le livre c’est d’abord  une bonne enquête et deux à trois ans de travail. Il faut susciter la confiance pour recueillir des confidences à visage découvert. C’est le fruit de l’expérience.
J’ai davantage d’intérêt pour le milieu politique que pour les hommes politiques.
Une enquête se mène par cercles concentriques autour de la personne objet du livre.
La Cour européenne de justice a un rôle positif pour les journalistes enquêteurs.
Il est plus difficile d'enquêter sur LVMH que sur Richie... Les enjeux économiques sont très forts, les médias sont peu armés et les journalistes manquent de connaissances (économiques) et aussi d'indépendance.
 Aujourd'hui, un journal est soumis à l'éthique de ses actionnaires. A ce propos, BNP ( Bergé, Niel, Pigasse) ne sont jamais d’accord entre eux. Pierre Bergé lègue une partie de sa fortune au Monde. »
Patrice Saint André – Jean-Claude Charrier

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