5 mai 2022

NUPES le ravalement de façade et de printemps

Extrait d'une interview de de Jean Petaux dans le pure player "libéral" Atlantico. La NUPES est la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale C’est un « renouveau de façade », comme on parle d’un « ravalement ». C’est d’ailleurs le mot qui convient le mieux… Les « petits battus » de la présidentielle (par référence au « grand battu » Mélenchon) sont trois candidats qui ont fait chacun moins de 5% des suffrages exprimés et, précisément, 6,25% des électeurs inscrits. Ces « battus-là » décident de « ravaler » leur honte et leur échec, en « avalant » plusieurs couleuvres et non des moindres sur la laïcité et le communautarisme, le nucléaire, la défense de l’Ukraine, la participation à l’Alliance atlantique, contre, non pas des « circonscriptions garanties », mais la garantie de ne pas avoir de candidatures LFI face à leurs propres candidats, dans certaines circonscriptions dûment choisies, en dernière instance, par LFI. Si « Paris valait bien une messe » pour Henri IV, un groupe parlementaire vaut sans doute quelques reniements. Que l’on ne vienne pas pleurer ensuite sur la désillusion politique, sur le fait que « plus personne ne croit aux programmes » et que les « politiques peuvent s’écharper et s’insulter pendant des années, et se réconcilier pour se partager d’éventuels trophées ». Les mêmes, intellectuels de gauche, donneurs de leçon moralisateurs sur « l’éthique en politique », sévères contempteurs des compromissions en tous genres, viennent nous expliquer que « c’est historique », que « c’est magnifique », que « c’est formidable » ! « La gauche est réunie, donc l’espoir renait, donc le peuple est déjà heureux » : voilà, en substance, le « pitch » de cette séquence mélenchonesque. Servie avec talent par un des derniers tribuns de la classe politique française, la nouvelle série politique nationale, « fait » son score d’audimat. Elle pourrait même faire un autre : celui des électeurs, tant, à gauche, ceux-ci aiment tellement les vessies qu’ils adorent encore plus les prendre pour des lanternes. J'ajouterai la complaisance médiatique assez généralisée à l'égard de cette entreprise de démolition...

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4 mai 2017

Débat, duel, tauromachie

Un mot d'abord du décor : pourquoi ce besoin de faire en permanence des images qui bougent, comme des voilages qui passent en fond d'écran ? Cela distrait le regard, détourne l'attention, transforme le débat. Il faut que ce soit une scène, un show : le cadre doit y participer. Comme ces interventions de journalistes in situ dans la rue ou dans des lieux bruyants. Il faut une ambiance même si c'est au dépens du contenu du message ou du débat.
Le show a bien eu lieu hier soir. Un combat sans concession, âpre, violent souvent, avec des grands sourires ou des rires sarcastiques. De quoi combler les attentes des commentateurs ou commentatrices  qui attendaient avec impatience ce combat ou Marine Le Pen allait dixit " mordre les mollets" ( JT de France 2) d'Emmanuel Macron, et autres formules carnassières. Cela a bien eu lieu. Mais patatras les commentateurs qui " chauffaient l'ambiance" font aujourd'hui la fine bouche. Ont, comme disait Melenchon  " Des pudeurs de gazelle" devant l'âpreté du combat, se drapent dans la dignité de la stature présidentielle ou non, et semble regretter les débats dont on a retenu qu'une petite phrase ou les anaphores de François Hollande. Et tombent à bras raccourcis sur les deux pauvres journalistes moins bien traités par les deux compétiteurs que n'importe quel électeur...
Bref, il y avait hier soir, un titulaire incontestable Emmanuel Macron et une challengère Marine Le Pen, qui voulait apparaître comme l'opposante en chef, intraitable, leader de la future opposition. Façon de lui faire entendre " Voilà ce qui t'attends après ton élection, je ne lâcherai rien !".  Emmanuel Macron a plutôt bien résisté a ce travail de sape et de provocations. Tel un toréro élégant dans l'arène il a esquivé les coups de corne, planté les banderilles, et grand seigneur évité la mise à mort qui lui aurait fait perdre les faveurs du public. Macron sera donc président en ayant montré ses capacités intellectuelles,  psychologiques et physiques. Marine Le Pen a peut être livré son dernier grand combat dans une présidentielle avec une combativité sans faille. Je doute qu'elle soit présente en 2022. Si Marion Maréchal Le Pen la remplace à cette échéance, elle risque d'être redoutable. Mais d'ici là, il y aura eu le quinquennat d'Emmanuel Macron qui arrivera peut être à "renverser la table sans casser la porcelaine" Good Luck !

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21 mars 2017

Grand débat, la frustation des commentateurs

Enfin nous avons pu avoir un contact direct avec les principaux candidats à la présidentielle, sans être obligé d'assister à un meeting et sans la pression d'intervieweurs plus intéressés par leurs questions que par les réponses des candidats. L'attente était là quand on constate que près de 10 millions de téléspectateurs étaient encore présents passé minuit, après trois heures de débats et un démarrage plutôt laborieux.
Je crois que chaque candidat a conforté son image : Hamon militant, Fillon montant en puissance, Macron rassembleur, Marine le Pen dans l'attente du second tour, Mélenchon tribun guerrilléros ménageant ses effets. Les deux journalistes Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray n'ont pas cherché à briller, leurs questions étaient courtes et précises, et même s'il y a eu des moments confus, l'ensemble a été cohérent, bien mené et riche en informations, à la fois sur les personnalités et sur leur projets.
Macron en position centrale par le fruit du hasard a bien illustré son profil " et droite et gauche" trouvant intéressant certaines propositions de ses concurrents ( souvent à sa droite avec Fillon).
Fillon a été efficace vis à vis du programme de Marine Le Pen qualifié de "sérial killer du pouvoir d'achat avec la sortie de l'euro et le retour du franc".
Marine Le Pen a essayé de placer des extraits de ses discours de meetings sans trop se soucier de la cohérence d'ensemble.
Hamon et Mélenchon ont beaucoup de points communs dans le contenu mais la forme est tellement aux antipodes qu'on comprend bien le désistement impossible l'un pour l'autre. Pour l'anecdote j'ai noté au premier rang derrière Benoît Hamon, Julia Caget (et son mari Thomas  Piketty), qui nous avais impressionnés l'an dernier à l'Observatoire des médias quand elle était venue nous parler du financement des médias. Comme disait une célèbre chroniqueuse " Attendez-vous à voir ..."
Bref une soirée instructive sans être assommé par des commentateurs plus ou moins bien inspirés.

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2 décembre 2013

7 000 ou 100 000 manifestants et que dit le journaliste ?



La première qualité du journaliste, la première exigence du métier, n’est-elle pas de dire ce qu’il voit ? Ce qu’il observe ? Sinon à quoi sert-il ? Pourquoi se déplace-t-il ?
Je me faisais cette réflexion en regardant hier soir, le 19/20 de France 3 à propos de la manifestation parisienne organisée par le Front de gauche pour « La révolution fiscale ». Qui a rassemblé « 7 000 manifestants selon la police, 100 000 manifestants selon les organisateurs » et combien selon le journaliste et la presse en général ? Aucun chiffre même approximatif, aucune tentative d’évaluation, comme si ce n’était pas ça le travail de l’observateur neutre à la recherche de l’information. Est-ce de la paresse ? Est-ce la crainte de se faire « engueuler » par Jean-Luc Mélenchon plutôt coutumier du fait à l’égard des journalistes ? Ou la crainte de contredire le ministre de l’Intérieur ?
Cette démission des journalistes devant « Le plus c’est gros, plus ça passe » est hélas fréquente, et donne le sentiment que la recherche de la vérité factuelle n’est plus une priorité pour la presse. S’il s’agit simplement de donner les versions des uns et des autres, de tendre les micros à ceux du premier rang, il en résulte logiquement un abaissement du débat démocratique.

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19 avril 2012

Marianne et Sarkozy : 0% !

Dans un souci louable de transparence, l'hebdo Marianne a demandé à ses journalistes de dire de quel candidat, ils se sentaient le plus proche ( le vote étant secret).
Pas vraiment de surprises :
Hollande : 40 %
Mélenchon : 31,7 %
Bayrou et Eva Joly : 8 %
Si ce n'est, Sarkozy 0 % ! comme une certaine forme de terrorisme intellectuel !
Même pas une petite voix pour esquisser une forme de contre pouvoir interne. Qu'en pense Jean-François Khan ?
Je suis un peu triste pour Jacques Julliard qui dirige cette rédaction et avec qui j'ai longtemps partagé les valeurs rocardiennes de tolérance et de la sociale démocratie. On est un peu dans le débat à la tronçonneuse...

L'initiative est néammoins louable et tous les grands médias devraient jouer cette transparence. Avec le risque de ne pas apparaître aussi pluralistes qu'ils l'affirment. Je me souviens de mon étonnement( naïf !) devant le résultat d'une même enquête dans la rédaction du Monde - dirigé à l'époque par Edwy Plénel - qui donnait Olivier Besancenot très nettement en tête devant Lionel Jospin je crois. Il est vrai que depuis je ne lis pas Le Monde avec tout à fait le même regard.

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28 mars 2012

Denis Pingaud et les sondages


Denis Pingaud : Les secrets des sondages

Conférence débat de l’Observatoire des médias – 20 janvier 2012

Avant le débat avec la salle, Denis Pingaud a présenté son propos autour de trois questions :
- Les sondages, objets douteux ?
- Quelles critiques sur les sondages ?
- Les sondages objets pervers de la démocratie ?

I – Les sondages, objets douteux ?
Les sondages s’inscrivent dans une science sociale vivante. C’est un travail sérieux, qui à l’évidence ne doit pas faire disparaître le vote. Ce qui est fréquemment critiqué, ce sont les redressements effectués par les instituts après collationnement des enquêtes : en quelque sorte, la cuisine interne de chaque organisme.
Il convient de garder à l’esprit, d’une part que le sondage d’opinion n’a pas de valeur prédictive, c’est à dire qu’il se limite aux intentions, et d’autre part « Le film vaut mieux que la photo » à savoir, les évolutions dans le temps sont plus importantes que le constat chiffré à un temps T.
Deux observations faites à propos de la campagne présidentielle :
- Jamais les prévisions du 2è tour n’ont montré un écart aussi grand (au 20 janvier)
- Le vote protestataire est important notamment avec trois candidats : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Bayrou, qualifiés de « protestataires intégrés ».
II – Critiquer les sondages ?
« Ce qui compte c’est la question ». Il y a une tendance naturelle à répondre oui plutôt que non si bien que pour une même situation (exemple : le climat d’insécurité), il peut y avoir 10 points d’écarts entre une question incitant majoritairement une réponse positive ou une réponse négative. Il y a de même une ergonomie dans l’ordre des questions pour avoir des réponses le moins biaisé possible.
L’interprétation donnée par les médias, peut dévier, détourner le sondage, en fonction des préférences partisanes du support. Il serait souhaitable que le commentaire de l’institut soit connu pour pallier ce risque.

III – Objets pervers dans la démocratie ?
Avant 2002, il n’y avait pas de sondages dans la semaine précédant une élection. Aujourd’hui les sondages interviennent jusqu’au vendredi soir. Est-ce dommageable pour la démocratie ?
On constate qu’il y a chez les électeurs flottants un double mouvement d’une part, d’accompagnement des progressions dans les sondages mais aussi, de réactions en sens contraire. Il est difficile de considérer que cette multiplication des sondages dénature la démocratie. L’électeur sait de plus en plus décrypter ce contexte envahissant.
Didier Pingaud plaide pour l’autorégulation des instituts de sondages.

Les sondages ne rendent pas compte des « mouvements tectoniques » de l’opinion, notamment la défiance dans le pays au regard des institutions, des responsables économiques et politiques. De même les enquêtes du type « Pourquoi avez-vous changé d’avis ? » sont peu nombreuses car elles sont couteuses.

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19 mars 2012

Mélenchon ministre des masses

Extrait de l'interview de Gérard Grinberg, politologue, dsur le site www.LaCroix.fr,
sur le thème " La montée de Jean-Luc Mélenchon peut-il gêner François Hollande ?"

"Cela me fait penser à 1936, quand le patron du PCF, Maurice Thorez, avait refusé le poste de ministre que lui avait proposé Léon Blum en disant : “Moi, j’occuperai le ministère des masses.”Mélenchon pourra aussi dire : “Je suis le ministre des masses.”Il pourra faire le tribun du peuple. Et ça, ce n’est pas très bon pour Hollande. À la limite, je dirais que la montée de Mélenchon sera plus problématique pour lui après les élections qu’avant. »

Recueilli par Pascal Charrier

J'ajouterai simplement que les masses en question sont aujourd'hui beaucoup plus composées d'enseignants, agents de la fonction publique, retraités, que d'ouvriers ou employés plus attirés par Marine Le Pen.

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15 novembre 2011

Mélenchon salut l'Artiste


La grande salle du théatre lors d'un autre débat l'après-mdi


Mercredi 9 novembre aux Assises du journalisme à Poitiers, Jean-Luc Mélenchon est interviewé en public par Nicolas Demorand, habile journaliste : un grand numéro de fauve politique – et de duettistes - dans la meilleur tradition française. On reconnait bien là un chouchou de Mitterrand à l’époque où il fallait terrasser « l’usurpateur » Rocard !
Extraits :
Pourquoi les journalistes disent-ils tous la même chose ? A cette question posée par Hervé Brusini dans son dernier livre – nous le recevons à l’Observatoire des médias de Nantes, vendredi 18 novembre – JL Mélenchon donne une explication économico-marxiste : beaucoup de journalistes sont précaires, il faut aller vite, traiter quatre sujets dans la même journée. Bref « il faut vivre » et les conditions matérielles nuisent à la qualité de la presse. S’y ajoute bien entendu un conformisme idéologique dans ce que Mélenchon appelle « Le monde globalitaire »…
JL Mélenchon reconnaît avoir un rapport passionné avec la presse qu’il consomme à haute dose. « Non pas pour savoir quelles sont les nouvelles du monde, mais pour savoir ce que disent les médias ». Il n’ignore pas les journaux de gauche mais avoue apprécier les pages internationales du Figaro, et lire également soit La Tribune, soit Les Echos.
Il classe les journalistes interviewers en deux catégories : « Les boxeurs » qui cherchent essentiellement à désarçonner l’interviewer, et les "accoucheurs" qui sont davantage soucieux de mieux connaître l’interlocuteur. Je pense volontiers que Jean-Michel Apatie doit être dans la première catégorie et Yves Calvi dans la seconde.
Il avoue aussi sa passion pour l’écriture « écrire dans l’émotion ! » qui s’exprime sur son blog auquel il consacre 2 h à 2h 30 par jour, avec une production de l’ordre de 30 000 signes. C’est pour lui un plaisir – je le comprends volontiers – mais aussi un moyen très efficace de clarifier ses idées et de les mémoriser. Le bonheur d’écrire !
Nous sommes partis avant la fin quand le propos concernait davantage la politique que les médias. Mais quel plaisir d’écouter un très bon professionnel de la parole, surtout quand on ne partage pas ses idées …

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