13 mai 2021

Crédit d'impôt presse : une idée qui a fait son chemin

Depuis une dizaine d'années je propose que le soutien à la presse, indispensable à la démocratie bénéficie d'un dispositif fiscal identique à celui accordé aux partis politiques. En accordant le même avantage fiscal à la souscription d'un abonnement à un journal d'informations que celui qui est accordé aux cotisations versées au bénéfice d'une organisation politique. Après bien des interventions à tous les niveaux et des soutiens affirmés ( dont celui de Bruno  Frappat ancien directeur de la rédaction du Monde et de La Croix) cette mesure vient d'être mise en place le 9 mai 2021. J'en éprouve une certaine fierté. Bien sûr le dispositif est limité, perfectible (uniquement pour un premier abonnement), mais c'est un premier pas dans pays où tout changement législatif ou règlementaire est d'une incroyable lourdeur *. Bonne chance à cette initiative !

* Cela me rappelle toutes les démarches et pétitions entreprises dans les années 90 pour faire évoluer les incompatibilités et inéligibilités appliquées aux agents des impôts : l'intervention de Michel Charasse avait été déterminante. Beaucoup d'ex collègues en ont bénéficié depuis.


 

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17 janvier 2020

Merci Macron !

Ce n'est pas de l'ironie mais une vraie satisfaction éprouvée en lisant Ouest France ce matin
Voilà des années - 10 ans exactement - que j'ai fait cette proposition dans un article " Pour sauver la presse avec ses lecteurs". 

Si l’on considère que la presse écrite quotidienne est un élément indispensable et même vital, de la vie démocratique -  comme le sont les partis politiques -  il serait logique que l’abonnement à un quotidien, qui est un engagement financier non négligeable, mais si important pour la santé financière des journaux, soit favorisé fiscalement comme l’est l’engagement dans un parti politique. C’est à dire qu’il donne droit à un crédit d’impôt du même ordre que celui accordé aux citoyens qui font vivre la démocratie à travers les partis politiques. L’avantage serait double : pour le lecteur citoyen qui a parfois bien du mérite à payer d’avance un service dont la quotidienneté est souvent décalée et la régularité parfois aléatoire ; pour les journaux qui logiquement préfèrent dépendre de la fidélité de leurs lecteurs, plutôt que de subventions directes de la puissance publique. La mise en œuvre d’un tel dispositif est simple. Il suffit de prévoir cette possibilité dans la Loi de finances. Le parallélisme avec les cotisations aux partis politiques peut être copié à cet égard.

Je l'ai fait connaître à de nombreux invités de l'Observatoire des médias de l'université permanente. Elle a été reprise très positivement par Bruno Frappat dans sa chronique hebdomadaire dans La Croix il y a quelques années, et je l'ai renouvelée à l'occasion du dialogue en cours Citoyens Médias.
Cela vient peut être un peu tard et mettre ça sous conditions de ressources - un travers macronien permanent - va limiter fortement la portée de cette mesure. C'est néanmoins un premier pas dans le bon sens.

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27 avril 2018

Macron, Pleynel, Bourdin, réquisitoire et autocritique

Dans sa chronique hebdomadaire de La Croix (22.04.18), Bruno Frappat qui ne manque pas d'expérience journalistique,  est impitoyable à l'égard de ses deux confrères interwieveurs du Président de la République le dimanche 15 avril. Il en tire aussi une leçon de journalisme adaptée à notre époque. Extraits.



Le journalisme est un métier dévoyé par les maléfices de la télévision. Il ne s’agit plus de mettre en avant le réel mais de se faire voir soi-même, « Voyez mes ailes » dans une compétition de l’ego (« J’ai été bon ? ») qui n’épargne que peu de vedettes de l’écran, de ces gens qu’on reconnaît dans la rue et n’en sont pas peu fiers même s’ils affectent d’en être lassés. Montrer sa bobine ne suffit pas, il faut se forger un personnage typé, bien installé dans une posture et campé, à coups de « talk-shows », dans le décorum de la culture audiovisuelle. Bourdin, c’est son métier et même son charisme, il est l’homme intraitable de la petite aube qui met sur le gril ses interlocuteurs sans ménagements avant de partager café et viennoiseries avec eux. Il est du genre qui ne s’en laisse pas conter, de ceux à qui « on ne la fait pas, ah mais ! » Il est plutôt courtois à l’ordinaire. Mais, ce soir-là, il s’était mué en agresseur donneur de leçons, bretteur méchant accusant quasiment le chef de l’État de mensonge éhonté. Bourdin sorti de ses gonds était plus grimaçant que nature. Quant à Plenel, plus narquois que jamais derrière ses regards dissimulés, il méditait ses coups tordus avec la gentillesse d’un bolchevik envisageant la présence d’un social-traître dans le studio. Ce« trotskiste culturel », comme il aime à se définir lui-même, se voyait agent de l’histoire en train de se faire et défenseur non pas seulement de la veuve et de l’orphelin mais de l’humanité entière au nom d’une vertu intraitable qui sentait son Robespierre numérique. Il était comme dressé seul face aux atrocités des riches et des puissants.



N’est-ce pas que ces deux-là, ce soir-là, ont joué ensemble à caricaturer tout ce que nous avons, chacun dans notre registre et à notre place, considéré comme le sel de notre activité ? N’as-tu pas, éditorialiste, passé ta vie à trancher de tout et de rien, y compris de choses auxquelles tu ne connaissais ni mie ni miette ? N’as-tu pas, chroniqueur, répandu sur la terre entière tes présupposés, tes à-peu-près, tes mensonges même, sans te tenir modestement au plus près des vérités des autres ? N’as-tu pas été toi aussi imposteur pour d’autres, irrespectueux comme les deux énergumènes qui, dimanche, ont déshonoré le métier ? N’as-tu jamais péché par prétention, mauvaise foi ou excroissance de ton ego, vaine gloriole et abus de position ?
Si cette émission n’a servi qu’à pousser les journalistes à s’interroger sur le sens de leur métier et les limites de leur potentat, elle n’aura pas été seulement une caricature de démocratie mais une pédagogie utile pour les confrères de demain. On leur souhaite de se faire projeter dans les écoles de journalisme cette funeste séquence pour qu’ils sachent ce qu’il ne faut pas faire si l’on veut s’attirer un minimum de respect et de considération.
Bruno Frappat ( La Croix 22.04.2018)


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30 mai 2016

CGT la lente agonie du XIXe siècle

 Je reprends volontiers le titre de la dernière chronique de Bruno Frappat samedi 28 mai dans La Croix. Particulièrement son dernier paragraphe en guise de conclusion ( provisoire !).

Bruno Frappat rapporte aussi un reportage, que j'ai également vu, d'un face à face sur un barrage entre grèvistes et des "antigrève". Au sujet de ces derniers, un ouvrier faisait remarquer, dans un haussement d'épaule méprisant " Oui mais ce sont des cadres et des ingénieurs !" " Il les poubellisait en quelque sorte, les expulsant du monde du travail." Dommage que le ou la journaliste n'ai pas demandé s'il considérait que les cadres et les ingénieurs étaient ou non des "travailleurs" dignes de la considération de la CGT...

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30 mai 2014

Bruxelles, Marine Le Pen et les médias

La  responsabilité des grands médias audiovisuels n'est pas pour rien dans l'abaissement de la démocratie et dimanche dernier, dans le succès de Marine Le Pen et du Front Nantional.
Je reprend un extrait de la chronique de Bruno Frappat dans La Croix du 31 mai :
"Il y a ce constant bombardement médiatique sur les travers de "Bruxelles", entretenu à la fois par la gauche et la droite. Cela s'est payé, dimanche.
Ne dissimulons pas la responsabilité de la plupart des médias, dont les dominants, cherchant partout la petite bête; incapables de pédagogie parce que cela barbe les rédactions; gourmands devant les pépins et agitant chaque matin leurs sarcasmes antibruxellois ou désignant constamment, comme des procureurs autoproclamés, les avanies et les malfaisances de la "classe politique" en négligeant le fait que les journalistes sont de cette classe là."
Dans Le Monde aussi, mercredi 28 mai 2014, un texte de Philippe Riutort , professeur de sciences sociales au lycée Henri IV ( et coauteur avec Pierre Leroux notre invité du 28 mars, de "La politique sur un plateau"). Il s'intitule "Renoncer au journalisme de sondage pour combattre Marine Le Pen" et comme le dit une phrase du texte " Un dossier minutieusement préparé peut parfois suffire. Anne-Sophie Lapix a mis en contradiction la présidente du FN à deux reprises".

Il suffit pour les grands médias de faire vraiment leur métier, d'informer honnêtement sans chercher em permanence à surfer sur les humeurs du temps et l'écume des évènements.

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30 septembre 2013

Terreur ( et bonheur)

C'est le titre d'une des chroniques de Bruno Frappat dans " L'humeur des jours" paru dans La Croix samedi-dimanche 28 et 29 septembre 2013. "Un coup de gueule" à propos des massacres de Nairobi et du Pakistan.
Extraits
" Et il faudrait rester calmes et ouverts aux "solutions politiques" par rapport à ce phénomène qui depuis plus de 10 ans saccage la tranquillité de la planète ? Il faudrait "raison garder", refuser les amalgames ? Pourquoi s'interdirait-on de trouver le fil rouge, la logique commune qui tient ensemble toutes ces malfaisances, les reliant comme si elles tissaient un voile noir sur le monde.
Les jérémiades pleurnichardes sur notre propre passé, consistant à battre constamment notre coulpe sur le temps des "croisés", de "l'esclavagisme" ou de l'"inquisition" et du "colonialisme", ces plates excuses à renouveler sans cesse, est-ce que cela n'a pas fait son temps ? Faut-il, jusqu'à la fin des siècles, expliquer le présent de l'horreur islamique par les comportements de nos ancêtres et de notre religion ? La macération et l'autodénigrement n'apportent plus rien au débat contemporain.
C'est la survie de l'humanité qui est en jeu. L'alliance sournoise d'une idéologie simpliste, caricaturale, inspirant des esprits faibles et du pur banditisme, consistant à dominer des zones entières, comme un animal marque son territoire, c'est bien le ciment d'une nouvelle domination que touillent ces fous. Dieu leur importe peu, au fond, car on se demande s'il faudrait vraiment croire en un Dieu unique qui acclamerait tant de crimes, tant de créatures massacrées par d'autres créatures.
...


Heureusement dans sa chronique précédente sous le titre bonheur, il écrit :

" Le regain de l'été nous ferait croire le bonheur possible.Le bonheur des instants lumineux où le soleil joue avec nos âmes, caresse nos joues et nos coeurs qui avaient perdu leurs couleurs..."

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19 février 2013

Merci Bruno Frappat

 
Bruno Frappat dans sa chronique hebdomadaire " l'humeur des jours " publiée dans La Croix, a bien voulu reprendre quelques unes de mes propositions sur la crise de la presse écrite La Croix samedi 9,dimanche 10 février 2013). Je l'en remercie, en espérant que ...


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16 septembre 2012

Les mots volent bas

C'est le titre de la chronique de Bruno Frappat dans La Croix ( 15-16 sept.2012). Il y parle sous le titre Littérature de Richard Millet qui vient de faire scandale avec son texte " Eloge littéraire de d'Andres Brevik" ( Le tueur norvégien) et du dernier "roman" de Christine Angot " Une semaine de vacances" dont il écrit : On comprend qu'une thérapie s'impose aux victimes d' inceste pour "dire" leur souffrance. Mais une thérapie publique a peu de vertus, sauf, en l'occurrence, de faire vendre un livre écrit au scalpel. Un choc au sens de choquant.
A propos de la fameuse Une de Libération " Casse-toi riche con!"
Méfions-nous de la dose de violence que nous mettons dans le journalisme comme devraient se méfier de ce qu'ils écrivent les essayistes et les romanciers. A augmenter sans cesse la charge de bombes à fragmentation nous allons finir par rendre impssible toute nuance et, surtout par interdire tout débat, toute pensée, toute intelligence. L'indignité menace le langage et l'incivilité la civilisation.

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