1 février 2022

Nantes 13è ou 23è des villes préférées, il faut choisir son quotidien

 Lire chaque jour les deux quotidiens nantais ( je ne reçois pas 20 minutes) est édifiant quant au souci d'informer ou de ne pas déplaire. 

Exemple flagrant hier  dans Presse Océan  et aujourd'hui dans Ouest France sur le thème de l'attractivité de Nantes. Le  sujet a été mis dans l'actualité par le classement des villes préférées des Français parue dans le JDD du dimanche 30 janvier . Cette enquête est largement reprise par PO, mais pas dans  OF qui n'en dit mot et préfère se référer au  classement  des Villes et villages où il fait bon vivre ( OF)., qu'il est seul à diffuser.

Le classement du JDD  a été largement diffusé et commenté dans la presse locale radio télé, le second très confidentiel et discret, même dans la mise en page. Jugeons sur pièce.



Sans doute la 23è place de Nantes , en recul, n'est pas de nature à conforter le discours politique locale. Ouest France ne dit mot de cette enquête, mais ( avec le service com de la ville ?) trouve un sondage pas glorieux qui fait gagner 10 places à notre chère métropole pour se classer 13è (cf. encart). Ce choix éditorial de OF " pour les besoins de la cause" ne fait pas les gros titres. Le très légitimiste journal local, pour ne pas dire plus,  n'en sort pas grandi.


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7 mai 2012

Présidentielles :avant 20 heures ?

Je trouve un peu futile le débat dans la presse pour savoir si les médias français doivent diffuser avant 20 h, ce qui est connu sur des sites étrangers deux heures plutôt. C'est dissuasif vis-à-vis des personnes qui n'ont pas encore voté, et en toute hypothèse ceux qui veulent savoir ces indications peuvent toujours les trouver. Personnellement avant 18 h et le début des opérations de dépouillement auxquelles j'ai participé, un ami m'avait déjà donné la fourchette d'un média suisse : Hollande 52 % Sarkozy 48 %. C'était pas mal vu. Le rôle de scrutateur est toujours passionnant avec son rituel, ses précautions et aussi ses surprises qui sortent des enveloppes. Ainsi dans mon bureau, un bulletin Hollande transformé en petit avion papier mais non déchiré( nous ne l'avons pas considéré comme nul), ou des bulletins type affiche du Titanic avec le couple Sarko Hollande et autres prélèvements dans la presse. Il y a toujours un ou deux bulletins injurieux à l'égard de l'un ou l'autre candidat. Cette fois-ci les bulletins blancs ou nuls était nombreux à la mesure des votants refusant le choix binaire. L'alignement des bâtons successivement bleu ou rouge par centaine d'enveloppes ouvertes, a quelque chose de scolaire et archaïque mais cette trace est nécessaire. Et puis quand on a bien dépouillé ou tenu les bureaux de vote, on se retrouve à l'Hotel de Ville pour " refaire le monde!"...

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28 mars 2012

Denis Pingaud et les sondages


Denis Pingaud : Les secrets des sondages

Conférence débat de l’Observatoire des médias – 20 janvier 2012

Avant le débat avec la salle, Denis Pingaud a présenté son propos autour de trois questions :
- Les sondages, objets douteux ?
- Quelles critiques sur les sondages ?
- Les sondages objets pervers de la démocratie ?

I – Les sondages, objets douteux ?
Les sondages s’inscrivent dans une science sociale vivante. C’est un travail sérieux, qui à l’évidence ne doit pas faire disparaître le vote. Ce qui est fréquemment critiqué, ce sont les redressements effectués par les instituts après collationnement des enquêtes : en quelque sorte, la cuisine interne de chaque organisme.
Il convient de garder à l’esprit, d’une part que le sondage d’opinion n’a pas de valeur prédictive, c’est à dire qu’il se limite aux intentions, et d’autre part « Le film vaut mieux que la photo » à savoir, les évolutions dans le temps sont plus importantes que le constat chiffré à un temps T.
Deux observations faites à propos de la campagne présidentielle :
- Jamais les prévisions du 2è tour n’ont montré un écart aussi grand (au 20 janvier)
- Le vote protestataire est important notamment avec trois candidats : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Bayrou, qualifiés de « protestataires intégrés ».
II – Critiquer les sondages ?
« Ce qui compte c’est la question ». Il y a une tendance naturelle à répondre oui plutôt que non si bien que pour une même situation (exemple : le climat d’insécurité), il peut y avoir 10 points d’écarts entre une question incitant majoritairement une réponse positive ou une réponse négative. Il y a de même une ergonomie dans l’ordre des questions pour avoir des réponses le moins biaisé possible.
L’interprétation donnée par les médias, peut dévier, détourner le sondage, en fonction des préférences partisanes du support. Il serait souhaitable que le commentaire de l’institut soit connu pour pallier ce risque.

III – Objets pervers dans la démocratie ?
Avant 2002, il n’y avait pas de sondages dans la semaine précédant une élection. Aujourd’hui les sondages interviennent jusqu’au vendredi soir. Est-ce dommageable pour la démocratie ?
On constate qu’il y a chez les électeurs flottants un double mouvement d’une part, d’accompagnement des progressions dans les sondages mais aussi, de réactions en sens contraire. Il est difficile de considérer que cette multiplication des sondages dénature la démocratie. L’électeur sait de plus en plus décrypter ce contexte envahissant.
Didier Pingaud plaide pour l’autorégulation des instituts de sondages.

Les sondages ne rendent pas compte des « mouvements tectoniques » de l’opinion, notamment la défiance dans le pays au regard des institutions, des responsables économiques et politiques. De même les enquêtes du type « Pourquoi avez-vous changé d’avis ? » sont peu nombreuses car elles sont couteuses.

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