7 novembre 2017

Paradise papers : un scandale ?

Le droit a-t-il à voir avec la morale ? tous les juristes et constitutionnalistes vous diront que non. Si l'on respecte le droit chacun peut vivre libre dans une démocratie.
Les gros titres et les nombreux sujets repris à propos des Paradise papers sont certes à la mesure de l'investissement et du travail effectué par 96 médias dans 67 pays. Mais  tout ce qui est volontiers dénoncé comme scandaleux et relevant de la fraude fiscale, n'est, dans la quasi totalité des cas évoqués, que de "l'optimisation fiscale" selon l'expression des fiscalistes. C'est à dire  la recherche du moindre coût fiscal en respectant  les différences de fiscalité entre les pays. C'est fondamentalement différent de la fraude fiscale qui vise à dissimuler son argent ou maquiller ses comptes, ou ses opérations, en contradiction avec la loi. Entre les deux, il peut y avoir l'abus de droit qui est vraiment l'affaire des spécialistes. Pour prendre un exemple simple, un journaliste qui comme tous ses confrères au moment de la déclaration de revenus déduit  7 650 € au titre de frais professionnels "supplémentaires" par rapport aux autres salariés optimise sa déclaration fiscale et concrètement paie moins que son voisin à salaire égal. Ce n'est pas de la fraude. Est-ce moral ? je ne sais, mais c'est légal.
Puisque la morale est facilement mise en avant dans ces affaires par la presse, peut-on également s'interroger sur les entorses au droit par lesquels ces milliers d'informations ont été obtenues, voire dérobées ? on me dira que c'est pour la bonne cause. Peut-être, si l'on se fixe comme principe que "la fin justifie les moyens", comme lorsque l'on fait de l'investigation avec des caméras cachées en mentant sur ses intentions. Pas très moral...
Bref, je n'aime pas la presse donneuse de leçons, mais d'un autre côté, je regrette la disparition du consentement à l'impôt et à sa légitimité, qui génèrent ces valses de milliards.

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13 janvier 2009

Jean-Marc Illouz au CCO à l'invitation de l'OUM*




*Observatoire Universitaire des Médias


Interview et compte rendu fidèle de la conférence de Jean-Marc Illouz, grand reporter à France 2, ancien correspondant de guerre, qui a remplacé Dorothée Olliéric, sur les sites


Verbatim
On est pas là pour dire le bien où le mal
La presse en Iran est plus libre qu'en Tunisie
Deux cas de caméra cachée au cours de la carrière : au Yemen et en Tunisie
Ne pas ajouter à la souffrance de ceux que l'on interviewe par une prise de risque inutile
L'information est une Bourse : les sujets montent ou descendent selon les circonstances
Ne pas enfermer les gens dans leur rôle : victime, bourreau...
La " vraie" guerre ce n'est pas l'image de quelqu'un qui tire et une victime qui s'écroule : c'est le brouillard, le bruit, ou au contraire le silence inquiétant.
Le journaliste travaille dans une entreprise
France USA par rapport aux pouvoirs : du gilet rayé au " bouge ta bagnole" lancé à un collaborateur de Clinton par le concierge d'hôtel
La peur c'est de retour en France, après une mission risquée, de sursauter chez soi pour un bruit anodin, ou de s'inquiéter à la terrasse d'un café d'une voiture " bizarre" à proximité et de changer de place...

http://www.atelierdesmedias.org/Jean-Marc-Illouz,-invite-de-l-Observatoire-des-medias_a11.html

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