22 mars 2020

Chloroquine, nivaquine, un médicament ancien

Pendant huit ans de 1966 à 1974, jeune coopérant en Afrique noire au Congo-Brazza puis en Côte d'Ivoire, j'ai pris tous les jours un comprimé de nivaquine pour éviter le paludisme. Cela nous était fortement conseillé. Je peux dire, pour ce qui me concerne, que la nivaquine appelée également chloroquine  s'est avéré efficace pendant toute cette période. Si aujourd'hui elle est de nature a raccourcir et améliorer le traitement du covid 19, tant mieux ! C'est un médicament peu coûteux, dont les effets secondaires - limités - sont bien maîtrisés.

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28 novembre 2017

Macron : conflit de génération ?

Emmanuel Macron entre-t-il, consciemment ou non, dans un conflit de génération  ? la question me vient à l'esprit avec son discours aujourd'hui à Ouagadougou devant les jeunes étudiants. J'ai le sentiment d'être dans la cible.
Il y a bien sûr, les mesures fiscales ou sociales visant les retraités et l'augmentation de 25% du taux de la  CSG sur les pensions à partir du 1er janvier. Mesure complétée pour les membres des classes moyennes supérieures par le maintien de la taxe d'habitation. Je suis dans les 20% des contribuables non exonérés (et la TH est exorbitante dans beaucoup de régions !) Après 2018 la TH ne va pas manquer d'augmenter rapidement puisqu'elle touchera uniquement des contribuables "aisés"...Les choix politiques sont respectables, encore faudra-t-il que les modalités pratiques soient validées par le conseil constitutionnel, car pour cette dernière mesure, "l'élastique" semble bien tendue au regard de l'égalité devant l'impôt.
Son discours du jour au Burkina Faso " Pays des hommes intègres" où il dénonce les crimes de la colonisation commis par les européens résonne bizarrement à mes oreilles. Ils ont eu lieu c'est certain, mais pour reprendre une formule macronienne, " en même temps" grâce à la colonisation et à la Françafrique,  Emmanuel Macron a pu faire un discours compris par des millions d'africains. Il fait son voyage dans des pays, qui à l'image de la zone euro, sont dans une zone de monnaie unique avec le franc CFA. Ce franc CFA, qui  assure la stabilité monétaire indispensable pour le développement. Sans parler de toutes les infrastructures médicales, d'éducation, d'urbanisme et d'équipements publics.
La façon dont E.Macron renvoie ceux qui ne sont pas de sa génération, "aux ténèbres" de l'obscurantisme est tout à fait choquante, (à l'image de Jack Lang en 1981 parlant " Du passage de l'ombre à la lumière" à propos de l'arrivée de la Gauche au pouvoir).
A l'âge où j'étais plus jeune que Macron, à partir de 1966, j'ai passé huit ans en Afrique francophone au titre de la coopération. Plutôt que de m'ennuyer dans une caserne, je suis parti faire mon service national au Congo Brazza puis ai travailler en coopération dans ce même pays et en Côte d'Ivoire. Avec des jeunes enseignants, ingénieurs, cadres de la fonction publique, nous avons fait le job, formé des cadres locaux, préparé sérieusement le passage de relai, et appris à mieux connaître et aimer ces pays. Un vécu qui vaut bien les 6 mois de stage passés par le jeune énarque Macron dans une ambassade !
Alors Monsieur le Président "ne jeter pas le bébé avec l'eau du bain", ne méprisez pas les anciens, cessez de ne voir qu'une couleur, ne soyez pas arrogant et donneur de leçons, comme vous l'avez été parfois aujourd'hui.

PS 1. En complément de mon billet récent sur le  départ de Mugabe ex-président du Zimbadwe, j'apprends dans La Croix ( 28.11.2017) que son ex-bras droit qui lui a succédé au pouvoir, vient de lui attribuer "huit millions d'euros d'indemnités de départ, un salaire annuel de 125 000 € et une totale immunité" . Dans un pays qu'ils ont conduit à la ruine...
PS 2. Dans les médias beaucoup de référence - en général une petite phrase - pour enfoncer le discours de Sarkozy à Dakar.Mais quelques mois plus tard, Obama au Ghana avait tenu pratiquement le même discours, stimulant pour les Africains. Dans les médias, OK pour Obama, KO pour Sarkozy !


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20 février 2017

Ai-je été colonialiste ( ou néocolonialiste) ?

Eh oui je dois l'avouer j'ai consacré huit ans de ma vie professionnelle, de 1966 à 1974,  à la Coopération avec les pays d'Afrique noire, en l'occurrence la République Populaire du Congo - marxiste léniniste à l'époque -  ( Congo Brazzaville) et la Côte d'Ivoire. J'ai même enseigné les impôts locaux à l'ENA de Brazzaville ainsi que " La rédaction administrative"  en plus de mes taches d'inspecteur des impôts qui visaient essentiellement à contrôler les entreprises détenues par les expatriés appelés " les Européens". Ce qui a pu me conduire à visiter des chantiers jusqu'au fin fond de la forêt équatoriale...En Côte d'Ivoire, j'étais intégré dans l'équipe du budget d'investissement, pour les financements extérieurs - c'étaient les années fastes pour le budget ivoirien - avec de nombreux collègues du cabinet d'études Cegos qui bénéficiait de généreux contrats.
Mon chef était congolais, ou ivoirien, comme l'ensemble du gouvernement. L' indépendance était acquise en douceur depuis 1960, mais il y avait beaucoup de jeunes coopérants français - enseignants, ingénieurs, médecins, chercheurs, cadres administratifs, etc. - encore présents pour faire encadrer un certain nombre de services publics, et former les cadres nationaux. Nous accomplissions notre service national pendant 20 mois en lieu et place du service militaire, avec la possibilité de prolonger par la suite avec un contrat civil. Ce que j'ai fait à deux reprises.
Nous n'étions plus dans la période coloniale, mais post-coloniale ou néo-coloniale pour reprendre une terminologie plus idéologique. On peut sans doute considérer que si nous rendions service honnêtement par nos activités, il y avait aussi de la part de l'Etat français, en contrepartie, une formation pratique et avantageuse de ses cadres. Nous étions sans conteste dans les CSP plus des populations congolaises ou ivoiriennes. C'était l'aboutissement d'un long processus historique que l'on voudrait aujourd'hui condamner d'un bloc. Nous étions de plain pied dans la présence française en Afrique, avec ses incontestables avancées dans le domaine de la santé, de l'éducation ( au Congo 95 % des enfants étaient éduqués), de l'Administration, des infrastructures, notamment ferroviaires, etc. Bref les pays "tournaient". Tournaient-ils à l'envers ? La copie du modèle occidentale conduisait-elle fatalement à une impasse ? La domination économique des Européens  avait-elle vocation à perdurer ? Etait-ce un crime, comme vient de le dire un peu vite Emmanuel Macron, ou, comme je pense, on l'enseigne aujourd'hui dans nos collèges et lycées ? Je n'entend pas ces propos dans la bouche des élites africaines qui ont su tirer le meilleur de leur double racine et qui à l'aide de la francophonie occupent pleinement leur place dans le monde. Ils permettent à l'Afrique de connaître aujourd'hui les meilleurs taux de croissance et de développement. Je constate aussi que dans les pays que j'ai bien connu, aucune ville, aucune région n'a changé de nom, comme pour rayer des pages d'histoire ( ce qui a été le cas sur l'autre rive du Congo...)
De mon modeste vécu dans ces années, je me refuse au jugement globalisant qui plait tant aux médias et aux politiques ( Souvenez-vous Georges Marchais et le bilan " globalement positif de l'URSS" !). La lucidité oui, la culpabilisation, non.

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15 février 2013

France Inter à Brazzaville : bravo !

Petit message que j'ai envoyé  à France Inter qui s'est installé deux jours à Brazzaville " L'Afrique qui vient"


Je ne suis pas un fidèle de France inter que je trouve trop engagé et pas suffisamment respectueuse de la diversité des opinions ( comme disait Pierre Bouteiller à propos de l'ORTF " un sujet, un verbe, un compliment !"). Mais je salue cette belle initiative de deux jours à Brazzaville avec les Etonnants Voyageurs. J'aime ce pays où j'ai vécu quatre ans comme jeune coopérant, et dans les émissions, les interviews, les reportages, j'ai retrouvé cette créativité, cette force de vivre, ce potentiel intact qui font l'avenir. Et les Congolais tellement accueillants.

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