19 avril 2018

Manifestations : enfin des chiffres !

Saluons comme il se doit un progrès de la grande presse sur un sujet déjà évoqué, et illustrant une grande passivité. Je veux parler de la décision prise par un certain nombre de journaux, de confier à un organisme indépendant, le comptage des manifestants, délégué depuis trop longtemps à " selon la police..." et "selon les organisateurs...". Aujourd'hui j'ai entendu pour la quasi première fois, des chiffres " selon la presse.."
Sans surprise, les chiffres donnés par l'organisme de comptage et recoupés par la presse, sont proches ou relativement proches de ceux fournis par la police. Et éloignés de ceux fournis par les organisateurs, en l'occurrence la CGT ( à Marseille en particulier).
La recherche " d'une certaine vérité" de terrain progresse.

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2 décembre 2013

7 000 ou 100 000 manifestants et que dit le journaliste ?



La première qualité du journaliste, la première exigence du métier, n’est-elle pas de dire ce qu’il voit ? Ce qu’il observe ? Sinon à quoi sert-il ? Pourquoi se déplace-t-il ?
Je me faisais cette réflexion en regardant hier soir, le 19/20 de France 3 à propos de la manifestation parisienne organisée par le Front de gauche pour « La révolution fiscale ». Qui a rassemblé « 7 000 manifestants selon la police, 100 000 manifestants selon les organisateurs » et combien selon le journaliste et la presse en général ? Aucun chiffre même approximatif, aucune tentative d’évaluation, comme si ce n’était pas ça le travail de l’observateur neutre à la recherche de l’information. Est-ce de la paresse ? Est-ce la crainte de se faire « engueuler » par Jean-Luc Mélenchon plutôt coutumier du fait à l’égard des journalistes ? Ou la crainte de contredire le ministre de l’Intérieur ?
Cette démission des journalistes devant « Le plus c’est gros, plus ça passe » est hélas fréquente, et donne le sentiment que la recherche de la vérité factuelle n’est plus une priorité pour la presse. S’il s’agit simplement de donner les versions des uns et des autres, de tendre les micros à ceux du premier rang, il en résulte logiquement un abaissement du débat démocratique.

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29 janvier 2013

Manifs : la réalité des chiffres

Le Monde du 24 janvier fait une étude sur les dix plus grandes manifestations de rue depuis 30 ans ( 1984) en comparant les chiffres des organisateurs et les chiffres de la police.
Le classement des manifestations par ordre d'importance n'est pas exactement le même. Si la manifestation pour "l'école libre" de 1984 est sans conteste la plus importante à la fois pour la police - 850 000 - et pour les organisateurs - 2 millions - la deuxième selon la police est celle de la présidentielle de 2002 avec J.M. Le Pen au second tour, avec 400 000 manifestants (900 000 selon les organisateurs), alors que trois manifestations, selon leurs organisateurs, ont rassemblé 1 million de personnes : contre le projet universitaire Devaquet en 1986, contre la réforme de la loi Falloux en 1994 et la « Manif pour tous » du 13 janvier 2013.
Si l’on considère que les chiffres de la police sont les plus proches de la vérité, ce que j’ai tendance à croire ayant « audité » un commissaire convaincant dans le cadre de l’Atelier des médias, il est intéressant de voir qui sont les plus grands bluffeurs, c'est-à-dire ceux qui gonflent outrageusement les chiffres. La palme est attribuée sans conteste aux organisations syndicales de la manif contre le projet CPE de Villepin en 2006 qui se comptaient 8.3 fois plus que la police (de 84 000 à 700 000 ! Et qui a conduit Chirac « le courageux » a abandonner le projet !), rapport de 5 aussi pour le projet de loi Devaquet ( 200 000 contre 1 million, même conséquence !). Le rapport est de 1 à 4 contre la réforme de la loi Falloux ( 260 000 et 1 million).
Ont été plus raisonnables les protestations contre la réforme des retraites Juppé en 1995 ( 3.2- 61 000 contre 200 000, abandonnée aussi), réforme Raffarin des retraites en 2003 ( 3.3 - 75 000 contre 250 000) et en 2010 la manif contre la réforme Fillon des retraites ( 3.7 - 89 000 contre 330 000) et la manif pro-mariage homosexuel de dimanche dernier ( 3.2 - 125 000 contre 40 000).
Si l’on met à part la manif anti-Le Pen de 2002, les plus honnêtes sont finalement les cathos et proches qui se comptaient à 2.3 fois les chiffres de la police en 1984 ( 850 000 contre 2 millions en 1984) et le même ratio pour « la manif pour tous » du 13 janvier ( 340 000 contre 800 000 ; 2.9 si c’est 1 million).

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8 septembre 2010

Compter les manifestants

"Je ne crois qu'aux statistiques que j'ai moi-même falsifiées " a dit Wiston Churchill.
Voilà un beau sujet d'enquête pour les journalistes. Pourquoi se contenter, comme c'est le cas au sujet des grandes manifestations d'hier contre la réforme des retraites, de citer les chiffres " selon la police" et " selon les organisations syndicales" ? Ne peut-on interroger les uns ou les autres sur leurs méthodes de comptage, ou mieux envoyer des journalistes sur place, les uns avec les policiers "compteurs", les autres avec les syndicalistes chargés de la même tache ?
Ce sont des enquêtes de terrain simples et peu coûteuses qui permettraient de sortir de ce jeu de rôles hypocrite, où chacun a sa vérité.
Il y a trois ans, dans l'Atelier des médias nous avions interrogé le chef de la police nantaise sur cette question.Il avait exposé la méthode utilisée, le nombre de personnes affectées à cette tache, la centralisation etc. A priori, au plan local les arguments étaient convaincants. Je manque d'infos sur les méthodes syndicales.Sujet à creuser.

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