18 juin 2019

Médias: confiance en baisse

Lexpress.fr relate une enquête internationale annuelle sur la confiance dans les médias. Une situation contrastée avec une baisse préoccupante en France.


En France, on ne fait vraiment plus confiance aux médias
Par Audrey Kucinskas,publié le 14/06/2019 à 12:46

Le rapport annuel du Reuters Institute est sans appel : la confiance se dégrade un peu partout dans le monde. Mais surtout en France, notamment après la crise des gilets jaunes.
La confiance dans les médias d'information, télévisés et papiers, baisse. C'est le triste constat, mais finalement peu surprenant, du rapport 2019 du Reuters Institute, intitulé Digital News Report. Cette étude, menée dans 38 pays, dont la France, par l'organisme spécialisé dans les données YouGov (entre fin janvier et début février auprès de 75 000 personnes) affirme que 42 % des personnes interrogées font confiance aux médias en général, contre 44 % il y a un an.  
Et seulement 49% font confiance aux médias qu'elles consultent. Quant à la confiance accordée aux réseaux sociaux, elle reste inchangée quoique plutôt faible : 23 % des personnes interrogées font confiance à ce qu'elles lisent sur les réseaux sociaux, et 33 % à ce qu'elles trouvent lors d'une recherche internet. 
11 points en moins pour la France en un an
Si en Finlande (59 %), au Portugal (58 %) et au Danemark (57 %), les lecteurs et téléspectateurs font plutôt confiance aux médias, la France, elle, voit son score baisser de 11 points en un an. En 2019, après la crise des gilets jaunes, indique le rapport, ils ne sont plus de 24 % des interrogés à croire aux médias hexagonaux. "La plus grande surprise sans doute", indique le Reuters Institute. 
"Des journalistes ont été attaqués, parfois physiquement, pour ne pas représenter correctement les manifestants et pour leur appartenance à l'establishment. Mais un manque de confiance ne signifie pas forcément une baisse des scores : la chaîne d'information en continu BFM a réalisé certaines de ses meilleures audiences pendant que la confiance baissait de manière significative."  
Ainsi, Le Monde (noté 6,36/10) est le journal auquel les lecteurs français croient le plus, tandis que BFMTV (4,94/10) se trouve tout en bas de cette liste de 15 médias français. Derrière Le Monde, en deuxième position, on trouve Le Figaro (5,96/10), suivi de Mediapart (5,94/10), L'Express, Le Point et L'Obs, ex aequo avec une note de 5,87/10.  
Le site de vidéos "Brut", pourtant très populaire auprès des gilets jaunes, se situe étonnamment en fin de tableau juste au-dessus de BFMTV avec une note de 5,24/10. Ce sont les grands événements sociaux ou politiques, comme le Brexit en Angleterre ou les manifestations de gilets jaunes en France, qui pèsent sur le jugement de l'impartialité des médias, indique Reuters. "Ce qui peut nuire à la confiance," note le rapport.  
Partout dans le monde, "la polarisation politique encourage la croissance de projets partisans, qui, associés à des articles racoleurs et plusieurs formes de désinformations contribuent à décrédibiliser les médias, analyse le rapport. Ce qui soulève plusieurs questions sur la manière de délivrer des informations équilibrées et justes à l'ère du numérique."  
Et de noter que la diffusion de fausses informations est d'autant plus rapide grâce aux réseaux sociaux tels que WhatsApp ou Facebook. Ce qui conduit à une nette confusion du lectorat : en France, 67 % des personnes interrogées ont signifié leur inquiétude sur la manière de distinguer ce qui est réel ou ce qui est faux sur internet. C'est supérieur à la moyenne des 38 pays, qui s'élève à 55 % d'inquiets. 


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3 avril 2019

Médiacités Nantes et Benjamin Peyrel à l'OMUP


Compte rendu de la conférence débat de Benjamin PEYREL  le 29 mars 2019 :
Médiacités Nantes, l’investigation locale sur Internet


Benjamin Peyrel et Jean-Claude Charrier – amphi Kernéis 29 mars 2019

«  Renouer avec l’enquête et apporter du pluralisme »

Benjamin Peyrel  est l’un des journalistes de l’Express qui, en 2016 à l’arrivée de Patrick Drahi à la tête de l’hebdomadaire, a  pris la décision de faire jouer la clause de conscience. Avec six autres de ses confrères, ils ont  mis en  commun leurs indemnités de licenciement pour lancer Médiacités, hebdomadaire exclusivement sur Internet – pure player - et sur abonnement. D’abord implanté à Lille, puis à Lyon et Toulouse, il s’est installé à Nantes en septembre 2017.
«  Un contexte de perte de confiance, de superficialité, de connivence et d’autocensure» sont quelques unes des raisons qui ont justifié ce départ de l’Express. Parallèlement «  Nous avions une envie de réinventer, d’être des journalistes utiles, de renouer avec l’enquête et l’investigation, de répondre à une exigence démocratique au regard de la décentralisation et des métropoles ». D’où l’objectif de s’implanter dans les 10 plus grandes villes. Benjamin Peyrel met en avant le besoin « d’apporter du pluralisme » dans un contexte où les communicants ont pris une place dominante : au nombre de 50 000 aujourd’hui en France pour 35 000 journalistes. Médiacités se définie volontiers comme un contre pouvoir.
Concernant Nantes quatrième site d’implantation, Benjamin Peyrel note un certain essoufflement de la presse traditionnelle écrite qui à des niveaux divers perd régulièrement des lecteurs. Depuis un an et demi trente journalistes ont signé une enquête pour Médiacités et dix ont une collaboration très régulière. Une enquête comme celle sur les «  Start up nantaise, ton univers impitoyable » peut être étalée sur trois semaines et représente plusieurs mois de travail avec un très grand nombre d’entretiens. Tous les domaines peuvent être abordés : de « L’échec très discret du tram train Nantes Chateaubriant » au «  Machines de l’ile, ingénieuse mécanique à transformer l’argent public » en passant par « NDDL le risque d’un réaménagement vite fait, mal fait » ou « Nouveau stade : 4 questions et un enterrement » ou «  Nantes et le vélo : ce qui grippe dans le pédalier » mais aussi «  La carte exclusive des sols pollués de Nantes et de Loire Atlantique » «  Derrière le muguet, les petites mains du maraîchage nantais »  ou «  « Les dessous de la grève du périscolaire à Nantes », et bien d’autres dans tous les domaines, nantais, départementaux ou régionaux. Depuis cette année une rubrique «  Solutions » est apparue, pour l’info positive.
Une plate forme est à la disposition des lanceurs d’alerte et 150 signalements ont été effectués dans les 4 villes d’implantation. Par ailleurs pour répondre au souci d’animation de la vie démocratique, des débats et rencontres sont organisés ou sont en préparation à Lille, Lyon et Nantes.
Le modèle économique de Médiacités est celui de Médiapart  (qui a une participation de 5% dans le capital). Pour avoir accès aux enquêtes complètes, il faut payer 6,9 € par mois ou 59 € à l’année.
L’objectif fixé est d’abonner environ 2 000 lecteurs par ville. Avec actuellement 2 500 abonnés au total, l’objectif est ambitieux, mais le journal est jeune et l’implantation demande  du temps. Pour Benjamin Peyrel qui a répondu avec précision et disponibilité aux nombreuses questions des participants,  il y a un public pour une information de qualité  et «  L’investigation sans concession » qui est le slogan  retenu par Médiacités.
Jean-Claude Charrier

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22 mai 2018

Mai 68 vu de loin

J'avais 26 ans, j'étais à Brazzaville en République populaire du Congo, où j'effectuais mon service national depuis 20 mois - en remplacement du service militaire - sans être rentré en France, et bien loin des évènements du mois de mai 68. Lecteur régulier du Monde, celui-ci comme le courrier, n'arrivait pas. Seule la radio France Inter ou Paris Inter, étroitement contrôlée par le pouvoir, distillait peu d'informations pour ne pas affoler "l'outre-mer". Très concrètement nous poursuivions nos missions de coopérants : contrôles fiscaux, cours de fiscalité à l'ENA locale pour moi, sans oublier de nous maintenir en forme à la piscine ou sur les cours de tennis en terre battue au bord du fleuve Congo, et la nuit congolaise qui commençait à 18 h 30- 19 h. Nous étions jeunes, impatients de vivre et de découvrir le monde. Le Mai 68 en France était vu comme une perturbation lointaine qui nous isolait un peu plus, et qui, comme la météo, devait passer.
Il y a cependant une certitude que j'avais en tête depuis dix ans, depuis mes quatre années d'internat au lycée Clemenceau de Nantes de 1958 à 1962, c'est que ce système "d'internement" quasiment identique depuis plus d'un siècle, allait exploser à plus ou moins brève échéance. On à peine à imaginer ce qu'était dans ces années 50-60 la vie de pensionnaire. J'ai déjà eu l'occasion de parler de cette communauté particulière des "blouses grises", de ces lycéens la plupart boursiers venant des campagnes, fils d'ouvriers ou de paysans pour beaucoup. L'internat était vraiment un internement. Sorties contrôlées le jeudi après-midi, le dimanche de 9 h 30 à 17 h sauf tous les 15 jours où le retour à la maison était possible le samedi mais retour le dimanche soir. Tous ces "privilèges" étant soumis aux humeurs des pions ou surveillants dont la bienveillance n'était pas toujours la qualité dominante.
Autres exemples: aucun local de détente, c'était ou la cour quelque soit la saison, ou les salles d'études. Les journaux  et la radio étaient interdits. Suivre les évènements de mai 58 était un exploit. Voulant préparer une école de journalisme, j'avais mis au point avec quelques collègues et la complicité de camarades externes, un circuit d'achat de quotidiens nationaux ( du Figaro à Paris-Jour ou le Monde) ou d'hebdomadaires comme l'Express de JJSS ( souvent censuré !).
Bref nous vivions dans un système archaïque, pesant, hors du temps, qui avait toutefois l'avantage de nous donner un enseignement de grande qualité ( à quelques exceptions) et le fameux bac à l'échéance.
Au total, le mai 68 des étudiants était pour moi à l'ordre du jour dix ans plus tôt. Mais l'essentiel était qu'il se produise.

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10 juillet 2013

Quel grand projet à Nantes ?

" Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Nancy, Metz, Nîmes, Douai...
Les grands projets qui vont changer la France"

C'est le titre de L'Express de la semaine dernière (n°3235) qui dans cet article ne dit pas un mot sur Nantes. Après avoir caracolé en Une des hebdos pendant des années, Nantes tend à disparaître des écrans radars médiatiques. Il est vrai, quel est le grand projet nantais pour les dix ans à venir ? La société civile ne cesse de soumettre des projets, lancer des idées, innover. Mais le pouvoir politique ressemble à la curie romaine : tout est secret, attente, ballons d'essai... De quoi décourager les meilleures volontés du monde.

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14 septembre 2012

Des questions à Nicolas Demorand

Nous allons recevoir à l'Observatoire des médias Nicolas Demorand directeur et président de Libération le mercredi 28 novembre. L'occasion de lui poser des questions sur certaines unes récentes du journal, qui si l'on en croit L'Express, coûte cher au groupe.

http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/conflit-arnault-liberation-perte-de-500-000-euros-de-pub-pour-le-quotidien_1159229.html

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