22 février 2020

Michel Charasse efficace

J'ai eu l'occasion lorsque j'étais élu local, de saisir Michel Charasse des dispositions légales concernant les conditions d'éligibilité aux mandats municipaux et départementaux, des agents des impôts et des finances publiques. Législation archaïque et très pénalisante pour ces catégories de fonctionnaires pratiquement exclus des fonctions électives dans une application restrictive des textes*.
A l'époque Michel Charasse Secrétaire d'Etat au budget avait pris en compte cette question et à l'occasion d'un texte sur le statut des élus, avait fait évoluer les incompatibilités pour les rendre plus conformes à la réalité politique et à  l'exercice des droits citoyens des agents de ces administrations. Ce n'était pas parfait, mais avec d'autres collègues j'avais apprécié son efficacité. A la différence d'un Pierre Joxe indifférent à  ce genre de questions.
* C'est ainsi que j'ai toujours refusé d'être candidat aux élections cantonales du fait des incompatibilités professionnelles. Ce qui n'a pas toujours été compris.

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5 avril 2010

Je n'aime pas Pierre Joxe !

Fatigué d'entendre et de voir Pierre Joxe, ex membre du Conseil constitutionnel, qui se répand sur toutes les antennes, sur le thème " Ah j'ai bien failli démissionner : du CC en raison des décisions prises contre mon avis que je ne pouvais faire connaître, comme la nomination des présidents de chaînes; du 1er gouvernement de François Mitterrand lorsque les généraux " félons" de l'Algérie Française, ont été amnistiées, etc." Que ne l'a-t-il fait ! Il faut savoir ce que l'on veut.
Je ne lui reproche pas sa filiation avec Louis Joxe qui a été un grand ministre de De Gaulle, même si je suis légèrement agacé par ces grands bourgeois, fils de - idem Fabius - qui font carrière au PS et donne volontiers des leçons à tout le monde.
Plus précisement, j'ai un très mauvais souvenir d'une rencontre avec Pierre Joxe à l'époque ministre de l'Intérieur et qui présidait une réunion d'élus locaux socialistes, dont je faisais partie. J'avais soulevé le problème des incompatibilités et des inéligibilités professionnelles qui touchaient - et touchent encore pour certaines - les agents des administrations financières. En gros un simple agent des finances ne pouvait être maire ou adjoint dans aucune des communes du département où il était affecté. Pour le conseil général et le conseil régional, c'est une inéligibilité qui s'applique ( art.195 § 11 du code électoral) qui empêche n'importe quel agent des finances de se présenter dans son département où sa région ( pour les autres administrations, ces limites ne s'appliquent qu'aux chefs de service départementaux ).
Pierre Joxe avait répondu, avec ce que j'ai ressenti comme de la désinvolture et une certaine condescendance, qu'il avait connu comme élu un collègue pour lequel la question s'était posé, mais qu'une solution avait été trouvé (?). Au plan général, grosso modo, il "conseillait" de changer d'administration, sans voir d'aucune façon ce qu'avait d'archaïque cette législation. Bien entendu, les énarques n'étaient pas concernés par ces limites, et sans doute à ses yeux, c'était l'essentiel ! j'avais trouvé son attitude indigne, venant de la part d'un " camarade" qui était là pour aider les modestes élus locaux...
Je dois à la vérité de dire que c'est Michel Charasse, alors secrétaire d'Etat au Budget, que nous avions sollicité avec plusieurs collèges, qui par un amendement a fait modifier le code des communes, pour permettre aux agents des impôts de pouvoir être élus , maire ou adjoint dans leur commune, dès lors qu'ils n'ont pas compétence professionnelle sur cette commune. Merci Charasse! moins snob et arrogant que Pierre Joxe. Fermez le ban !
Sur cette question, d'incompatibilité ou d'inéligibilité, je trouve qu'avec la décentralisation, pour les administrations des collectivités locales, nous sommes passés dans un excès inverse. Voir de nombreux élus en charge de responsabilités dans une ville, être en même temps, attaché ou chef de service dans l'administration de la ville d'à côté, qui appartient à la même communauté de communes, me choque profondément. Quelle indépendance peut-on avoir de ce cas ?
Cela est à inscrire au passif de notre vie démocratique qui s'alourdit de plus en plus.

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17 janvier 2010

Jospin Lionel militant du XVème

Grand buzz médiatique autour de la sortie du livre interview biographique de Lionel Jospin et des magazines télé sur le même thème. L'occasion de rappeler sa présence dans la section du PS de Javel-Grenelle dans les années 74 - 76. C'est dans cette section que j'ai adhéré à mon retour d'Afrique. C'est aussi là que j'ai fait la connaissance de ma future femme : c'est dire si je m'en souviens ! La section avait un secrétaire formidable, pédagogue, respectueux des débats, Gérard Moreau qui, avec l'arrivée de la gauche au pouvoir, deviendra conseiller du Ministre des Affaires sociales ( tandis que son épouse, conseiller d'Etat, sera à l'Elysée la conseillère dans le domaine social de Mitterrand pendant de nombreuses années, avant de présider - peut-être le fait-elle encore ? - le Comité d'Orientation des Retraites ( le COR ) : un couple brillant mais d'une grande simplicité ).
Pour revenir à Jospin, il venait assez régulièrement aux AG mensuelles, mais était d'une grande discrétion. Il était déjà une personnalité du PS, faisant partie des proches de Mitterrand, mais arrivait souvent en retard, intervenait rarement, si ce n'est lors des grands débats avant les congrès. J'ai longtemps considéré que cette attitude était liée à son tempérament réservé, mais l'explication a été complétée par la révélation plus de 20 ans après, de son appartenance à la mouvance troskiste dans laquelle il avait des contacts réguliers, en particulier avec les chefs de ce mouvement. Ces choses évidemment n'étaient pas connues au sein du PS. Mais le " double jeu" a existé pendant longtemps, et les réticences que j'ai éprouvés à l'égard de la personne de Lionel Jospin, notamment lors des présidentielles de 2002, ont leur source dans cette attitude ambiguë, qu'il a d'ailleurs eu beaucoup de difficultés à avouer. S'il y avait eu un 2ème tour en 2002, j'aurais certainement voté pour lui - car c'est manifestement un leader politique de 1er plan - mais je ne regrette nullement mon vote du 1er tour...
Il faudra que je parle un jour d'un des socialistes que je déteste le plus - Pierre Joxe - grand bourgeois méprisant ( à partir d'une expérience vécue...)et de tout ce que les élus locaux des administrations financières doivent à Michel Charasse.

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