16 juillet 2019

De Rugy: le suivisme des grands médias

Il était un temps dans les années 2 000 où le gouvernement avait mis en place une jurisprudence au regard des mises en cause de ministre. Un ministre démissionnait s'il était mis en examen dans le cadre d'une procédure judiciaire. Il fallait donc que la justice ait été saisie et après instruction et enquête, qu'elle décide que la personne en cause devait être  déférée devant un tribunal.
 Les choses ont bien changé. Avec la démission de François de Rugy, ce sont les journalistes de Médiapart qui mènent l'enquête à charge. Et ces "révélations" sont reprises avec une touchante unanimité et un suivisme spectaculaire par tous les grands médias audiovisuels, tant le magistère d'Edwy Plenel sur ses confrères est considéré comme infaillible. Pas de contre-enquête. L'avis de l'intéressé est forcément discrédité. Les grands médias si prompts à donner  des leçons de morale, ont  un feuilleton qui fait de l'audience pour plusieurs jours. Avec le sentiment d'être du côté du Bien. Tant pis pour la déontologie. 

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3 avril 2019

Médiacités Nantes et Benjamin Peyrel à l'OMUP


Compte rendu de la conférence débat de Benjamin PEYREL  le 29 mars 2019 :
Médiacités Nantes, l’investigation locale sur Internet


Benjamin Peyrel et Jean-Claude Charrier – amphi Kernéis 29 mars 2019

«  Renouer avec l’enquête et apporter du pluralisme »

Benjamin Peyrel  est l’un des journalistes de l’Express qui, en 2016 à l’arrivée de Patrick Drahi à la tête de l’hebdomadaire, a  pris la décision de faire jouer la clause de conscience. Avec six autres de ses confrères, ils ont  mis en  commun leurs indemnités de licenciement pour lancer Médiacités, hebdomadaire exclusivement sur Internet – pure player - et sur abonnement. D’abord implanté à Lille, puis à Lyon et Toulouse, il s’est installé à Nantes en septembre 2017.
«  Un contexte de perte de confiance, de superficialité, de connivence et d’autocensure» sont quelques unes des raisons qui ont justifié ce départ de l’Express. Parallèlement «  Nous avions une envie de réinventer, d’être des journalistes utiles, de renouer avec l’enquête et l’investigation, de répondre à une exigence démocratique au regard de la décentralisation et des métropoles ». D’où l’objectif de s’implanter dans les 10 plus grandes villes. Benjamin Peyrel met en avant le besoin « d’apporter du pluralisme » dans un contexte où les communicants ont pris une place dominante : au nombre de 50 000 aujourd’hui en France pour 35 000 journalistes. Médiacités se définie volontiers comme un contre pouvoir.
Concernant Nantes quatrième site d’implantation, Benjamin Peyrel note un certain essoufflement de la presse traditionnelle écrite qui à des niveaux divers perd régulièrement des lecteurs. Depuis un an et demi trente journalistes ont signé une enquête pour Médiacités et dix ont une collaboration très régulière. Une enquête comme celle sur les «  Start up nantaise, ton univers impitoyable » peut être étalée sur trois semaines et représente plusieurs mois de travail avec un très grand nombre d’entretiens. Tous les domaines peuvent être abordés : de « L’échec très discret du tram train Nantes Chateaubriant » au «  Machines de l’ile, ingénieuse mécanique à transformer l’argent public » en passant par « NDDL le risque d’un réaménagement vite fait, mal fait » ou « Nouveau stade : 4 questions et un enterrement » ou «  Nantes et le vélo : ce qui grippe dans le pédalier » mais aussi «  La carte exclusive des sols pollués de Nantes et de Loire Atlantique » «  Derrière le muguet, les petites mains du maraîchage nantais »  ou «  « Les dessous de la grève du périscolaire à Nantes », et bien d’autres dans tous les domaines, nantais, départementaux ou régionaux. Depuis cette année une rubrique «  Solutions » est apparue, pour l’info positive.
Une plate forme est à la disposition des lanceurs d’alerte et 150 signalements ont été effectués dans les 4 villes d’implantation. Par ailleurs pour répondre au souci d’animation de la vie démocratique, des débats et rencontres sont organisés ou sont en préparation à Lille, Lyon et Nantes.
Le modèle économique de Médiacités est celui de Médiapart  (qui a une participation de 5% dans le capital). Pour avoir accès aux enquêtes complètes, il faut payer 6,9 € par mois ou 59 € à l’année.
L’objectif fixé est d’abonner environ 2 000 lecteurs par ville. Avec actuellement 2 500 abonnés au total, l’objectif est ambitieux, mais le journal est jeune et l’implantation demande  du temps. Pour Benjamin Peyrel qui a répondu avec précision et disponibilité aux nombreuses questions des participants,  il y a un public pour une information de qualité  et «  L’investigation sans concession » qui est le slogan  retenu par Médiacités.
Jean-Claude Charrier

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15 novembre 2018

Liberté de la presse en danger ?


La liberté de la presse est-elle menacée en France ? conférence débat de l’Observatoire des médias de l’université permanente par Laurent Mauduit cofondateur de Médiapart  vendredi 23 novembre


Laurent Mauduit est  écrivain et journaliste d'investigation français spécialisé dans les affaires économiques, et la politique économique et sociale. Il travaille pour le journal en ligne Mediapart dont il est l'un des cofondateurs.  Il a été journaliste économique à Libération (1991-1994) et au Monde de 1995 à 2006.
Auteurs de nombreux essais, il a notamment publié Main basse sur l’information (Don Quichotte 2016) et en septembre 2018 La Caste, enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir  Editions La Découverte
Alors que le Conseil national de la résistance espérait, à la Libération, que la France se dote d’une presse indépendante des « puissances financières », celles-ci contrôlent désormais un très grand nombre de médias. Et la normalisation économique se double fréquemment d’une normalisation éditoriale, quand il ne s’agit pas d’une censure pure et simple. De Canal+ à France Télévisions, en passant par M6 ; de Libération au Monde, en passant par Le Parisien, Laurent Mauduit a enquêté et est bien placé pour parler de la reprise  en main dont toute la presse, ou presque, a fait l’objet ces dernières années. La liberté de la presse est-elle menacée en France ? sera le thème de la conférence débat que Laurent Mauduit animera le 23 novembre.
Vendredi 23 novembre 2018 Amphi 400 Fac de pharmacie 9 rue Bias, de 14 h 30 à 16 h
Accès 8 € pour les personnes non abonnées à l’Observatoire des médias de l’université permanente.
Présentation : Patrice Saint André

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25 mars 2018

Sarkozy, Médiapart, la question non posée

Le vif débat Sarkozy, Médiapart, Pôle financier, buterait, selon l'ancien président de la République sur l'absence de preuves matérielles. En l'occurrence la circulation d'argent liquide qui, selon l'accusation, serait passé du pouvoir lybien au financement de la campagne présidentielle 2007.
Il me parait étonnant, si cette affaire est fondée, que le dictateur lybien n'ait pas pris la précaution de s'assurer de la traçabilité de ces sommes d'argent liquide en relevant les numéros des billets de banques, quelle que soit la devise utilisée. Dans n'importe quelle affaire - criminelle ou autre - où la confiance entre partenaires ne va pas de soi, c'est une précaution élémentaire, qui permet de garder un moyen de pression sur  le destinataire des fonds. C'est une preuve matérielle incontestable. Je m'étonne que la question ne soit évoquée.

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20 février 2014

L’argent des médias par Jean-Clément Texier

Jean Clément Texier, un des meilleur expert du financement des médias était l'invité de l'Observatoire des médias - OMUP - le 7 février 







Pour Jean-Clément Texier la crise de la presse est réelle. Aux Etats-Unis les entreprises de presse ont perdu de 80 à 90 % de leur valeur «  La presse n’est plus en solde, elle est en liquidation ! ».
Le salut viendra-t-il du numérique ? Certains peuvent le penser, mais le modèle économique est différent. La valeur de la publicité est 10 fois moindre sur Internet. Les capacités d’investissement ne sont pas suffisantes. En Suisse un groupe comme Rungier avec plus de 1 milliard de chiffre d’affaires est plus important que le 1er groupe français. Le Temps quotidien à Genève, dégage 8% de rendement. La presse française de son côté est largement subventionnée : Le Monde par exemple, bénéficie de 40 millions d’euros d’aide. «  Il y a de l’acharnement thérapeutique dans le presse française ». Médiapart est en positif, car il ne payait pas  la TVA au taux légal : ce taux pour les purs players – également subventionnés -  vient d’être aligné sur celui de la presse écrite, et l’Etat va sans doute passer l’éponge sur les dettes fiscales de Médiapart et Arrêt sur images.
Les solutions possibles sont dans l’évolution des contenus : « Un rédacteur en chef doit devenir un directeur d’usine à contenu »
1 – Avec l’info en continue, il est inéluctable que le papier recule.
2 – Une adaptabilité plus grande est nécessaire, des quotidiens peuvent évoluer vers le week-end ; une presse chère peut trouver sa place.
3 – La demande se parcellise. Les jeunes par exemple, recherchent des services à la carte. Il y a aussi une demande de qualité, de confiance, aux producteurs de contenu qui respectent les critères déontologiques.
Cela étant ce serait une erreur de considérer que l’écrit n’a plus d’avenir. La presse écrite représente un C.A. de 10 milliards, le livre 6 milliards, soit au total un C.A. équivalent à celui de la production audiovisuelle. Mais «  Google pourrait racheter tous nos médias ».
Nous sommes à la veille d’une conversion fondamentale, mais la France est confrontée à deux difficultés.
-        les « papivores » qui ont fait la réputation de la presse française (Hersant, Jean-Marie Messier, Lagardère, et surtout le « Citizen khan » français, Jean Prouvost), ne sont plus là ou se sont retirés du secteur. Des erreurs stratégiques sont commises comme la vente du Bon Coin par Ouest-France, alors que ce site connaît une progression énorme sur Internet (2e site consulté après facebook !).
-        La formation des journalistes français  est «  trop intellectuelle » et leur culture économique insuffisante. Le journaliste français ne se considère pas comme membre d’une entreprise.
-        Les journaux, les news magazines (L’Express, Nouvel Obs, Le Point…) qui à l’origine et pendant longtemps étaient des acteurs sociaux ( cf. Guerre d’Algérie, réformes sociétales) sont à cours de projet. Ils sont dans le conformisme du discours ambiant.
Fort d’une vision globale de la presse, Jean-Clément Texier, croit en son avenir, mais regrette qu’en France «  La pépinière des entrepreneurs de demain sur le créneau de la presse, reste aux abonnés absents ».

Un point de vue intéressant de J.-Cl. Texier :
http://www.marsactu.fr/economie/allez-y-surtout-quand-on-vous-dit-que-le-secteur-est-condamne-33036.html



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8 décembre 2012

Edwy Plenel et la démocratie

« La démocratie et son écosystème » était le thème de la conférence d’Edwy Plenel directeur et fondateur de Médiapart , jeudi 6 décembre dans le cadre de l’université permanente. L’amphi Kernéïs était plein ( au moins cinq cents personnes).
Premier constat : Edwy Plenel n’a pas changé. Orateur brillant, sûr de lui, très engagé, sa venue au moment où Médiapart vient de mettre en cause Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, pour la détention d’un compte en Suisse, l’a évidemment conduit à quelques commentaires. Pour dire par exemple que Médiapart a décidé cet été de s’intéresser au ministre socialiste, quand ce dernier a entériné l’évaluation de l’hippodrome de Compiègne, à partir d’une expertise « amie » qui confirmait la position du ministre du budget de l’époque Eric Woerth, mis en examen dans l’affaire Bettencourt . Le gouvernement n’a donc pas poursuivi ce dossier. Cette décision de « complaisance » aux yeux d’Edwy Plenel rendait J. Cahuzac suspect. Reprenant une formule que nous utilisions dans les services d’enquêtes fiscales « Pour trouver, il faut être convaincu qu’il y a quelque chose à trouver ». D’où l’enquête et les révélations.
Edwy Plenel endosse volontiers le costume du chevalier blanc de la presse, où pour le citer, du « petit poisson » dans « Une mer polluée – qu’il faut dépolluer – et où pullulent les gros requins». Il est donc clair que pour lui, l’information qui dérange est primordiale. Il a donc été beaucoup question de la presse qui est finalement l’écosystème de la démocratie.
En ce qui concerne la démocratie, E.P. a peu d’attirance pour la démocratie représentative, pourtant référence permanente des socialistes, qu’il analyse dans ce cas, comme « une crispation ». La démocratie qu’il aime et qu’il souhaite est celle du peuple, « La dynamique populaire » qui progresse par le « Désordre démocratique nécessaire ». Le peuple est cité à profusion et Edwy Plenel veut le « mettre en mouvement ». D’où la fascination pour toutes les contestations même menées par des groupes ultra minoritaires. L’ancien rédac. Chef du Monde n’a pas oublié sa jeunesse trotskiste et son propos à une tonalité très Besancenot.
Bien que Notre Dame des Landes n’est été cité que de façon incidente, on ne s’étonnera pas que Médiapart soit fortement du côté des contestataires les plus radicaux. Ce qui a conduit une ancien collègue de l’Atelier des médias rencontré à l’issue de la conférence, qui était à l’époque, un fervent supporter de Médiapart, a s’interroger sur son média favori : ancien cadre de la fonction publique à Nantes, il connait bien ce dossier et son sérieux, et est très ébranlé par la campagne totalement à sens unique de Médiapart.
En dépit de propos intéressants sur Anna Arendt sur la notion de « vérité de fait » (dans Vérité et Politique), et sur l’effet positif pour l’information de la révolution numérique, j’ai trouvé sa prestation trop autocentré sur ses mérites et trop dominée par le manichéisme politique.

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15 septembre 2010

Ouvertures, Médiapart...

Nous avons reçu à l'Observatoire des médias en 2007/2008, Jean-Luc Martin-Lagardette, journaliste indépendant ( L'information responsable, un défi démocratique Ed.CLM) à propos duquel à l'issue de la conférence, un ami me confiait : " Tu as invité le Don Quichotte de la presse !" Il est actuellement responsable d'une newsletter trimestrielle qui s'appelle "Ouvertures, la tribune de l'honnête homme du XXIè siècle" Pas moins !
On y trouve des informations diverses notamment dans le domaine de la santé qui suscitent des interrogations, mais aussi des infos sur la presse. Deux exemples :
Le marketing fortement incitatif de Médiapart
Les aides de l'Etat à la presse écrite, sujet opaque s'il en est.

Ouvertures n° 11 - 3e trimestre 2010
Ethique commerciale Vos commentaires

Mediapart : arnaque en ligne ?
9/07/2010 par Eric Lombard
1 € pour 15 jours d’essai, c’est tentant. Mais quand les 15 jours viennent à échéance, Mediapart ne vous demande pas si vous souhaitez continuer. Il prélève.

Si je n’avais pris la précaution d’utiliser mon e-carte bleue [1] pour souscrire à l’abonnement d’essai, mon compte aurait été débité de 9 € par mois et je serais maintenant abonné « en dur » à ce média qui a trouvé là un étrange moyen de se rendre incontournable.
Mon stratagème a heureusement enrayé la mécanique. Les 15 jours d’essai écoulés, j’ai reçu un courriel de "Caroline de Mediapart" me signalant un petit problème :
Vous bénéficiez d´un accès à Mediapart.fr ; nous vous remercions de votre fidélité et votre soutien.
Attention : le dernier prélèvement sur votre carte bancaire n´a pu être effectué. Cela peut être lié à un problème de date d´expiration, de perte, de changement de banque...
Depuis, aucune réponse ni à mes appels téléphoniques, ni à mon courriel…
Que Mediapart ait recours à ce piège ne manque pas de m’étonner. A-t-on besoin de cela quand on bâtit sa réputation sur des enquêtes exclusives reprises par l’ensemble de la presse ?Ouvertures n° 11 - 3e trimestre 2010
Finances Vos commentaires

L’État soutient fortement les médias et la presse
18/08/2010 par JL ML
Avec un montant de 1,8 milliard d’euros pour 2010, l’aide aux médias et à la presse décidée par le gouvernement atteint un niveau important. Elle mériterait plus de transparence sur ses bénéficiaires.

Photo: Cuej-Strasbourg.

Chaque année, le projet de loi de finances détaille le montant des crédits alloués aux différents secteurs d’activité du pays. Dans l’annexe concernant la mission « Médias » du ministère de la culture, figurent les chiffres de ces aides accordées aux médias, dont la presse écrite (papier et internet) : 1813,5 M€ au total pour 2010.
- Programme « Presse » en 2010 : les crédits enregistrent une hausse de près de 51% par rapport aux crédits inscrits en loi de finances pour 2009, soit 419,3 M€ (416,3 M€ après le vote effectif de la loi) en 2010 contre 277,7 M€ en 2009. Ce chiffre se décompose en 113,4 M€ pour les abonnements de l’État à l’Agence France Presse (AFP) et 305,9 M€ d’aides à la presse (voir encadré).
À ce montant, il faut ajouter environ 200 M€ d’aides indirectes (dépenses fiscales sur impôts d’État) : taux de TVA de 2,10 % applicable aux publications de presse ; réduction d’impôt pour souscription au capital des sociétés de presse ; déduction spéciale prévue en faveur des entreprises de presse. La presse des collectivités locales bénéficie également de ce dispositif à hauteur de 1 M€.
Il faut aussi ajouter le déficit supporté par La Poste, 399 M€ en 2008, pour le transport de la presse d´information générale.
Enfin, aux journalistes est accordée une « allocation forfaitaire pour frais d’emploi » d’un montant de 7650 € à déduire de leurs revenus imposables. Soit au minimum 20 M€ de manque à gagner pour l’Etat.
Au total, donc, l´argent public se monte à 1055,9 M€ pour la seule presse écrite.
- « Contribution au financement de l’audiovisuel » : 497,9 M€.
- « Action audiovisuelle extérieure » (Radio France Internationale (RFI), France 24 et TV5 Monde) : 199,1 M€.
- « Soutien à l’expression radiophonique locale » : 29 M€ contre 26,5 M€ pour 2009, pour soutenir essentiellement les besoins nouveaux liés au lancement de la radio numérique.
Enfin, pour être complet, il faut rajouter les 15,6 M€ de dotation pour Public Sénat et les 16 M€ pour la Chaîne parlementaire-Assemblée nationale.
Le détail des aides à la presse par l’État
Aides à la diffusion
- Aide au transport postal de la presse d’information politique et générale : afin de « compenser les surcoûts de la mission de service public de transport postal de la presse, l’État s’engage à apporter à La Poste une contribution annuelle de 242 M€ en 2009, 2010 et 2011 ». Au total, après perception de cette contribution versée par l’Etat, le déficit supporté par La Poste en 2008 s’est élevé à 399 M€.
- Réduction du tarif SNCF pour le transport de presse : 5,8 M€.
- Distribution et promotion de la presse française à l’étranger qui contribue au « rayonnement de la pensée et de la culture françaises » : 1,9 M€. Les bénéficiaires de cette aide sont des éditeurs particuliers (une trentaine), des organismes collectifs de promotion des ventes ou des sociétés de messageries.
- Portage de la presse : la dotation de l’aide est passée en 2009 de 8, 2 M€ à 70 M€ à l’issue des États généraux de la presse. Le nombre de bénéficiaires est ainsi passé de 63 en 2008 à 126 en 2009, nombre qui devrait encore augmenter en 2010.
- Exonération des charges patronales pour les vendeurs-colporteurs et porteurs de presse : compensation à la sécurité sociale estimé à 12 M€.
Aides au pluralisme
- Quotidiens nationaux d’information politique et générale à faibles ressources publicitaires : 9,2 M€.
- Quotidiens régionaux, départementaux et locaux d’information politique et générale à faibles ressources de petites annonces : 1,4 M€.
- Presse hebdomadaire régionale : 1,4 M€.
Aides à la modernisation
- Modernisation sociale de la presse quotidienne d’information politique et générale : 22,7 M€. Le nombre d’allocataires prévus en 2010 s’élève à 350 pour la presse quotidienne nationale et à 1100 pour la presse quotidienne en régions.
- Distribution de la presse quotidienne nationale : 12 M€.
- Modernisation des diffuseurs de presse : 13,3 M€.
- Développement des services de presse en ligne : 20,2 M€.
- Modernisation de la presse quotidienne et assimilée d’information politique et générale : en 2008, 64 projets ont été aidés par le fonds. Le montant moyen des aides s’est élevé à 340 090 €. Total pour 2010 : 25 M€.
> Si l’on additionne ces montants, on obtient 436,9 M€ et non les 419,3 M€ indiqués plus haut. La différence s’explique par le fait qu’une partie de l’aide au transport postal de la presse est prise en charge par un ministère (les finances) autre que celui de la culture.
Un sujet sensible
Les éditeurs ont toujours refusé de publier le montant des subventions qu’ils reçoivent. Le ministère de la culture dit « respecter » ce désir de discrétion, bien qu’il soit plutôt favorable à la transparence de ces chiffres. En effet, selon lui, cette opacité n’est « pas forcément justifiée » et ne pourra pas durer éternellement.
En effet, de nouveaux venus sur le terrain médiatique n’ont pas les mêmes réticences et pourraient faire évoluer les choses. Un certain nombre de pure players sur internet ont souhaité, par exemple, que les aides accordées aux nouveaux services en ligne soient rendues publiques, nominalement. Après discussion entre éditeurs avec le ministère de la culture, la publication de ces chiffres a été actée mais seulement par famille de presse ou nature de projets. Chaque titre est laissé libre de publier ou non ce qu´il reçoit lui-même.
Les fonds distribués étant de l’argent public, le secret ne peut juridiquement pas être opposé aux demandes d’information. C’est ainsi qu’après avoir saisi la commission d’accès aux documents administratifs (Cada), le site du journalisme digital OWNI s’est procuré des documents inédits. Sur plusieurs pages sont révélées les récipiendaires, la nature des projets financés depuis 2003, ainsi que les comptes rendus des réunions de la commission chargée de distribuer ces fameuses aides à la presse. Le site a ouvert sur ce thème une enquête crowdsourcée (contributive) en faisant appel aux internautes. Vous pouvez retrouver la totalité des documents en leur possession.


[1] L’e-carte génère un numéro utilisable qu’une seule fois.

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15 juillet 2010

Halte au feu !

Message adressé au journal Le Monde
"Halte au feu" ! je rejoins le point de vue de bon sens de Simone Veil et Michel Rocard dans vos colonnes, et m'interroge sur votre acharnement dans cette campagne de lynchage médiatique à l'égard d'Eric Woerth : combien de colonnes à la une depuis un mois, sur des soupçons, des proximités, mais pas vraiment de fait précis !
Faut-il voir dans cette campagne la nouvelle proximité - je me mets aussi au soupçon - avec Médiapart qui a désormais en commun avec le Monde, deux financeurs communs, messieurs Bergé et Niel, auxquels on pense certainement plaire, avec cette forme d'information.
Personnellement ma fidélité au Monde depuis 50 ans, et les 35 euros d'abonnement mensuel, sont mises à rude épreuve. Heureusement je suis aussi abonné à Ouest-France et à La Croix, qui sans négliger cette actualité, me donne une hiérarchie de l'information, plus proche de la conception que j'ai d'un journalisme responsable.
Bien à vous.

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