22 mai 2017

Médias et présidentielles, un vrai pouvoir

Le comportement des médias a été l'occasion d'un échange de mails avec un ami qui suit notre actualité au-delà des frontières.
J'avais envie de revenir sur quelques aspects médiatiques de cette campagne. Le débat entre les deux tours a été déterminant dans le choix de nombreux électeurs. J'en ai eu des témoignages. C'est une nouveauté supplémentaire dans cette élection, alors que tous les commentateurs ne cessaient de nous dire - avant - que ce débat entre les deux finalistes ne faisait jamais "bouger les lignes" et n'avait pas d'incidence notable sur le résultat. C'était oublier que les électeurs aiment bien voir concrètement les candidats et juger non seulement leur programme, mais aussi leur façon d'être.Marine Le Pen s'y est fourvoyée...
J'ai toujours eu une exigence éthique à l'égard de la presse qui a des obligations de neutralité et d'objectivité. Je suis de plus en plus agacé par les journalistes qui nous disent que l'objectivité n'existe pas et que leur exigence, c'est l'honnêteté. A-t-elle été respectée dans la campagne présidentielle ? Pour le moins Emmanuel Macron a bénéficié d'un large soutien médiatique particulièrement dans les grands médias audiovisuels. Certains ont vu dans ce soutien le poids des grands groupes qui détiennent ces supports. Mais la télévision et la radio publiques n'ont pas été en reste. Certes, s'agissant de s'opposer à Marine Le Pen, la tentation pouvait être grande, et la légitimité évidente pour beaucoup. A tort, l'exigence démocratique doit s'imposer. Se transformer en instrument de propagande, imiter plus ou moins les ex démocraties populaires ou la Turquie d'aujourd'hui, est une vraie régression. Je crains que l'on s'habitue à ses dérives et à des médias versatiles qui après avoir encensé Macron passeront peut être au Macron Bashing dans quelques mois ...
On suivra tout ça sur la nouvelle page blanche qui s'ouvre !

 

Merci pour ta réponse pertinente, surtout en ce qui concerne la versatilité des médias. je ne doute pas, également, du prochain "Macron bashing".
Nous sommes abreuvés en permanence de pseudo-analyses qui interprètent tous les faits et gestes des politiques (…même quand il n’y a pas de fait!).
L’image est également sujette à interprétation (un exemple: sur la photo du nouveau gouvernement Edouard Philippe est quelques centimètres en retrait des ministres qui l’entourent; cela à fait l’objet de commentaires). Même les émissions TV "de bonne réputation" (TV5 ou Arte) tombent dans le people.
On peut avoir de l’humour, même dans les sujets sérieux, mais de là à transformer des entretiens de personnalités en séances "foireuses" ?

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4 mai 2017

Débat, duel, tauromachie

Un mot d'abord du décor : pourquoi ce besoin de faire en permanence des images qui bougent, comme des voilages qui passent en fond d'écran ? Cela distrait le regard, détourne l'attention, transforme le débat. Il faut que ce soit une scène, un show : le cadre doit y participer. Comme ces interventions de journalistes in situ dans la rue ou dans des lieux bruyants. Il faut une ambiance même si c'est au dépens du contenu du message ou du débat.
Le show a bien eu lieu hier soir. Un combat sans concession, âpre, violent souvent, avec des grands sourires ou des rires sarcastiques. De quoi combler les attentes des commentateurs ou commentatrices  qui attendaient avec impatience ce combat ou Marine Le Pen allait dixit " mordre les mollets" ( JT de France 2) d'Emmanuel Macron, et autres formules carnassières. Cela a bien eu lieu. Mais patatras les commentateurs qui " chauffaient l'ambiance" font aujourd'hui la fine bouche. Ont, comme disait Melenchon  " Des pudeurs de gazelle" devant l'âpreté du combat, se drapent dans la dignité de la stature présidentielle ou non, et semble regretter les débats dont on a retenu qu'une petite phrase ou les anaphores de François Hollande. Et tombent à bras raccourcis sur les deux pauvres journalistes moins bien traités par les deux compétiteurs que n'importe quel électeur...
Bref, il y avait hier soir, un titulaire incontestable Emmanuel Macron et une challengère Marine Le Pen, qui voulait apparaître comme l'opposante en chef, intraitable, leader de la future opposition. Façon de lui faire entendre " Voilà ce qui t'attends après ton élection, je ne lâcherai rien !".  Emmanuel Macron a plutôt bien résisté a ce travail de sape et de provocations. Tel un toréro élégant dans l'arène il a esquivé les coups de corne, planté les banderilles, et grand seigneur évité la mise à mort qui lui aurait fait perdre les faveurs du public. Macron sera donc président en ayant montré ses capacités intellectuelles,  psychologiques et physiques. Marine Le Pen a peut être livré son dernier grand combat dans une présidentielle avec une combativité sans faille. Je doute qu'elle soit présente en 2022. Si Marion Maréchal Le Pen la remplace à cette échéance, elle risque d'être redoutable. Mais d'ici là, il y aura eu le quinquennat d'Emmanuel Macron qui arrivera peut être à "renverser la table sans casser la porcelaine" Good Luck !

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30 mai 2014

Bruxelles, Marine Le Pen et les médias

La  responsabilité des grands médias audiovisuels n'est pas pour rien dans l'abaissement de la démocratie et dimanche dernier, dans le succès de Marine Le Pen et du Front Nantional.
Je reprend un extrait de la chronique de Bruno Frappat dans La Croix du 31 mai :
"Il y a ce constant bombardement médiatique sur les travers de "Bruxelles", entretenu à la fois par la gauche et la droite. Cela s'est payé, dimanche.
Ne dissimulons pas la responsabilité de la plupart des médias, dont les dominants, cherchant partout la petite bête; incapables de pédagogie parce que cela barbe les rédactions; gourmands devant les pépins et agitant chaque matin leurs sarcasmes antibruxellois ou désignant constamment, comme des procureurs autoproclamés, les avanies et les malfaisances de la "classe politique" en négligeant le fait que les journalistes sont de cette classe là."
Dans Le Monde aussi, mercredi 28 mai 2014, un texte de Philippe Riutort , professeur de sciences sociales au lycée Henri IV ( et coauteur avec Pierre Leroux notre invité du 28 mars, de "La politique sur un plateau"). Il s'intitule "Renoncer au journalisme de sondage pour combattre Marine Le Pen" et comme le dit une phrase du texte " Un dossier minutieusement préparé peut parfois suffire. Anne-Sophie Lapix a mis en contradiction la présidente du FN à deux reprises".

Il suffit pour les grands médias de faire vraiment leur métier, d'informer honnêtement sans chercher em permanence à surfer sur les humeurs du temps et l'écume des évènements.

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23 avril 2012

Présidentielles et médias

Brièvement :
1 - La vraie campagne de fond a eu lieu au moment des primaires " citoyennes" qui ont donné lieu à de vraies débats largement diffusés par les grands médias. Les primaires ont d'emblée installé François Hollande en position de favori. Elles ont aussi installé la campagne dans la longue durée, d'où le sentiment de fatigue et de redite ressenti par l'opinion.
2 - Le tropisme de gauche de la majorité des médias n'incite pas à un travail objectif sur le vote Marine Le Pen. Une nouvelle fois, la surprise vient de ce côté là et les instituts de sondages ont également participé à une vision déformée de l'électorat et de ses motivations. Les attitudes morales sont légitimes, mais elles ne doivent occulter la réalité. C'est un autre aspect du déni français.
3 - L'association des grands médias avec les instituts de sondages fait que pendant toute une soirée l'on va donner uniquement les estimations de cet institut même s'ils sont loin des vraies résultats. Naguère on donnait les estimations de plusieurs instituts, et c'était de l'information. Sans doute pour des motifs financiers notre information est amoindrie.
4 - la vraie vie électorale c'est d'être dans les bureaux de vote comme assesseurs, scrutateurs, de participer ainsi à la vie démocratique, et de connaître les électeurs. Et après le dépouillement rigoureux de se retrouver quelque soit la couleur politique autour d'un verre ou d'un buffet, pendant que la télé parle dans le vide...

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2 avril 2012

Candidats et moralité fiscale


La rigueur fiscale est souvent présente dans les discours des candidats aux présidentielles. Le Canard Enchainé du 28 mars a eu l'idée de demander aux candidats leur feuille d'impôt sur le revenu ( il pourrait le faire aussi pour les impôts locaux - il y aurait certainement des surprises - et pourquoi les autres médias n'ont jamais cette curiosité ?).

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28 mars 2012

Denis Pingaud et les sondages


Denis Pingaud : Les secrets des sondages

Conférence débat de l’Observatoire des médias – 20 janvier 2012

Avant le débat avec la salle, Denis Pingaud a présenté son propos autour de trois questions :
- Les sondages, objets douteux ?
- Quelles critiques sur les sondages ?
- Les sondages objets pervers de la démocratie ?

I – Les sondages, objets douteux ?
Les sondages s’inscrivent dans une science sociale vivante. C’est un travail sérieux, qui à l’évidence ne doit pas faire disparaître le vote. Ce qui est fréquemment critiqué, ce sont les redressements effectués par les instituts après collationnement des enquêtes : en quelque sorte, la cuisine interne de chaque organisme.
Il convient de garder à l’esprit, d’une part que le sondage d’opinion n’a pas de valeur prédictive, c’est à dire qu’il se limite aux intentions, et d’autre part « Le film vaut mieux que la photo » à savoir, les évolutions dans le temps sont plus importantes que le constat chiffré à un temps T.
Deux observations faites à propos de la campagne présidentielle :
- Jamais les prévisions du 2è tour n’ont montré un écart aussi grand (au 20 janvier)
- Le vote protestataire est important notamment avec trois candidats : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Bayrou, qualifiés de « protestataires intégrés ».
II – Critiquer les sondages ?
« Ce qui compte c’est la question ». Il y a une tendance naturelle à répondre oui plutôt que non si bien que pour une même situation (exemple : le climat d’insécurité), il peut y avoir 10 points d’écarts entre une question incitant majoritairement une réponse positive ou une réponse négative. Il y a de même une ergonomie dans l’ordre des questions pour avoir des réponses le moins biaisé possible.
L’interprétation donnée par les médias, peut dévier, détourner le sondage, en fonction des préférences partisanes du support. Il serait souhaitable que le commentaire de l’institut soit connu pour pallier ce risque.

III – Objets pervers dans la démocratie ?
Avant 2002, il n’y avait pas de sondages dans la semaine précédant une élection. Aujourd’hui les sondages interviennent jusqu’au vendredi soir. Est-ce dommageable pour la démocratie ?
On constate qu’il y a chez les électeurs flottants un double mouvement d’une part, d’accompagnement des progressions dans les sondages mais aussi, de réactions en sens contraire. Il est difficile de considérer que cette multiplication des sondages dénature la démocratie. L’électeur sait de plus en plus décrypter ce contexte envahissant.
Didier Pingaud plaide pour l’autorégulation des instituts de sondages.

Les sondages ne rendent pas compte des « mouvements tectoniques » de l’opinion, notamment la défiance dans le pays au regard des institutions, des responsables économiques et politiques. De même les enquêtes du type « Pourquoi avez-vous changé d’avis ? » sont peu nombreuses car elles sont couteuses.

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19 janvier 2012

Anne Sophie Lapix, une vraie interview avec Marine Le Pen