31 octobre 2020

Côte d'Ivoire, présidentielles: le parti pris de France télévision

 C'est aujourd'hui jour de vote en Côte d'Ivoire pour l'élection présidentielle. Alassane Ouattara président sortant à l'issue de son 2ème mandat va être réélu malgré l'obstruction et les blocages des opposants dont Konan Bédié qui a 86 ans estime que son cadet de 8 ans ( 78 ans pour Ouattara  comme Biden) ne devrait pas pouvoir se représenter une troisième fois. Cette candidature est conforme à la constitution démocratiquement votée. Elle est aussi dans l'intérêt des ivoiriens et de la Côte d'Ivoire qui depuis dix ans sont sortis de la guerre civile et connaissent une prospérité et un développement cités en exemple.

Mais cela apparemment n'intéresse pas les journalistes de France 2. Ce soir encore le sujet diffusé a montré la Côte d'Ivoire en proie à des grandes violences dans un processus électoral considéré comme illégitime. Le journaliste annonce quasiment la guerre civile au lendemain de l'élection de Ouattara. Je n'y croie pas car la légitimité électorale  sera reconnue au plan intérieur et au plan extérieur. Alassane Ouattara a recadré le journaliste  et sa vision "franco-gauchiste"  de la vie politique ivoirienne. Ce parti pris existe depuis plus de 10 ans.

Libellés : , , ,

22 mars 2020

Chloroquine, nivaquine, un médicament ancien

Pendant huit ans de 1966 à 1974, jeune coopérant en Afrique noire au Congo-Brazza puis en Côte d'Ivoire, j'ai pris tous les jours un comprimé de nivaquine pour éviter le paludisme. Cela nous était fortement conseillé. Je peux dire, pour ce qui me concerne, que la nivaquine appelée également chloroquine  s'est avéré efficace pendant toute cette période. Si aujourd'hui elle est de nature a raccourcir et améliorer le traitement du covid 19, tant mieux ! C'est un médicament peu coûteux, dont les effets secondaires - limités - sont bien maîtrisés.

Libellés : , , , , ,

28 novembre 2017

Macron : conflit de génération ?

Emmanuel Macron entre-t-il, consciemment ou non, dans un conflit de génération  ? la question me vient à l'esprit avec son discours aujourd'hui à Ouagadougou devant les jeunes étudiants. J'ai le sentiment d'être dans la cible.
Il y a bien sûr, les mesures fiscales ou sociales visant les retraités et l'augmentation de 25% du taux de la  CSG sur les pensions à partir du 1er janvier. Mesure complétée pour les membres des classes moyennes supérieures par le maintien de la taxe d'habitation. Je suis dans les 20% des contribuables non exonérés (et la TH est exorbitante dans beaucoup de régions !) Après 2018 la TH ne va pas manquer d'augmenter rapidement puisqu'elle touchera uniquement des contribuables "aisés"...Les choix politiques sont respectables, encore faudra-t-il que les modalités pratiques soient validées par le conseil constitutionnel, car pour cette dernière mesure, "l'élastique" semble bien tendue au regard de l'égalité devant l'impôt.
Son discours du jour au Burkina Faso " Pays des hommes intègres" où il dénonce les crimes de la colonisation commis par les européens résonne bizarrement à mes oreilles. Ils ont eu lieu c'est certain, mais pour reprendre une formule macronienne, " en même temps" grâce à la colonisation et à la Françafrique,  Emmanuel Macron a pu faire un discours compris par des millions d'africains. Il fait son voyage dans des pays, qui à l'image de la zone euro, sont dans une zone de monnaie unique avec le franc CFA. Ce franc CFA, qui  assure la stabilité monétaire indispensable pour le développement. Sans parler de toutes les infrastructures médicales, d'éducation, d'urbanisme et d'équipements publics.
La façon dont E.Macron renvoie ceux qui ne sont pas de sa génération, "aux ténèbres" de l'obscurantisme est tout à fait choquante, (à l'image de Jack Lang en 1981 parlant " Du passage de l'ombre à la lumière" à propos de l'arrivée de la Gauche au pouvoir).
A l'âge où j'étais plus jeune que Macron, à partir de 1966, j'ai passé huit ans en Afrique francophone au titre de la coopération. Plutôt que de m'ennuyer dans une caserne, je suis parti faire mon service national au Congo Brazza puis ai travailler en coopération dans ce même pays et en Côte d'Ivoire. Avec des jeunes enseignants, ingénieurs, cadres de la fonction publique, nous avons fait le job, formé des cadres locaux, préparé sérieusement le passage de relai, et appris à mieux connaître et aimer ces pays. Un vécu qui vaut bien les 6 mois de stage passés par le jeune énarque Macron dans une ambassade !
Alors Monsieur le Président "ne jeter pas le bébé avec l'eau du bain", ne méprisez pas les anciens, cessez de ne voir qu'une couleur, ne soyez pas arrogant et donneur de leçons, comme vous l'avez été parfois aujourd'hui.

PS 1. En complément de mon billet récent sur le  départ de Mugabe ex-président du Zimbadwe, j'apprends dans La Croix ( 28.11.2017) que son ex-bras droit qui lui a succédé au pouvoir, vient de lui attribuer "huit millions d'euros d'indemnités de départ, un salaire annuel de 125 000 € et une totale immunité" . Dans un pays qu'ils ont conduit à la ruine...
PS 2. Dans les médias beaucoup de référence - en général une petite phrase - pour enfoncer le discours de Sarkozy à Dakar.Mais quelques mois plus tard, Obama au Ghana avait tenu pratiquement le même discours, stimulant pour les Africains. Dans les médias, OK pour Obama, KO pour Sarkozy !


Libellés : , , , , , , , , , , ,

20 février 2017

Ai-je été colonialiste ( ou néocolonialiste) ?

Eh oui je dois l'avouer j'ai consacré huit ans de ma vie professionnelle, de 1966 à 1974,  à la Coopération avec les pays d'Afrique noire, en l'occurrence la République Populaire du Congo - marxiste léniniste à l'époque -  ( Congo Brazzaville) et la Côte d'Ivoire. J'ai même enseigné les impôts locaux à l'ENA de Brazzaville ainsi que " La rédaction administrative"  en plus de mes taches d'inspecteur des impôts qui visaient essentiellement à contrôler les entreprises détenues par les expatriés appelés " les Européens". Ce qui a pu me conduire à visiter des chantiers jusqu'au fin fond de la forêt équatoriale...En Côte d'Ivoire, j'étais intégré dans l'équipe du budget d'investissement, pour les financements extérieurs - c'étaient les années fastes pour le budget ivoirien - avec de nombreux collègues du cabinet d'études Cegos qui bénéficiait de généreux contrats.
Mon chef était congolais, ou ivoirien, comme l'ensemble du gouvernement. L' indépendance était acquise en douceur depuis 1960, mais il y avait beaucoup de jeunes coopérants français - enseignants, ingénieurs, médecins, chercheurs, cadres administratifs, etc. - encore présents pour faire encadrer un certain nombre de services publics, et former les cadres nationaux. Nous accomplissions notre service national pendant 20 mois en lieu et place du service militaire, avec la possibilité de prolonger par la suite avec un contrat civil. Ce que j'ai fait à deux reprises.
Nous n'étions plus dans la période coloniale, mais post-coloniale ou néo-coloniale pour reprendre une terminologie plus idéologique. On peut sans doute considérer que si nous rendions service honnêtement par nos activités, il y avait aussi de la part de l'Etat français, en contrepartie, une formation pratique et avantageuse de ses cadres. Nous étions sans conteste dans les CSP plus des populations congolaises ou ivoiriennes. C'était l'aboutissement d'un long processus historique que l'on voudrait aujourd'hui condamner d'un bloc. Nous étions de plain pied dans la présence française en Afrique, avec ses incontestables avancées dans le domaine de la santé, de l'éducation ( au Congo 95 % des enfants étaient éduqués), de l'Administration, des infrastructures, notamment ferroviaires, etc. Bref les pays "tournaient". Tournaient-ils à l'envers ? La copie du modèle occidentale conduisait-elle fatalement à une impasse ? La domination économique des Européens  avait-elle vocation à perdurer ? Etait-ce un crime, comme vient de le dire un peu vite Emmanuel Macron, ou, comme je pense, on l'enseigne aujourd'hui dans nos collèges et lycées ? Je n'entend pas ces propos dans la bouche des élites africaines qui ont su tirer le meilleur de leur double racine et qui à l'aide de la francophonie occupent pleinement leur place dans le monde. Ils permettent à l'Afrique de connaître aujourd'hui les meilleurs taux de croissance et de développement. Je constate aussi que dans les pays que j'ai bien connu, aucune ville, aucune région n'a changé de nom, comme pour rayer des pages d'histoire ( ce qui a été le cas sur l'autre rive du Congo...)
De mon modeste vécu dans ces années, je me refuse au jugement globalisant qui plait tant aux médias et aux politiques ( Souvenez-vous Georges Marchais et le bilan " globalement positif de l'URSS" !). La lucidité oui, la culpabilisation, non.

Libellés : , , , , , ,

13 septembre 2016

Musiciens ivoiriens disparus

La Côte d'Ivoire n'est pas une dictature, elle est plutôt en plein boum économique et social sous l'impulsion du président Alassanne Ouatara démocratiquement élu. C'est un pays que l'on qualifie d'exemplaire dans l'Afrique de l'Ouest.
L'Hebdo Sèvre et Maine qui rendait compte, fin août, du festival de danses et musiques du monde de Cugand en Vendée (près de Clisson), nous apprend que dans la nuit du samedi au dimanche, tous les musiciens de l'ensemble du Ballet National Ivoirien participant à ce festival - qui logeaient chez l'habitant - se sont "évanouis dans la nature" sans laisser d'adresse, abandonnant les collègues danseurs et leur prestation du dimanche.
Petite info à verser au dossier de l'immigration clandestine.

Libellés : , , ,

15 mars 2016

Grand Bassam Côte d'ivoire

L'attentat d'hier en Côte d'Ivoire sur la plage de Grand Bassam est spectaculaire car il touche, comme en Tunisie, un site très fréquenté par les expatriés. Lorsque j'étais coopérant à Abidjan de 70 à 74, nous allions chaque dimanche à Grand Bassam dans les paillotes au bord de la mer. C'était très agréable. Un bol d'air et un changement au regard de la moiteur pesante d'Abidjan. La mer était et est toujours redoutable avec une barre très dangereuse pour les baigneurs (cf. photo). Le Club Med qui s'était installé dans cette période euphorique à Assinie pas très loin de Grand Bassam, a perdu - noyé - un nombre élevé de "gentils membres" et a rapidement fermé.

  Grand Bassam était le témoignage des premiers sites de la colonisation et une architecture remarquable qui tenait encore debout malgré le climat et l'absence d'entretien. Les reportages vues à l'occasion du tragique attentat montre que Grand Bassam à encore une marque d'authenticité.


Libellés : , , , ,

11 décembre 2012

Presse Océan et Ouattara : une photo scandaleuse


C'est une photo d'Alassane Ouattara parue dans la page France Monde de Presse Océan le 6 décembre dernier. Elle est signée de l'AFP. Je ne sais s'il s'agit d'une ombre malencontreuse sur le front, ou pire d'un maquillage malveillant, mais il suffirait d'ajouter une petite moustache pour que le président ivoirien soit montré comme un sosie d'Hitler !
Quand on connait les tensions en Côte d'Ivoire, où les partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo n'ont pas tous désarmés et l'activisme de ses partisans en France - ils manifestent fréquemment à Nantes - je trouve cette illustration tout à fait malencontreuse.

Libellés : , , ,

19 février 2012

Sarkozy, quel bilan ?

Le préalable aux d&bats de la campagne électorale, si l'on veut sortir des petites phrases et de la course de chevaux rythmée par les sondages, c'est de s'intéresser au bilan du président sortant, candidat à sa succession. La Croix du jeudi 16 février a consacré plusieurs pages à ce bilan en mettant en avant 10 réformes fortes et symboliques et 5 échecs ou abandons. Inventaire rapide :

Les dix réformes fortes et symboliques

Les heures supplémentaires : un effet sur l'emploi "ambigu"La fin de la retraite à 60 ans : un calendrier accéléré
Le revenu de solidarité active : un filet de protection pour les plus pauvres
L'autonomie des universités : un renforcement du pouvoir des présidents
La loi Hadopi : la bataille du téléchargement illégal
Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux : des recettes " en deça des espérances"
Peines plancher : appliquées dans un cas sur deux
Le travail du dimanche : symbole du "travailler plus pour gagner plus"
Une TVA réduite pour la restauration : une promesse venue de loin
Le service minimum : une réforme limitée mais " qui marche"

Ce qu'il n'a pas réussi à imposer

Le bouclier fiscal
La réforme de la dépendance
La taxe carbone
La suppression du juge d'instruction
Le débat sur l'identité nationale


Dans la première partie, je serais tenté d'ajouter : la réforme des institutions avec le renforcement des pouvoirs du Parlement, la réforme de la carte judiciaire, la réforme des collectivités locales avec la création du conseiller territorial pour notamment réduire le nombre des élus, et - c'est mon attachement à la presse - les Etats généraux de la presse.
Dans la deuxième catégorie, La réforme de l'audiovisuel public dans sa désignation des présidents de chaines, un positionnement présidentiel trop fluctuant, des engagements en matière d'emploi pris trop rapidement et non tenus.
Beaucoup d'autres sujets pourraient être abordés. La Croix évoque dans un article à part " La politique étrangère revenue sur de bons rails" Le " revenu" fait allusion à l'arrivée de Juppé. Sur ce plan, je crois que les affaires européennes et la crise économique et financière ont été globalement bien menées même si la montée en pression permanente avant chaque sommet, est agaçante. Mes liens affectifs avec la Côte d'Ivoire me font aussi considérer que la participation de la France au rétablissement de l'Etat de droit dans ce pays après les élections présidentielles, est un acquis très positif de la politique extérieure.
Le sujet est loin d'être épuisé, mais si l'on débattait dèjà du bilan le plus sereinement possible, ce serait une première étape avant d'aborder projet contre projet.

Libellés : , , , , , ,

16 juin 2011

Afrique la croissance quand même

La croissance en Afrique subsaharienne est attendue à 5,6% cette année et à 6,5% en 2012. Mais c'est surtout la ruée sur les matières premières qui explique ce dynamisme : la population en forte augmentation n'en profite pas forcément.
Sur la carte publiée par La Croix ce jour, la Côte d'Ivoire se distingue hélas avec -7,3% prévu cette année à côté du + 12 % pour le Ghana. Nuisance des politiques...

Libellés : , , ,

11 avril 2011

Côte d'Ivoire: une page d'histoire

C'est sur Internet cet après midi que j'ai appris les bonnes nouvelles de Côte d'Ivoire. OUF ! Une grande étape est accomplie, même si selon la citation" Enfin les difficultés commencent". J'ai trouvé, qu'à chaud, les médias français se sont plutôt bien comportés, même si dans un premier temps, notamment sur i-télé ou France 24, il fallait bien sûr que ce soit les forces françaises qui avaient arrêté Gbagbo et non les ivoiriens ( nous avons bien entendu participé, mais les formes sont importantes et je crois que tout le monde se félicite du résultat). Agacement aussi ce soir sur I-télé où l'on passait en boucle l'arrivée à l'hotel du golf, d'un partisan de Gbagbo apparemment blanc qui avait pris des coups sur la tête. C'est regrettable mais bien peu de choses à côté de toutes les exécutions sommaires des derniers mois ( combien d'ivoiriens brulés vifs avec un pneu autour du corps...)
Dans les commentaires et interviews sur les médias nous avons échappé au délire négationniste de Vergès, que je m'étais obligé à écouter dimanche matin sur Europe 1: la mauvaise foi et le mensonge à ce niveau, c'est presque un art ! Dominique Souchier n'était pas dupe, et pas particulièrement complaisant, mais quel besoin avait-il de l'inviter pour la promotion de son bouquin ?

Libellés : , , , ,

Côte d'Ivoire : le mauvais exemple


Paru dans Presse Océan le 11 avril :

Libellés : ,

5 avril 2011

Côte d'Ivoire : la résolution 1975 de l'ONU


La lagune vers Cocody et l'hotel Ivoire en 1972 ( vue de l'appartement
Résolution 1975 des Nations unies adoptée à l’unanimité.
........Extraits

1. Exhorte toutes les parties et tous acteurs ivoiriens à respecter la volonté du peuple et l’élection d’Alassane Dramane Ouattara à la présidence de la Côte d’Ivoire, qu’ont reconnue la CEDEAO, l’Union africaine et le reste de la communauté internationale, se déclare profondément préoccupé par la récente escalade de violence et exige qu’il soit immédiatement mis fin à la violence à
l’encontre des civils, dont les femmes, les enfants et les déplacés;
2. Demande à toutes les parties d’œuvrer à la solution politique d’ensemble de l’Union africaine et, à cet égard, se félicite de la décision prise le 10 mars par le Sommet du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine de nommer un hautreprésentant chargé de la mise en œuvre de la solution politique d’ensemble et engage toutes les parties à coopérer pleinement avec lui;
3. Condamne la décision de M. Laurent Gbagbo de ne pas accepter la solution politique globale proposée par le Groupe de haut niveau créé par l’Union africaine, et l’exhorte à se retirer immédiatement;
4. Demande instamment à toutes les institutions d’État ivoiriennes, notamment les Forces de défense et de sécurité de la Côte d’Ivoire (FDS-CI), de se soumettre à l’autorité que le peuple ivoirien a conférée au Président Alassane Dramane Ouattara, condamne les attaques, les menaces, les actes d’obstruction et de violence perpétrés par les FDS-CI, les milices et les mercenaires contre le personnel des Nations Unies, qu’ils empêchent de protéger les civils, de constater les exactions et les violations des droits de l’homme et d’aider à mener les enquêtes à ce sujet, souligne que les personnes responsables de ces crimes au regard du droit international doivent répondre de leurs actes et engage toutes les parties, en particulier les partisans et les forces de M. Gbagbo, à coopérer pleinement avec l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et à cesser d’entraver les activités que l’ONUCI mène en exécution de son mandat;
5. Redit qu’il condamne fermement tous les actes de violence perpétrés à l’encontre de civils, notamment les femmes, les enfants, les déplacés et les ressortissants étrangers, ainsi que les autres violations des droits de l’homme, en particulier les disparitions forcées, les exécutions extrajudiciaires, le meurtre et les mutilations d’enfants et les viols et autres formes de violence sexuelle;
6. Rappelle, tout en soulignant qu’il l’a assurée de son plein appui à cet égard, qu’il a autorisé l’ONUCI, dans le cadre de l’exécution impartiale de son mandat, à utiliser tous les moyens nécessaires pour s’acquitter de la tâche qui lui incombe de protéger les civils menacés d’actes de violence physique imminente, dans la limite de ses capacités et dans ses zones de déploiement, y compris pour empêcher l’utilisation d’armes lourdes contre la population civile, et prie le Secrétaire général de le tenir informé de manière urgente des mesures prises et des efforts faits à cet égard;
7. Demande à toutes les parties de coopérer pleinement aux opérations de l’ONUCI et des forces françaises qui la soutiennent, notamment en garantissant leur sécurité et leur liberté de circulation avec accès immédiat et sans entrave sur tout le territoire de la Côte d’Ivoire afin de leur permettre d’accomplir pleinement leur mission;
8. Engage toutes les parties à coopérer pleinement avec la commission d’enquête internationale indépendante chargée par le Conseil des droits de l’homme le 25 mars 2011 d’enquêter sur les faits et circonstances entourant les allégations de graves violations des droits de l’homme perpétrées en Côte d’Ivoire à la suite de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, et prie le Secrétaire général de lui communiquer ce rapport, ainsi qu’à d’autres organismes internationaux compétents;
9. Condamne l’utilisation de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) et d’autres médias pour inciter à la discrimination, à l’hostilité, à la haine et à la violence, y compris contre l’ONUCI, ainsi que les actes d’intimidation et de violence à l’encontre de journalistes, et demande la levée de toutes les restrictions imposées à l’exercice du droit à la liberté d’expression en Côte d’Ivoire;
10. Se déclare vivement préoccupé par le nombre croissant de déplacés et de réfugiés ivoiriens, en particulier au Libéria, du fait de la crise en Côte d’Ivoire, et exhorte toutes les parties ivoiriennes à coopérer pleinement avec les organismes des Nations Unies et les autres acteurs qui s’emploient à améliorer l’acheminement de l’aide humanitaire destinée aux réfugiés et aux déplacés;
11. Réaffirme son exigence formulée de longue date tendant à voir M. Laurent Gbagbo lever le siège du Golf Hotel sans délai;
12. Décide d’adopter des sanctions ciblées à l’encontre des personnes qui répondent aux critères établis dans la résolution 1572 (2004) et les résolutions postérieures, notamment les personnes qui font obstacle à la paix et à la réconciliation en Côte d’Ivoire et aux activités de l’ONUCI et des autres acteurs internationaux en Côte d’Ivoire et qui commettent de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, décide en conséquence que les personnes figurant sur la liste à l’annexe I de la présente résolution seront soumises aux mesures concernant les opérations financières et les voyages imposées aux paragraphes 9 et 11 de la résolution 1572 (2004), et réaffirme son intention d’envisager d’autres mesures, selon qu’il conviendra, y compris des sanctions ciblées contre les membres des médias qui répondent aux critères établis pour ces sanctions, notamment en incitant publiquement à la haine et à la violence;
13. Décide de rester activement saisi de la question.
En annexe sont listés les personnalités concernées par les sanctions ciblées :
Laurent Gbagbo, ancien président de la Côte d’Ivoire, pour obstruction au processus de paix et de réconciliation et rejet des résultats de l’élection présidentielle.
Simone Gbagbo, présidente du groupe parlementaire du Front populaire ivoirien (FPI), pour obstruction au processus de paix et de réconciliation ainsi qu'incitation publique à la haine et à la violence.
Désiré Tagro, secrétaire général du "Cabinet présidentiel" de M. Gbagbo pour participation au gouvernement illégitime de M. Gbagbo, obstruction au processus de paix et de réconciliation, rejet des résultats de l’élection présidentielle et implication dans la répression violente de mouvements populaires.
Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI) pour obstruction au processus de paix et de réconciliation ainsi qu'incitation à la haine et à la violence.
Alcide Djédjé, proche conseiller de M. Gbagbo pour participation au gouvernement illégitime de M. Gbagbo, obstruction au processus de paix et de réconciliation et incitation publique à la haine et à la violence.

Libellés : , , , ,

31 mars 2011

Côte d'Ivoire : enfin !

En ce moment en Côte d'Ivoire, une page d'histoire considérable pour l'Afrique démocratique est en train de s'écrire.
Le maintien illégitime au pouvoir de Laurent Gbagbo qui a déjà coûté au pays des centaines de morts civiles, va s'achever dans les heures qui viennent.
Alassane Ouattara élu démocratiquement sous le contrôle de la communauté internationale, il y a plus de 4 mois avec plus de 54 % des voix et un taux de participation considérable, va enfin accèder à la présidence de la République et exercer le mandat que lui a donné le peuple ivoirien.
C'est un très grand jour, pour l'ivoirien de coeur que je suis.

Libellés : , ,

23 mars 2011

Côte d'Ivoire : des femmes ressuscitées ?

Selon le responsable des partisans de Laurent Gbagbo dans la région ( Ouest-France 19-20 mars 2011), qui organisait samedi dernier une manifestation à Nantes, les femmes assassinées à l'arme lourde le 4 mars dernier par les " forces de l'ordre" fidèles au président auto-proclamé de Côte d'Ivoire, " Ces femmes ont aussitôt ressuscité, c'est une histoire inventée" mais les images, le sang ? " Un montage avec du sang de boeuf, une mise en scène dans un quartier favorable à Ouattara"...
Je ne sais si Ouest-France a raison de donner la parole à de tels négationnistes,très actifs mais l'outrage et l'aberration de leurs propos les disqualifient complètement.
Voir mon billet du 6 mars dernier sur cet évènement scandaleux.

Libellés : , , ,

6 mars 2011

Massacre de femmes en Côte d'Ivoire

Le massacre le 4 mars par les " forces de l'ordre" à l'arme militaire lourde, sans sommation, de 7 femmes manifestant pacifiquement pour la paix civile et contre le président autoproclamé Laurent Gbagbo, est un crime scandaleux, qui s'ajoute à beaucoup d'autres ( plus de 350 morts depuis l'élection présidentielle essentiellement chez les ivoiriens soutenant le président élu Alassane Ouattara). Doit-on s'habituer, une fois de plus, à ce qu'en Afrique noire, la démocratie soit foulée au pied, sans susciter plus d'indignation ? Faut-il attendre que les partisans du président démocratiquement élu, prennent les armes pour se défendre contre leurs agresseurs, pour renvoyer dos à dos les deux parties, au nom d'un statu-quo insupportable ? Peut-on se résigner après tant d'années d'efforts, à un tel échec ?
La prochaine journée de la femme pourrait être l'occasion de rendre hommage à ces femmes ivoiriennes qui ont payé de leur vie leur aspiration pacifique.

Libellés : , , ,

28 janvier 2011

Hebdo Sèvre et Maine ( et la Côte d'Ivoire)

24 janvier 2011

Côte d'Ivoire : une élection pour rien ?

Courrier adressé à l'Hebdo Sèvre et Maine à propos des élections en Côte d'Ivoire.
Dans l'Hedo du 13 janvier, vous donnez largement la parole à M. O. L., originaire de Côte d'Ivoire, sous le titre " Il n'y a qu'un président ivoirien, Laurent Gbagbo" . Cette interview est un vigoureux plaidoyer pour le président autoproclamé de la Côte d'Ivoire. Votre interlocuteur parle "d'une énorme désinformation autour de ce qui se passe en Côte d'Ivoire". L'intérêt que je porte à ce pays où j'ai passé plusieurs années comme coopérant civil, m'incite à apporter plusieurs précisions factuelles.
- Laurent Gbagbo est à la présidence de la république de Côte d'Ivoire depuis 2005 sans avoir été réélu. Dans un contexte de division de fait du pays, il s'est maintenu à ce poste en multipliant les manoeuvres, promesses non tenues, diversions afin de retarder le plus possible l'élection présidentielle, qui a été repoussée 6 fois.
- Pensant qu'il avait toutes les chances de gagner cette élection ( son slogan de campagne était (" Ou on gagne, ou on gagne !" ), il a accepté d'y participer en 2010, dans un cadre qui présentait toutes les garanties de régularité grace en particulier à un travail considérable de recensement des électeurs et d'organisation. L'Europe et les Nations-Unies - garants de la paix civile depuis la partition de fait du pays - ont apporté à cet égard des appuis matériels et financiers tout à fait importants.
- Laurent Gbagbo, comme tous les autres candidats, avait accepté que les résultats soient proclamés par la commission électorale indépendante, et en toute hypothèse, de s'y soumettre.
- Les élections des 31 octobre et 28 novembre 2010 on vu une participation considérable et se sont déroulées dans un climat de civisme exemplaire. Elles ont été contrôlées par l'ONU, de nombreux observateurs étrangers, africains en particulier. Le deuxième tour a donné un résultat incontestable avec 54,1 % des voix pour Alassane Ouatarra et 45,9 % pour Laurent Gbagbo. La commission électorale a proclamé Allassan Ouatarra élu président de la république. Ce n'est qu'en récusant de façon totalement arbitraire, les résultats des 7 départements où il a fait un mauvais score, que ce dernier prétend avoir gagné avec 51,45 % des voix.
- Son maintien illégal et illégitime au pouvoir est lourd de risques pour un pays fatigué de 10 ans de tension, de crise économique et de crimes impunis. C'est aussi un très mauvais exemple pour les autres pays africains, où en 2011, il est prévu 11 élections législatives ou présidentielles. Il ne faut pas désespérer de la démocratie.

Libellés : , , , ,

10 janvier 2011

Syndrome rwandais : réponse à Jean-Claude Guilbaud

Dans le dernier n° de La vie, Jean-Claude Guilbaud aborde dans sa chronique hebdomadaire, la situation en Côte d'Ivoire sous un angle, à mes yeux, très contestable - le titre " Syndrome rwandais ?" - est significatif de sa position.
Je lui est fais part de mon total désaccord.

Cher Monsieur Guillebaud,
M'intéressant beaucoup à l'évolution des médias, j'avais l'intention il y a quelque temps, de vous dire tout le bien que je pensais de votre chronique sur le suivisme et le conformisme dans le monde de l'information. Je ne l'ai pas fait faute de temps et, sans doute, en conformité avec la constante attitude des lecteurs ou auditeurs, plus prompts à critiquer qu à féliciter. C'est donc une vive indignation qui me conduit à réagir à votre dernière chronique " Syndrome rwandais ?".Sur le plan du raisonnement d'abord : " cette unanimité qui m'a dérangé". Ce n'est pas parce que la presse et les responsables politiques sérieux ( j'écarte Rolland Dumas !) disent que Allassane Ouattara est le président légitimement élu de la Côte d'Ivoire - que je connais un peu pour y avoir été pendant quatre ans coopérant - et qu'il faut s'attacher à créer les conditions pour qu'il puisse exercer son mandat, qu'ils ont tort et qu'il faut prendre le contre pied. Ce raisonnement à la " on ne me la fait pas !" peut très bien conduire à soutenir ou trouver des qualités à tous les négationnistes qui n'ont jamais eu autant d'audience. Laurent Gbagbo " innocent" ou victime, c'est quand même passer rapidement par pertes et profits ses conditions d'accès au pouvoir, son maintien au pouvoir depuis cinq ans illégalement, les centaines ou milliers de victimes des escadrons de la mort, le chantage permanent à l'égard des résidents étrangers, etc.



Vous faites ensuite référence à l'article du Monde que j'ai sous les yeux, et à la répartition des voix entre le nord ayant voté Ouattara et le sud, Gbagbo. C'est tout à fait vrai pour le premier tour - qui s'en étonnerait ? - mais inexacte pour le second tour où le report des voix de Konan Bédié, s'est fait majoritairement sur Ouattara, au-delà de toute considérations ethniques ou religieuses. Quand on sait le lourd contentieux qu'il y a eu entre les deux hommes dans les années 90 notamment autour du concept d'ivoirité, créé par Bédié pour écarter Ouattara de la présidentielle, on mesure le chemin démocratique et civique parcouru. Pour illustrer mon propos, la région côtière de Bas-Sassandra a donné au deuxième tour plus de 50 % des voix à Ouattara et même davantage pour les régions du centre, autour de Yamoussoukro fief de Konan Bédié et et fief historique du " vieux" Houphouët Boigny. Je ne comprends pas pourquoi vous prenez prétexte du fait qu'il y a des réflexes ethniques - mais beaucoup moins que vous ne le dites - pour affirmer que la solution militaire "serait forcément sanglante" ?
Vous prolongez ensuite cette réflexion en vous appuyant sur des points de vue, certainement honorables, mais qui ne sont pas ivoiriens, et qui vous incitent à écrire que dans cette affaire les Occidentaux qui ont - évidemment - une vision simpliste des choses, laisseraient" prévaloir peu à peu la même logique massacreuse qu'au Rwanda" ! Là j'aurais envie de mettre cinq points d'exclamation, tant cette assertion me paraît gratuite, simplificatrice, outrancière et pour tout dire consternante. Comment pouvez- vous faire un tel rapprochement dans un contexte qui n'a rien à voir. Nous sommes avec une élection présidentielle incontestable, d'une portée démocratique énorme pour toute l'Afrique, vitale pour un pays qui montre sa maturité, et vous reprenez la petite musique du " complot occidental" prêt à tout, comme si ce n'était pas la communauté internationale, Afrique y compris, toute entière qui souhaitait que cette élection soit respectée. J'aurais envie d'écrire - la colère m'égare ! - que l'esprit de Munich conduit comme le disait Churchill, au déshonneur et à la guerre, et qu'inciter Laurent Gbagbo à se comporter comme Mugabé au Zimbawée ne peux conduire qu'à une impasse sanglante.
Vous allez sans doute me dire que je sors des phrases de leur contexte en les interprétant abusivement. C'est une pratique courante dans la presse ! et c'est ce que perçois dans votre chronique.

Libellés : , , , , , , , , ,

1 décembre 2010

La Côte d'Ivoire m'inquiète

Ancien coopérant en Côte d'Ivoire ( 1971 - 1974), je reprends volontiers la formule de Mme de Guermantes chère à Marcel Proust qui avait eu cette formule " La chine m'inquiète " formule d'ailleurs reprise par J.M. Domenach comme titre de son livre sur la Chine publié en 2008.
La Côte d'Ivoire m'inquiète car je suis assez convaincu que Laurent Gbagbo qui occupe illégalement le pouvoir depuis 5 ans, n'est pas prêt, et surtout ses partisans et milices, a céder le pouvoir à Allassane Ouattara qui selon toute vraisemblance à gagné cette élection. Je crains que tous les prétextes soient bons pour retarder l'échéance, et la guerre civile ne peut hélas être exclue dans ce pays qui a été si longtemps une vitrine et une réussite exceptionnelle. Accepter l'alternance, dépasser les clivages ethniques, reconnaître la diversité des populations de ce pays, sont indispensables pour revenir à la paix. Allassane Ouattara me paraît beaucoup plus à même de mener à bien cette conquête démocratique.
Nous le saurons peut-être dans une heure.

Libellés : , , , ,